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Vampire Weekend: « Modern Vampires Of The City »

Jamais n’a été donnée la sensation que Vampire Weekend puisse durer. Leur esthétique soignée tout comme leur pop teintée de tonalités africaines ne suggérait la longévité sur un Vampire Weekend datant de 2008. Contra en 2010 avait continué sur le même registre et Modern Vampires Of The City aujourd’hui est la fin de ce que le leader Ezra Koenig une trilogie.

Demeure donc l’attitude séduisante et arrogante d’un groupe avec, pour seul changement, le fait que celle-ci s’est enjolivée, sophistiquée et est devenue plus raisonnée.

En effet, à l’inverse des deux précédents opus qui ne brillaient que par moments, Modern Vampires sonne comme s’il avait été réfléchi de bout en bout. En une période où règne la segmentation, on pourrait presque qualifier ce disque de travail conceptuel dénué de concept.

Les meilleures compositions sont les jams les plus lentes mais chaque moment semble vouloir faire partie d’un tout plutôt que de s’escrimer à sonner comme des bribes où les « hits » seraient confectionnés et étoffés pour le plaisir de l’être.

Le disque comme de manière précautionneuse, avec un mélancolique « Obvious Bicycle » qui penche plus du côté des Kinks que de Paul Simon. Ce morceau introduit une coloration qui va parcourir le reste de l’album ; celle de compositions où les couches musicales sont soigneusement agencées. « Step » en est la confirmation et c’est également le meilleur morceau de Modern Vampires. En effet, il commence de manière presque timide avec une basse au rythme stableet un clavecin doucereux. Les vocaux deviennent peu à peu plus éloquents, habiles et articulés (références au Temple d’Angkor) tout en conservant un côté chantonnant. C’est un titre déconcertant et cryptique mais impérieux.

Le groupe aura néanmoins l’intelligence de délaisser ses penchants intellectuels et une instrumentation classique pour, sur « Diane Young » et « Finger Back », fournir un ballast punk à son album. Enfin, « Ya He » se voudra polémique puisqu’il référencera Dieu et Outkast et apportera la petite touche nécessaire pour que l’on continue de parler un petit moment encore de Vampire Weekend.

★★★½☆

28 mai 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Cayucas.

Bigfoot, le premier album de Cayucas est un disque d’été idéal. Nostagie sensible et énergie pop  se conjuguent pour nous offrir des refrains infectieux faciles à mettre en tête. Leur leader, Zach Yadin nous parle de sa musique.

La plupart des plages sur‭ ‬Bigfoot  font environ quatre minutes. Y-a t-il une raison particulière et cela signifie-t-il que vous pouvez aller au-delà du format pop?

Je ne pense pas que ce soit délibéré: nous composons et il se trouve que quand nous réalisons qu’un morceau est terminé il tourne autour de 3 ou 4 minutes.

Aviez-vous pour objectif de faire un disque évoquant le thème de la nostalgie? Beaucoup de vos textes mettent l’accent sur la catharsis émotionnelle.

C’est exact, en effet. Quand je compose, la nostalgie semble s’imposer d’elle-même pour moi. Sur ce disque Je ne voulais pas que ce soit trop détaillé mais garder le sujet suffisamment général pour que tout le monde puisse s’y retrouver.

Quelle est la signification du nom du groupe? Il paraît que c’est le nom d’une ville californienne qui n’a rien à voir avec ces stations balnéaires pour gens à l’aise ou touristes. Quel rôle tient cette ville dans votre vie?,‭

Oui, on peut considérer qu’elle aussi fait partie de mon univers nostalgique. Elle n’a pas beaucoup changé depuis 50 ans et on considère que c’en un endroit cool et agréable avec sa vieille école de surf. ‭ ‬Je suis allé une fois à sa fac et j’aimais beaucoup son ambiance.

Vos titres ont sont basés sur des riffs entraînants; comment écrivez-vous généralement?

La plupart du temps ça part effectivement d’un riff de guitare que je gratte jusqu’à ce que me vienne une mélodie que je puisse ajouter par-dessus. Mon but n’est que de composer des chansons accrocheuses, rien de plus.

En même temps, l’instrumentation sur‭ ‬Bigfoot est incroyablement diverse: il y a des tonalités africaines, sud-américaines ou des atmosphères Western. Pourquoi un tel éclectisme?

Je ne sais pas vraiment; tous les deux ou trois ans je deviens obsédé par un genre particulier. Le hip-hop, la dance, le rock indie et, de toutes manières, j’écoute toujours des «oldies».

Il y a aussi un peu d’électronique, en particulier au début de l’album; quelles ont été vos influences musicales?‭

Avant Cayucas j’écoutais des trucs indie, avant de la «D.J. music». J’ai toujours aimé les types qui composaient à partir d’ordinateurs portables.

Comment vous sentiez-vous au moment de réaliser ce premier véritable album?

J’étais intimidé, je n’avais jamais écrit ‬une telle masse de choses avant. Aller en studio pour composer un disque en 10 jours est assez effrayant. Heureusement il n’y a pas eu de problèmes majeurs.

Le son de Bigfoot reste très consistant tout au long du disque malgré ses différents climats. Avez-vous enregistré par vous-même?

Mon frère et moi l’avons enregistré avec Richard Swift à la production.  Il y a ajouté toute l’instrumentation et à joué sur presque tous les titres. Les instruments sont tous «vintage», ils ont un son «propre»‭ et la pièce avait un effet de réverbération naturelle et chaque composition a été enregistrée de la même manière. ‬Cela explique la cohérence…

28 mai 2013 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire