No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Rapid Talk: Interview de White Fence.

Cela fait plusieurs années que White Fence (et donc Presley) nous fait ingurgiter un flot incessant de disques psychédéliques et garage. Avec Cyclops Reap, cet afflut ne semble pas cesser et nous avons droit à un diamant brut taillé dans la masse à coups de guitares en fuzz et de riffs dont les mélodies restent entêtantes.

Il paraît que ce disque devait originellement être une collection de morceaux que vous n’aviez pas encore utilisés.

C’est exact. Je souhaitais faire paraître des titres qui n’avaient jamais été sur disque, des sortes de curiosités mais je me suis aperçu qu’il valait mieux pour moi enregistrer un tout nouvel album avec des compositions qui tiennent mieux la route.

Vous enregistrez toujours chez vous ; qu’est-ce qui vous plaît dans ce processus ?

C’est le seul endroit dans lequel je me sens véritablement à l’aise. Il est difficile pour moi d’être aussi honnête ailleurs ou de prendre le temps d’expérimenter quand il y a des gens autour de moi. Je déteste avoir l’impression de faire perdre son temps à quelqu’un. Une des choses essentielles dans la création artistique est de trouver les choses par vous-même.

Vous ne vous sentez jamais trop isolé, introverti ou en manque de discipline, ne serait-ce que par l’horloge d’un studio vous disant que l’heure c’est l’heure ?

Se préoccuper du temps est LE problème Surtout dans celui qui se manifeste quand on est en studio. J’ai ma propre discipline et elle est innée. Sinon je ne vois pas comment j’aurais pu sortir tant de disques ! Je suis une personne très rigoureuse et, pour moi, les restrictions imposées par le temps, sont l’ennemi. Comment peut-on dire à une personne qui se sent inspirée d’arrêter à une certaine heure ? C’est comme si on avait permis à Picasso de ne peindre que trois heures par jour. En outre, me concernant, être seul est l’unique moyen de bien faire les choses. Je n’aime pas cette préoccupation qui s’introduit dans on esprit quand quelqu’un d’autre me donne son opinion. Remarquez il y a pire : la passivité flottante. Je n’aime pas jouer à l’hôte trop poli quand je suis dans mes habits de musicien.

Avez-vous besoin d’être dans un certain état d’esprit pour faire un disque de White Fence ? Arrive-t-il que Tim Presley se mette à se dire : « Ceci ne va pas aller dans un disque de White Fence » ?

Ça ne m’est arrivé que récemment, quand j’étais en train d’enregistrer un morceau et qu’à chaque fois que j’essayais d’y mettre une piste vocale, ça ressemblait à The Fall. Du coup, je le leur ai donné et je crois qu’il va être sur leur nouvel album.

Votre musique s’est toujours complu dans une sorte de chute libre psychédélique : quels sont pour vous les albums essentiels du genre ? Et parfois en réécoutez-vous avant d’enregistrer ?

Jamais, non ! C’est trop dangereux. Je traite plutôt cela comme un jeu de téléphone musical, comme si tout ce que j’ai écouté dans ma vie se coagule et se déforme. Mes décisions sont donc un mélange d’influences musicales du passé mais elles sont cabossées.

Je sais ce que mon cerveau pense de Moby Grape ; aussi quand je joue, chante ou enregistre, cette référence a parcouru la gamme de mon cerveau mais qu’elle a aussi capté d’autres influences en chemin. Au bout du compte, je peux très bien sonner comme The Geto Boys ce qui fait que le produit fini me sera intrinsèquement propre.

Il y a beaucoup de titres phares sur le disque, en particulier les improvisations acoustiques comme « Beat ». Qu’est-ce qui fait prendre une certaine direction à une composition ? Et quel est votre morceau favori ?

Pour moi, il y a toujours des petits moments-clés sur chaque chanson mais si je devais en choisir une ce serait « To The Boy I Jumped In The Hemlock Alley ». Mais ne me demandez pas pourquoi.

27 mai 2013 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de The Tribes.

Les rockers de Camden sortent un deuxième album, Wish To Scream, enegistré aux légendaires studios Sound City à Los Angeles. Le guitariste de The Tribes évoque cette évolution ainsi que son anticipation face à la future participation du groupe en première partie des Stones.

Pensez-vous que le climat ensoleillé de L.A. a rejailli sur ce nouvel album ou cela n’a-t-il aucune importance ?

Eh bien, nous avons passé 12 heures par jour en studio et c’est surtout lui qui a eu un effet sur le disque. C’est un endroit si impressionnant, ne serait-ce que par son histoire, sa tradition dans le domaine de la musique. Faire partie de cela ne peut pas ne pas vous influencer. C’était un honneur que d’être là et je suis assez fier de ce que nous avons pu y faire.

Y-a t-il des artistes ou des disques issus de l’histoire de Sound City qui ont pour vous une valeur particulière ?

Fleetwood Mac, The Doors, Nirvana…Il est impossible de ne pas être impressionné par ça et la salle d’enregistrement n’a pas beaucoup changé depuis me suis-je laissé dire. Il y a cette immense pièce ouverte et blanche qui dégage une atmosphère d’énergie magique dès que vous y pénétrez.

Les morceaux de Wish To Scream sonnent en effet plus amples…

C’est vrai, il y a quelque chose de plus aéré. C’est ce que le studio nous a permis de développer. On a dore notre premier album, il était tendu, en colère mais nous voulions que celui-ci puisse disposer de plus de place pour respirer. Les nouveaux titres ont été composés sur la route, au fond d’un bus et à la guitare acoustique. C’est pour cette raison que ce changement s’est opéré. Quand vous êtes en tournée, vous ne pouvez qu’épouser un son qui l’accompagne.

Il y a aussi une tonalité plus pensive, presque mélancolique : est-ce aussi le produit des tournées ?

Je crois que c’est le contraire, en fait. Le premier album était plus rétrospectif, évoquait plus l’idée de grandir. Celui-ci regarde plus vers l’avant, vers une volonté de trouver notre propre identité. Je dirais qu’il est plus optimiste.

Vous allez jouer certains de ces titres devant une grosse foule pour le concert des Stones à Hyde Park…

On en a interprété déjà quelques uns et les réactions ont été assez bonnes. K’aspect « luve » est important pour nous : c’est le reflet le plus honnête de ce que nous essayons d’achever et jusqu’à présent ça a toujours été positif.

Il y a eu aussi quelques passages à la radio aussi les gens commencent à les connaître, à comprendre les paroles. Bien sûr c’est différent de ce que nous faisions avant ; ça oplaira à certains et pas à d’autres…

Et comment avez-vous été mis en rapport avec les Stones ?

(Rires) Je ne sais plus ! Johnny (Lloyd, chants) m’a appelé un jour et m’a dit : « Tu ne devineras jamais ce qui nous arrive ! » C’est notre agent qui a réussi ce tour de force, c’est lui qu’il faut remercier. C’est incroyable, un privilège absolu. J’espère pouvoir leur serrer la main…

Hang out with Keith Richards?

Just shaking his hand would be more than enough. Don’t want to push it! (Laughs)

Comment vous est venu ce titre, Wish To Scream ?

J’étais dans un bar en Allemangne ; on été un peu bourrés et on discutait de tout et de rien. L’expression est venue avant même que nous n’ayons composé quoi que ce soit.

Le nouveau clavier est-il un vrai membre du groupe ou est-il là pour les concerts ?

C’est un ami. On l’a rencontré à une fête où il jouait du piano. Il est toujours resté au fond de notre esprit et quand on est parti en Californie et qu’on a eu besoin d’un piano on a tout de suite pensé à le faire venir. On a hâte de pouvoir composer avec lui.

Avez-vous tendance à emmagasiner des titres et en avez_vous en réserve pour un troisième album ?

On est toujours en train d’écrire. Parfois on retravaille un morceau mais en général on se concentre surtout sur du nouveau matériel. On en a déjà un peu et on va bientôt recommencer çà enregistrer.

27 mai 2013 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rod Stewart: « Time »

Il y a belle lurette que la crédibilité « rock » de Rod Stewart a disparu. Entre « jet set » et albums de reprises qui peinaient à émuler les brillantes tentatives de Bryan Ferry dans le registre « crooner » celui qui fut une des plus belles voix de la musique populaire anglaise n’était plus attendu par personne.

Time voit pourtant , semble-t-il, le vocaliste retrouver sa muse puisqu‘il agit du premier album intégralement composé par Stewart depuis 20 ans.

Comme pour ce type de retour et, contrairement à celui de David Bowie, celui-ci ne laisse qu’une impression mitigée. Sans doute est-ce un tribut laissé par ses dernières manifestations, les compositions les plus intéressantes seront les plus lentes et les plus introspectives : « Brignton Beach » et ses guitares acoustiques et le country-jazz façon Ray Charles de « Pictures In A Frame ».

Autres bons moments, certains « rockers » qui parviennent à fonctionner : « Live the Life » rappellera « Maggie May » grâce à son violon, « Finest Woman » les Faces avec ses arrangements de cuivres punchy ou le « single » « It’s Over ».

Moins concluantes seront les productions où les synthés vont s’emparer de l’affaire, tout particulièrement un « Sexual Religion » dont le titre en soi devrait nous faire fuir.

En même temps peut-on reprocher à Stewart cette gouaillerie de mauvais goût qui l’a toujours caractérisé ? Soyons juste satisfait que le temps n’ai pas eu prise sur la voix et que celle-ci pourrait encore se mettre au service de compositions qui tiendraient la route.

★★☆☆☆

27 mai 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Bevis Frond: « White Numbers »

The Bevis Frond est le projet de Nick Salomon, un artiste néo-psychédélique, qui mène en parallèle une carrière solo. Son ambition est de faire dans ses enregistrements un inventaire de tout ce que la garage rock et le psy rock a pu apporter. On retrouve donc chez lui un mix de Hendrix, des Byrds, de Mascis et des Wipers.

Après un Leaving for London qui conjuguait cette démarche, White Numbers se fait moins hésitant, plus ambitieux, voir exhaustif puisqu’il s’agit d’un double album. Ici, les titres sont plus vifs, plus rudes aussi et les solos de guitares plus féroces. Nick Salomon et son groupe collent de très près la formule d’un rock empli de riffs accrocheurs dont chaque composition sonne comme surchargée. Les solos de six cordes, (Salomon et Paul Simmons), se croisent, se décroisent, se combattent sur plus de deux heures sans que, pourtant, White Numbers n’apparaissent comme boursouflé. Il y a en effet suffisamment de morceaux captivants, gouvernés par une interprétation sans faille pour que l’intérêt ne faiblisse pas : « Cruel World », « Dead Weignt » et « Dream It » par exemple auraient ou, en d’autres temps, devenir des « classiques » et des compositions comme « Just Cause (Wins Wars) » ou « Major Crime » apportent également une diversité punk bienvenue. Pour compléter le tableau on aura droit à de la « sunshine pop » (« More Chalk ») et quelques interludes folk, plus tranquilles, du plus bel effet.

White Numbers se terminera sur une invraisemblable « jam session » (« Homemade Traditional Electric Jam ») avec une bataille de guitares tout bonnement épique et dont la surprise viendra qu’elle conserve sa dynamique tout au long de ses 42 minutes.

L’album est ainsi un bien bel assemblage de compositions comme artisanales et d’interprétations féroces dont la longueur ne doit surtout pas faire penser qu’elle est indigeste.

★★★½☆

27 mai 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire