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Houses: « A Quiet Darkness »

Dexter Tortoriello et Megan Messina sont Houses, un duo expérimental à mi-chemin entre Low et The National. Sur ce deuxième album, il s’emploie à remplir l’espace de tonalités crépusculaires, de mélancolie silencieuse comme une photographie défraîchie sous un cadre brisé.

A Quiet Darkness porte bien son nom, évocateur qu’il est de bâtiments décrépits comme si l’enregistrement avait eu lieu en leurs intérieurs. Il est vrai que, pendant qu’ils tournaient, Tortorello et Messina se sont arrêtés dans des villes fantômes pour en ramasser des objets, tous poussiéreux, et que cet album est comme la colonne vertébrale de ces détritus émanant du monde physique, ceci surtout sans le lustre du premier opus All Night.

L’ouverture, « Beginnings », se construit sur un loop apocalyptique, son paysage en semble cendreux avec des oiseux morts et une errance qui sépare les êtres. Tout l’album sera construit sur cette image. Les mots qui y sont répétés comme une antienne sont « ghosts », « sky », God » et la voix de Messina est comme l’écho venu d’un autre monde de celle de Tortoriello.

A Quiet Darkness regorge de collages idiosyncratiques et de percussions vibrantes qui permettent à l’album de ne pas s’engluer dans le sadcore murmurant. Ainsi, « The Beauty Surrounds » verra son tempo aller de droite à gauche des hauts-parleurs, ponctué par des claquements de mains artificiels et la chanson-titre sera jalonnée de battements de pieds et de claquements de doigts avant qu’une instrumentation plus traditionnelle ne rompe le mixage. Les synthés totueux atteignent alors des registres hauts-perchés alors que les guitares divisent l’espace plutôt que de le remplir.

Même si l’album est quelque peu ampoulé et itératif, il est une hypnotique exploration de la dissociation des êtres et des choses, de cette quête presque désespérée à donner un sens à cette séparation et à l’inanité de réunir les contraires. Plus qu’un disque, il s’agit ici d’une mise en scène emphatique, peut-être un peu trop mais dont l’attrait n’est pas la plus négligeable des choses.

★★★½☆

22 avril 2013 - Posted by | Quickies |

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