No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Ian McCulloch: « Holy Ghosts (Pro Patris Mori) »

Ian McCulloch est un personnage assez attachant. Entre l’esprit bravache de type : « Je suis le plus grand chanteur de rock du monde ! » et une attitude presque respectable quand, il y a quelques années, il a interprété l’intemporel Ocean Rain avec un orchestre au Royal Albert Hall.

C’est peut-être cet amalgame entre vocaux solitaires et mélodies déterminées avec des cordes majestueuses et un dramatisation presque religieuse qui est à l’oeuvre ici sur ce premier disque de reprises de Echo & The Bunnymen où le chanteur s’assure le concours d’un grand orchestre.

Enregistré « live » à Union Chapel il ne s’agit donc pas pour McCulloch de simplement augmenter l’intensité sonore et d’y ajouter des gimmicks orchestraux mais d’agrémenter cette sorte de Best Of de façon précautionneuse et aux moments propices de cette touche instrumentale. « Nothing Ever Lasts Forever » ou « Bring On The Dancing Horses » sont ainsi retravaillés tout comme un « Lips Like Suger » qui devient presque un chuchotement.

Pour éviter précisément que l’orchestre ait une forme de préséance, la production a été prise en charge par Youth de Killing Joke qui avait justement été aux manettes du Urban Hymns de The Verve. C’est lui qui, sans doute, parvient à trouver cet équilibre entre honnêteté et magnificence, permettant aux morceaux à rester « pop » tout en poussant le son vers un éthéré qui demeure provoquant.

Le deuxième album, Holy Ghosts (Pro Patris Mori), est composé plus ou moins de nouveau matériel et il se présente de manière beaucoup plus délicate tout en restant gonflé de nappes de cordes gracieuses et d’une production en studio plus soutenue contrastant avec celle du premier disque.

S’y fédère des connotations tragiques mais elle se font presque savoureuses. « Empty As A House » est plein d’une innocence quasi-enfantine tout en gardant une atmosphère détachée alors que « Lift Me Up » a un son plus familier avec ses guitares en crescendos frissonnants et son chorus imprégné de sentimentalisme.

La chanson-titre mettra en valeur le talent de compositeur de McCulloh, à la fois reconnaissable mais aussi capable de trouver un son « nouveau ». Ces états de grâce seront, toutefois, clairsemés même si « Fiery Flame » nous donne une occasion d’apprécier ces mélodies un peu perverses rappelant Elvis Costello.

Pro Patria Mori n’est évidemment pas le meilleur album du chanteur mais il parvient à bien définir sa carrière en rendant hommage à Echo & The Bunnymen tout en ne s’attardant pas sur une contemplation nostalgique. En incluant des plages qui prennent en compte les influences qu’il a subies : Lou Reed, David Bowie (« Me and David Bowie »), il s’incline également devant eux, mais il montre également qu’il demeure un compositeur intelligent et pertinent même s’il est désormais moins influent qu’il a pu l’être.

19 avril 2013 - Posted by | On peut se laisser tenter |

Aucun commentaire pour l’instant.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :