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Device: « Device »

Device est un groupe de fusion industriel et metal fondé par Dave Braiman le leader de Disturbed et l’ex guitariste de Filter Geno Leonardo.

Ce premier album éponyme les voit recréer un univers fait de guitares massives, de couches de synthés et de rythmes puissants et lancinants que des groupes comme Nine Inch Nails ont mis au goût du jour à partir des années 80 et 90. L’agression est donc omniprésente mais, à l’instar de Trent Reznor, Device ne perd jamais de vue sa ligne mélodique.

Au duo, vont s’ajouter quelques invités de poids comme M. Shadows (Avenged Sevenfold) pour des vocaux sur « Haze », Tom Morello dont on ne présente plus les solos sur « Opinion » ou Serj Tankian de System of a Down et Geezer Butler qui interviennent tous deux sur le morceau le plus heavy du disque, « Out of Line ».

Device ne vit cependant pas que sur la contribution d’autres musiciens et« Hunted » se distinguera par un bien efficace amalgame d’electronica et de metal. Il est certain que le groupe ne réinvente rien mais, en regardant en arrière plutôt qu’en essayant d’apporter une touche contemporaine avec des rythmes dubstep et des schémas grunge, ils sonnent de façon rafraîchissante, car jamais éloigné d’un esprit « fun », et véridique car ils n’oublient jamais qu’ils sont, au fond d’eux-mêmes, des rockers.

★★★☆☆

19 avril 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Volbeat: « Outlaw Gentlemen & Shady Ladies »

Volbeat est un groupe de hard danois assez populaire dans son pays et dont le disque précédent, Beyond Hell/Above Heaven, avait assez bien marché aux USA. Pour Outlaw Gentlemen & Shady Ladies ils se sont attachés les services de Rob Caggiano pour la production, chose qui se passa si bien que ce dernier les a rejoint de façon permanente après avoir quitté Anthrax ;

Le son du groupe a toujours couvert divers registres, le classic rock, le punk, le métal et même le rockabilly et celles-ci sont encore plus mises en évidence sur ce nouvel opus.

« Let’s Shake Some Dust » introduira l’album sur une note acoustique très western avant que « Pearl Hart » n’intervienne avec un riff pop rock ultra addictif. Il est certain que la scène regorge de ce type de groupes quasiment identiques mais Volbeat, outre ses influences, s’en démarque également par la voix très reconnaissable de Michael Poulsen.

Ils ont ainsi la possibilité de passer d’un rock accessible à du heavy metal mélodique comme « Dead But Rising » et, même si ils ne sont sans doute pas assez extrêmes au goût de certains, la participation du falsetto de King Diamond aux vocaux sur « Room 24 » leur apporte un surcroît d’adrénaline à une composition faite de riffs lourds et ds choeurs féminins hallucinés.

Autre invité, Sarah Blackwood de Walk Off The Earth pour un duo avec Poulsen sur « Lonesome Rider », titre où la patte rockabilly est prononcée grâce à la steel guitar.

Outlaw Gentlemen & Shady Ladies s’éloigne donc du metal pur et dur pour offrir une musique plus « radio friendly » ; c’est un effort qui s’avère commercial certes mais avant tout indéniablement réussi et crédible.

★★★☆☆

19 avril 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Charli XCX: « True Romance »

On croyait la scène alternative, toute restreinte qu’elle soit, insensible à certaine sollicitations ou certains répertoires qui se parent d’une couche « indie » pour se donner une crédibilité. Le genre qui en est le plus affecté est l’électro-pop et c’est sur ce registre que Charli XCX livre son premier album, True Romance.

Malgré son titre, il n’est en aucun cas question de tonalité introspective dans la mesure où la production est bien trop apprêtée pour cela. Ce goût perfectionniste pour les détails est un peu trop consciemment avancé pour qu’on puisse trouver une quelconque spontanéité à l’ensemble.

Restera alors ce qu’on appelle le « fun » et c’est une épithète qui va très bien à l’album. « What I Like » obéit à ce type de schémas inconsistants et passagers et True Romance semble donner l’impression de trop essayer de singer une scène poseuse et péroxydée, soi-disant « glamour ».

Charli XCX est plus une image de mode « glossy » qu’une punkette pop. Le problème est qu’elle essaie désespérément de se faire passer pour cette dernière image, que ses efforts semblent forcés et maladroits et que la sincérité s’accomode mal du « glitter ». Quelques morceaux sonnent néanmoins guidés par une vraie passion, ceux dans lesquels les percussions donnentun côté tribal aux compositions («  Grins » ou «  You (Ha Ha Ha »).

C’est avec cette sensation d’inconstance que l’on parcourt True Romance ; un album perfectible parce que chavirant constamment entre deux univers. Quelque part demeurera le sentiment que l’on a affaire à un produit façon Spice Girls qu’à une artiste habitée comme Anna Calvi par exemple.

★½☆☆☆

19 avril 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Todd Rundgren: « State »

Todd Rundgren est un musicien caméléon ce qui en soi est source d’énigme pour ceux qui le suivent. Son refus d’être catalogué l’a fait explorer tous les genres possibles et inimaginables, y compris un album a cappella, et son dernier disque (Arena en 2008) l’avait vu rendre un hommage à un « stadium rock » qui aurait très bien pu être interprété « live » avec un groupe.

State le voit développer une autre approche et revenir à quelque chose de plus ampoulé que ses dernières productions et rappellera Liars qui, en 2004, l’avait vu renaître en tant que créateur.

« Imagination » ouvre l’album avec un motif de synthé passé au séquenceur, la guitare très en retrait dans le mixage avec batterie et claviers mis en avant. « Serious » a, lui, une tension funky évoquant Prince et le fait que Rundgren a toujours été à l’aise dans le Philadelphia soul.

Le problème avec Rundgren se résume d’ailleurs dans ce titre. En rendant hommage à des styles passés, ; que ce soit les Beatles, la pop, ou le rock progressif, le musicien sonne de plsu en plus daté dans la mesure où il semble insensible aux goûts d’aujourd’hui. Rundgren sonne toujours comme du Rundgren, c’est-à-dire indubitablement rétro, ce qui est paradoxal pour un musicien qui maîtrise si bien la production, les effets spéciaux et les techniques d’enregistrement.

State est donc un disque qui va prendre l’apparence d’une redite : la bossa-nova d’« In my Mouth » aurait pu figurer dans Liars et « Ping Me » sera une nouvelle démonstration des qualités vocales de l’artiste.

Dire alors que ce nouvel opus est révélateur est presque une évidence : il récapitule l’état (state) de Rundgren actuellement, avec ce qu’il a à offrir de consistant et souvent de versatile, et les mystères et interrogations qui vont avec.

★★★☆☆

18 avril 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Alessi’s Ark: « The Still Life »

La dernière manifestation de Alessi Laurent-Marke s’est produite au moment où elle a prêté ses vocaux doux et apprêtés au projet de Orlando Weeks, Young Colossus.

Son nouvel album, The Still Life, semble bénéficier de cette expérience dans la mesure où le disque fait preuve de plus d’assertion ou de confiance et se situe dans un registre moins allusif.

Les arrangements de sa pop orchestrale sont plus élaborés ; par exemple sur les accords vibrants qui ouvrent « Tin Smithing » ou les percussions non conventionnelles de « Whatever Make You Happy ».

Le « single » « The Rain » la voit encore plus s’éloigner de la guitare acoustique et aller vers des paysages sonores plus construits. On y trouve cette atmosphère méditative étayée par des rythmes electro et une instrumentation beaucoup plus large. De ce fait, l’album dans son intégralité va sonner plus expérimental, voire mature, et, en contraste avec son titre, plus dynamique. Ainsi, Laurent-Marke reprendra le « Afraid of Everyone » des Nationals et lui donnera une patine subtilement funk ou se permettra de chanter en Français sur « Sans Balance »même si elle n’a pas totalement délaissé le répertoire folk traditionnel et plus délicat et fragile sur les vaporeux « The Good Song » et « Hands in the Sink » tout proches de la berceuse.

Au total, The Still Life est un disque « crossover » qui marque une nette exacerbation par rapport à son opus précédent. Pour quelqu’un qui n’a que 22 ans, on ne peut qu’envisager une marge de progression encore plus grande.

★★★☆☆

18 avril 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Evening Hymns: « Spectral Dusk »

Spectral Dusk est le deuxième album de Evening Hymns,pseudonyme sous lequel Jonas Bonnetta, membre d’un collectif de musiciens canadiens, enregistre accompagné d’un groupe informel.

Ce disque est un hommage au père du chanteur, décédé en 2011, et, de toute évidence, son écoute n’est pas aisée. Chaque composition traite de sa relation avec la figure paternelle et fait partie d’un processus cathartique qu’il est toujours malaisé d’appréhender.

Il est un point sur lequel on peut néanmoins s’appuyer, c’est que le sujet est abordé pas simplement comme un travail de deuil mais aussi comme une célébration du passage de la vie et une ode à l’espoir.

Les titres sont flottants et donnent une impression d’espace et de flou qui laisse les choses dans le sous-entendu, donnant à l’ensemble une tonalité harmonieuse et sereine.

Enregistré dans une cabane isolée, Bonneta et son groupe ont pu créer ainsi une atmosphère propre à véhiculer chaleur et intimité naturelles, donnant à Spectral Dusk un brillant bénéfique.

S’ouvrant sur des bruits champêtres, « Intro » va glisser peu à peu dans un « Arrows » qui, sur un rythme palpitant comme un cœur, va nous amener vers des vocaux dénudés et de accords de piano rudimentaires. Ce dépouillement laisse ainsi amplement le temps de s’y immerger avant que l’intervention du groupe procure un contraste salutaire.

Le même procédé acoustique se retrouvera sur un « You and Jake » rappelant le « Who by the Fire » de Leonard Cohen pour évoquer chagrin et perte alors que les délicats arpèges de guitare sur « Cabin in the Burn » introduiront la description d’un passé ponctuée par des percussions appuyées et une note de guitare répétée pour véhiculer intensité et émotions.

« Spectral Dusk » résumera alors l’album à la perfection avec ce bruit de glaçon dans un verre ; les musiciens se retrouvent autour d’une boisson revigorante comme pour célébrer la fin d’un travail Spectral Dusk est en effet un disque accompli et réconfortant, et ceci pas simplement pour ses auteurs.

★★★★☆

18 avril 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Pyyramids: « Brightest Darkest Day »

Le bassiste de OK Go, Tim Nordwind, et la vocaliste de He Say She Say, Drea Smith, seraient entrés en relation au travers d’e-mails échangés à propos des groupes post-punks britanniques des années 80.

Pyyramids n’est pas, selon eux, un projet secondaire et, ayant tous deux joué dans des groupes indie et pop, le duo s’est efforcé de mêler le fruit de ses expériences sur ce premier album dont le titre, Brightest Darkest Day semble vouloir évoquer qu’il se situe dans le clair-obscur.

Les plages vont donc évoluer entre la rumination contemplative et des rêveries plus légères, à l’exemple de cette sonorité de timpani qui sert d’introduction à « Don’t Go » et qui va accompagner la voix particulièrement onirique de Smith. Très vite, pourtant, les synthés vont se manifester, invasion bruissante qui va déboucher sur des riffs de guitare costauds et chaloupés et un solo glissé et scintillant hérité des eighties. Viendra ensuite une vocalise éthérée amenant la composition sur un autre plan tout comme le fera « That Ain’t Right » qui mêlera, cloches, vocaux languissants et soucieux, à guitares acoustiques plus vaporeuses.

Tout au long de l’album Pyyramid s’attachera à alterner les humeurs, tout comme à s’emparer de ses influences rétro et à les concilier avec sa touche moderne. « Do You Think You’re Enough » bénéficiera ainsi d’un début pesant par sa section rythmique toute en distorsion avant de s’adoucir avec une « outro » toute en nuances acoustiques. Le même paradoxe s’inscrira dans « Time » , ballade complexe incrustée de guitares étranges, de synthés qui se répondent, de cris aigus, d’un piano discordant à la Radiohead et d’échos hallucinés.

Le « single » « Paper Doll » maintiendra cette balance de climats, combinant  sommations industrielles et vocaux à la Gwen Stefani. Vouloir signifier que malgré leur passé musical chargé et même sur une chanson connotée « pop », le duo ne se contente pas de vivre sur un acquis est d’un bon augure même si son systématisme est un peu trop redondant.

★★★☆☆

18 avril 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Barn Owl: « V »

Une couverture qui est à l’image du disque, une obscurité d’où n’émergent que formes indistinctes et ombres qui nous entraînent dans un périple qui, dès le départ, semble celui d’un être condamné à la désolation. Avec V, la palette de Barn Owl s’est épaissie, accumulant couches sonores sur couches sonores et guitares introverties qui errent dans un brouillard dense fait de noirceur « ambient » et de mélopées que rythment et créent la six cordes.

Il ne sera pas surprenant que le morceau d’introduction, « Void Redux », donne la sensation d’être issu d’un cauchemar de Vangelis par son utilisation d’un tapotement rythmique et ses orchestrations de nappes musicales qui font comme nous emmener, patiemment et inéluctablement, vers une destination inconnue et terrifiante Vaux rebords d’un abîme. V est, ainsi, un album qui n’offre aucun compromis, aucune pause restauratrice ou éclaircie sonique.

Plus loin, les guitares carillonnant es,accentuées dans les aigus de « The Long Shadow » résonnent comme un glas dont le tempo de métronome rend d’autant plus inexorable, nous guidant lentement vers des orgues dont les nappes vont submerger le paysage auditif du morceau.

On le voit, la démarche de Barn Owl s’échafaude sur le crescendo, la mutation pour que chaque titre devienne une journée en soi. Ça n’en est pas pour autant une musique d’atmosphère dans laquelle on pourrait se plonger puis sortir à volonté. Elle coule de façon trop profonde pour cela pour déboucher sur une conclusion aux allures épiques, « The Opulent Decline », dix-sept minutes de détresse éthérée et suffocante.

Il y a peu de doute que Barn Owl ont réalisé ici leur album le plus accompli ; V est un disque qui ne peut que nous affecter et nous troubler si on accepte de s’y tremper, il est la concrétisation d’une démarche pleinement assumée et vitale, et d’une méthode tout autant assurée et réussie.

★★★½☆

18 avril 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Thee Oh Sees: « Floating Coffin »

Ah, Thee Oh Sees et leur septième album en 6 ans ! Un Floating Coffin (Cercueil Flottant) qui nous sert une nouvelle lichée de garage-rock psychédélique et déjanté comme si il était nécessaire d’aller encore plus loin dans l’énergie débridée et les vibrations lysergiques.

Ce disque est un nouveau jalon dans la carrière du groupe de John Dwyer. Sur Putrifiers II ils étaient bons mais ici ils sont tout simplement étonnants tant ils se montrent capables d’explorer une myriades de directions différentes et de créer une collection éclectique et électrique couvrant une ribambelle de genres, du ralenti au fringant ou de l’onirique au freak ou.

« Minotaur » en est une affirmation exemplaire dans la façon dont il termine Floating Coffin : la solennité d’un violoncelle qui va déboucher sur une « jam » nihiliste étoffée par une guitare poussiéreuse et des vocaux surgis d’outre-tombe et des chorus féminins glissés nonchalamment comme pour ajouter une touche de sarcasme. Les guitares sont vibrionnantes et paniquées (« Floating Coffin »), des valses hallucinées se fraient un passage sur « To Cutter – Thumb Buster » et T-Rex semble s’inviter à la fête avec des riffs de six cordes répandus lourdement et des onomatopées ecstatiques.

L’électronica sera également de la partie avec un Night Crawler » spacey à souhait et sa bienheureuse conjugaison de guitares et de bips synthétiques.

Floating Coffin s’écoute pourtant aisément malgré ses digressions. Il y a chez Thee Oh Sees quelque chose d’à la fois piquant et chaleureux qui nous dresse le portait d’un groupe en contrôle total de son inspiration et de sa carrière, toutes étranges et confuses qu’elles puissent sonner.

★★★★☆

18 avril 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Dead Confederate: « In The Marrow »

Le grunge sudiste de Dead Confederate sonnerait hanté même si le groupe ne le voulait pas en raison des étranges échos de Kurt Cobain que l’on entend dans la voix plaintive de leur chanteur Hardy Morris.

Il n’en faut pas pour autant considérer qu’il en est une copie conforme car il parvient, dans ses vocaux, à donner une inflexion plus douce et, origines de Géorgie obligent, plus nasillarde.

Ce qui, par contre, reste glaçant c’est le mimétisme qui s’opère quand le volume sonore croît et que la voix de Morris craque sous cette tension et quand il se recroqueville et qu’il prend la tonalité d’un grincement défensif.

Un vocaliste moins inspiré aurait pu accentuer ce côté de façon macabre, mais cela n’est qu’un élément parmi d’autres dans le saisissant In The Marrow, troisième album incandescent d’Americana alternative.

Les disques précédents étaient, soit trop décousus, soit trop contrôlés, celui-ci s’emploie à corriger le tir et trouver un juste équilibre entre rugosité et rigidité. « Slow Poisons » sera une longue ouverture macérée qui permettra, en quelque sorte, de faire sortir le venin du système avant que l’entraînant « Vacations » n’opère un tournant plus positif. On retrouvera la même recherche sur un « Bleed Through » rappelant un Dinosaur Jr. à la sauce sucrée ou un « Dead Poetry » en distorsion nébuleuse façon Built To Spill.

Malgré donc une façade lugubre et désespérée, In The Marrow (Dans la Moëlle) s’attarde à un autre cœur des choses ; il montre que Dead Confederate est aussi vecteur d’une sensibilité « pop » et que, y compris quand on a l’âme torturée, on est capable d’écrire des récits d’où riffs addictifs ne sont pas exclus.

★★★½☆

18 avril 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire