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Mudhoney: « Vanishing Point »

Ce neuvième album de Mudhoney se nomme Vanishing Point et le morceau d’ouverture, « Slipping Away ». Ce pourrait être mauvais signe mais, plutôt que d’aborder sa propre disparition, le groupe demeure toujours présent dans l’univers « grunge » disparaissant puis apparaissant alors qu’on ne l’attend plus.

« Slipping Away », prouve précisement que le combo a l’intetntion de rester là où il a toujours été et de nous concocter son habituel mélange de psychédélisme violent et de blues-punk. Le morceau crie et crisse comme du Blue Cheer, groupe dont on savait à quel point il pouvait nous liquéfier le cerveau, « I Don’t Remember You » rappelera la houleuse période de Superfuzz et, les embardées ricanantes de « The Only Son Of The Widow From Nain », l’interaction de guitares entre le feedback du chanteur Mark Arm et les riffs abrasifs de Steve Turner passent à la scie un morceau dont les riffs n’en demandait pas tant.

On voit bien que Mudhoney essaie de recréer les échos d’une gloire passée. Si certains sont présents (la référence à Hendrix sur « Douchebags On Parade »), la plus grande partie du disque tombe dans l’indolence. L’éthique « slacker » pouvait avoir un sens dans les années 90 quand elle était signe de volonté subversive. Mais le nihilisme creux de « What To Do With The Neutral » et le punk badin de« Chardonnay » soulignent plutôt le fait que cette attitude est dépassée. Vanishing Point poursuit ce qui a été le modus operandi du groupe depuis des années. Sur » I Like It Small » Arm s’écrie : « Je ne suis pas dans un trip grandiose / Les petites gorgées me conviennent très bien » ; on ne saurait être plus explicite…

★★½☆☆

8 avril 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Alkaline Trio: « My Shame Is True »

Alkaline Trio s’est très longtemps défini comme un groupe « dark punk » et ça a été assez souvent le cas que ce soit pour les textes ou pour la musique. À la suite d’un This Addiction graveleux, primaire et colérique en 2010, la trio de Chicago a poussé un peu plus la barre de la noirceur en s’enfonçant dans une pop-punk monochrome avec une occasionnelle touche d’humeur chagrine apportée par des accords pris en mode mineur. Cantonné dans et satisfait de ce registre, il a toujours été capable d’explorer artisanalement ce spectre étroit en conservant la même passion.

C’est une formule minimaliste qui marche la plupart du temps ; par exemple sur un « Kiss You To Death », composition au climat maussade parfaitement véhiculé par le phrasé type crooner de Matt Skiba et l’accompagnement aux claviers. « Only Love » brillera faiblement ; atmosphère à la Coldplay avec un peu de muscle et de distorsion et un tmorceau comme « The Torture Doctor » aura des relents on ne peut plus gothiques qui ne font pas mentir son titre. Les vociférations de « I, Pessimist » chanté en duo avec Tim McIlrath (Rise Against) complèteront de panorama de l’urgence dont My Shame Is True se veut porteur.

Pointent pourtant, par endroits, un certain ennue devant une formule rebattue. Skiba chante, sur un chorus : « Nous savons tout de cette histoire » , signifiant sans doute ainsi sa propre lassitude face à une formule rebattue ainsi que des riffs et des mélodies ultra classiques.

Restent néanmoins quelques moments qui témoignent encore d’une certaine verve ; « I Wanna Be A Warhol » est aussi habile que son titre ironique et Skiba conserve toujours son humour pince sans rire en singeant un titre de Costello, « My Aim Is True » pour nommer son disque. Reste à savoir si, quelque part, l’intitulé My Shame Is True n’est pas la traduction inconsciente de son embarras.

★★★☆☆

8 avril 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Black Angels: « Indigo Meadow »

Ce groupe d’Austin est de retour avec son troisième album, Indigo Meadow, qui, comme les précédents, reste imbibé du psychédélisme des sixties.

La voix de Alex Moss est toujours aussi « spacey » quand il évoque le fait de faire l’amour sur la chanson-titre et « Don’t Play With Guns » avec son chorus à reprendre à la cantonade est à la fois étourdissant et ensoleillant. Aux côtés de ces atmosphères enlevées, un « Holland » se consumant lentement tout comme un harmonieux « Love Me Forever » interviendront en contrepoint pour équilibrer la dynamique de l’album.

Il est indéniable également que des « rockers » comme « War on Holiday » et « You’re Mine » sont des compositions de choix mais n’arrivent pas à l’épaule de la brillance qui parcourait leur opus précédent Phosphene Dream même si on imagine bien que la note sinistre qu’ils véhiculent avec « Black Isn’t Black » ne demandera qu’à trouver sa meilleure expression sur scène. Cela qui donne à Indigo Meadow un parfum composite qui n’incite pas à se plonger de façon fluide dans ce qui nous est offert. Quelque part, pourtant on sent The Black Angels en recherche d’un approfondissement de leur démarche ce qui le rend moins accessible. On hésite alors sur la manière dont on peut considérer des titres comme « Always Maybe » ou le martial et très Doors « Broken Soldiers » qui pourraient soit être reçus comme des pastiches soit comme une évocation sombre d’une esthétique à la Alice au Pays des Merveilles.

Au total, Indigo Meadow est un « trip » engourdi et médicinal qui nous emmène sans doute vers un verger indigo. Les effets en sont angoissants mais les rythmes addictifs. Les transitions entre refrains et chorus distillent une sensation de désorientation brumeuse propre à des constructions plus alambiquées. Cela procure l’effet suivant : on se demandera tout au long de l’album de quelle nuance sera l’indigo vers lequel on s’approche. C’est en cela que Indigo Meadow est un album impérieux…

★★★½☆

8 avril 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Kate Nash: « Girl Talk »

La chanteuse-compositrice Kate Nash a fait parler d’elle en 2007 quand, à à peine 20 ans, son album de pop-songs Made Of Bricks fut sorti en hâte par son label souhaitant capitaliser sur le succès de son « single », « Foundations ». Hormis 2 ou 3 titres, le disque n’était pas mémorable, l’artiste s’accompagnant au piano cherchait encore sa voix, mais il fut quand même disque de platine et obtint un Brit Award.

My Best Friend Is You était déjà plus rock et Girl Talk, auto-produit par Nash, la voit poursuivre son évolution vers un rock plus agressif et mercuriel. Des titres comme « Sisters », « All talk » ou « Cherry Pickin » sont tout bonnement des morceaux punk à es années-lumières de la pop lumineuse de Made of Bricks. La chanson d’ouverture, « Part Heart » donne d’ailleurs un ton avec Nash chuchotant presque sur une ligne de basse lo-fi de simplement trois notes, une batterie et une légère guitare en feedback. Celle-ci se manifeste pourtant de manière plus incisive au milieu du morceau et, peu à peu, celui-ci voit son intensité croître à mesure que la voix de Nash se fait plus agitée et dédaigneuse. « Fri-end ? », qui suit, est plus proche de son répertoire précédent mais ce type de répertoire (« O My God ! », « Conventional Girl ») sera minoritaire et contrebalancé par une attitude heavy metal désordonnée et bruyante (un « Death Proof » rootsy et fortement empli de reverb par exemple).

Nash déclare avoir épanché son cœur et son âme dans cet album et Girl Talk reflète effectivement cette véhémence. Quelque chose manque pourtant ; la chanteuse sait écrire des mélodies et moduler sa voix mais on se prend à regretter certains des riffs qu’elle composait avec tant de facilité. Ce disque est sans doute celui qu’elle voulait faire, il n’est pas certain que ce soit celui que ses fans auraient aimé entendre.

★★★☆☆

8 avril 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Haiku Salut: « Tricolore »

« Baroque-Pop-Folktronic-Neo-Classical-Something-Or-Other » : c’est ainsi que Haiku Salut se décrivent. Ça n’est pas pour autant que ce trio féminin du Derbyshire est exhaustif dans la présentation qu’il fait de lui-même.

Dès l’écoute Tricolore vous happera pour ne plus vous lâcher et vous serez entraîne de plus en plus profond dans un univers fait d’instrumentaux bizarroïdes, de nouveaux bruits et de panoramas soniques qu’on a en permanence envie de réécouter. L’album peut s’avérer un peu apprêté parfois mais ça n’est pas une mauvaise chose car cela permet de contrebalancer les petites structures électroniques qui jalonnent les compositions. Le disque pourrait très bien d’ailleurs être une bande-son et, quand on sait que les principales influences du groupe sont Yann Tiersen et Benoît Carest, ça n’est pas réellement une surprise.

Haiku Salut a un large éventail d’instruments à sa disposition et ses trois musiciens semblent également à l’aise dans l’un comme dans l’autre, donnant ainsi à leur premier opus un côté fantaisiste et ludique, certes mais hautement professionnel.

Bien sûr, on ne pourra pas différencier une plage parmi les autres tant Tricolore se veut avant tout une échappée sous forme d’odyssée que l’on pourrait apparenter à l’atmosphère particulière de Amélie Poulain. On goûtera, ainsi, sur « Los Elefantes » par exemple, la façon harmonieuse dont le piano passera de notes hautes à notes basses, se combinera à un accordéon, à de brefs sons électroniques ou à des rythmes tribaux. Le fait que les titres soient instrumentaux soulignera, en outre, la complexité de l’instrumentation. Tricolore est un petit bijou de baroque enchevêtré qui ne se départit pas d’un climat « fun » et enjoué, ceci étant pour notre plus grand bonheur !

★★★½☆

8 avril 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Cold War Kids: « Dear Miss Lonelyhearts

Depuis ses tout premiers albums, Cold War Kids a été un groupe à la recherche de son identité, ou plutôt dans la volonté de réaliser le disque pop-rock parfait. Ce 4° disque s’inscrit dans la même démarche et, une fois de plus, il ne réussir que partiellement dans cette tâche. D’une façon générale Dear Miss Lonelyhearts va modfiier subsentiellement son approche (peut-être grâce à l’arrivée du guitariste de Modest Mouse Dann Gallucci) en se penchant sur des territoires nouveaux pour lui, de l’electro assez pétillantt et des petites touches expérimentales.

Ce changement de tempo et de style va par contre profondément obérer l’élan du disque. Si celui-ci s’ouvre sur un « Miracle Mile » au piano décapant et si « Lost That Easy » ou « Jaibirds » conservent leur facette « power pop » et une énergie façon Killers, surtout avec les vocaux de Nathan Willett, le reste de Dear Miss Lonelyhearts va s’avérer plus laborieux.*

Des morceaux comme « Tuxedos » sont des plongées dans l’assonance dont on se demande comment le groupe ne s’y noie pas et « Bitter Poem » sera la seul e composition efficace dans ce qui est tentative d’explorer le post-rock.

La production de Lars Stalfors (Mars Volta) suivra ces hauts et bas ; brillante quand il s’agira d’accompagner le dérangeant et apocalyptique « Dear Miss Lonelyhearts » ou le shoegaze de « Fear And Tremblin », beaucoup moins inspirée quand il s’agit de mettre en place les « scratches » sur « Tuxedos » ou « Water & Power ».

On trouve néanmoins quelques évolutions intéressantes ne serait-ce que dans la voix epressive et introspective de Willett rappelant qui Billy McCarthy, qui Billy Corgtan sur « Bottled Affection ».

Au total, Dear Miss Lonelyhearts ne sera pas l’album auquel CWK aspire, il ne sera même pas son meilleur opus. Le disque, en effet, sonne singulièrement détaché en raison de sa cadence irrégulière et, même si on ne peut critiquer la volonté de CWK d’évoluer, on sera en droit de préférer l’époque où les Californiens de Long Beach se cantonnaient dans un registre où ils étaient plus compétents.

★★★☆☆

8 avril 2013 Posted by | Quickies | | Un commentaire