No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Robyn Hitchcock: « Love from London »

« Le rock and roll est un jeu pour personnes âgées, c’est pourquoi je continue à y participer », c’est ce que déclarait récemment Robyn Hitchcock à propos de ses 60 ans et de son nouvel album solo, Love from London. Ce 19° album solo du fondateur des excentriques Soft Boys continue dans cette même tradition de pysche-pop désinvolte et d’une subtile ironie concernant une peinture de la condition humaine pour laquelle on l’a souvent comparé à Ray Davies.

Ce qui caractérise Hytchcok est, avant tout pourtant, le talent mélodique et cette facilité à composer des titres instantanés dont on ne peut que déplorer qu’ils n’aient pas atteint une plus large audience.

Sur Love From London, sa capacité à surprendre reste intacte ; des pop-jams électriques addictives (« Fix You », « I Love You »), des subtilités musicales (le coda cosmique de « End of Time ») ou des pastiches comme le percutant « Devil on a String », savoureuse parodie « glam-blues » du Bowie de la période Aladdin Sane. Néanmoins la tonalité générale de l’album va s’avérer plus tamisée. Les guitares acoustiques, toute stridentes qu’elles soient, seront plus nombreuses, on entendra même, ici et là, un violoncelle ombrageux, des harmonies féminines plaintives et des arrangements beaucoup plus nuancés que dans de simples pop songs. En fait, débuter l’album sur une ballade endeuillée (Harry’s Song ») est à la fois un risque mais aussi une indication. Souvent, Hitchcock sonne en effet moins caustique et presque plus vulnérable voire incertain (un « My Rain » presque funeste).

On le voit, tout en maintenant sa qualité exceptionnelle à manier l’absurde et à varier les climats, Love from London est beaucoup plus introspectif qu’à l’accoutumée. « Be Still » évoque la métamorphose et la renaissance ; il est l’illustration musicale d’un artiste arrivé à un âge canonique quelque part. Derrière le musicien se cache l’homme, plus politisé aussi ; l’album, de ce point de vue, dévoile une facette inconnue de l’artiste et peut sans doute faire valoir une qualité de césure telle qu’on la ressent parfois quand on arrive à 60 ans.

★★★★☆

28 mars 2013 Posted by | Quickies | , | Un commentaire

Carmen Villain: « Sleeper »

Sleeper, premier album de l’ex-mannequin Carmen Villain, fait référence à cette période où, professionnellement et personnellement, les choses étaient en sommeil pour elle où elle se réfugiait dans des artifices qui étaient autant d’échappatoires. On peu penser que c’est pour y mettre un terme que la jeune femme a choisi de se consacrer à la musique et que, sur la pochette du disque, celle qui posait, entre autres, pour Vogue a le visage caché par ses cheveux.

On aurait pu penser, au regard de sa carrière précédente, que Villain allait opter pour un répertoire « glossy » c’est pourtant tout le contraire. Hormis « Two Towns » qui ouvre Sleeper de façon plutôt directe mais déjà plutôt électrisée, les autres compositions de l’album vont oeuvrer dans le registre de la dissonance et de l’exaspération des émotions. Les titres renoncent à la structuration et, si ils revêtent un aspect onirique (titre de l’album oblige). Ils sont en majeure partie déconstruits et atonaux comme pour symboliser ce clash entre était de veille et celui de rêverie. Les sonoriités sont sauvages et le contraste avec la voix assez épurée de Villain est fascinant. « How Much » est une mélodie glaçante et « Made A Shell » rappellera le Velvet Underground à l’époque où Nico était encore avec eux. Onirisme tranchant mâtiné de psychédélisme donc (« Kingwoman » par exemple). Au chapitre des influences on ne pourra pas penser à Cat Power pour l’émotion à fleur de peau qui vise à transfigurer l’image première de la chanteuse et à Richard Hell pour l’approche musicale qui flirte avec aisance aux lisières du chaos. Sleeper est un « debut album » prometteur,  effarouché mais féroce. En osant ainsi se lancer ce type de défis, Villain surprend et séduit d’une manière beaucoup moins affectée et contrefaite que ce qu’était son existence antérieure.

★★★½☆

28 mars 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Young Dreams: « Different Places »

Young Dreams un groupe qui porte bien son nom de par sa musique est juvénile et fraîche et le titre de son premier album est tout aussi judicieux car Different Places évoque des influences qui partent dans beaucoup de sens. Ce groupe de pop symphonique norvégien a compris jusqu’à 12 membres et, malgré cette pléthore, le disque, loin de sonner chaotique, est une bien bel exercice en tant que vecteur d’intimité.

Que ce soit par sa maîtrise à faire naître des mouvements spacieux et élaborés ou par ses harmonies doucement tissées, Between Places est un album de dream pop luxuriante qui se révèle tout sauf vide et donne une coloration vivante au climat onirique qu’il nous propose. Les orchestration sont majestueuses, un peu comme si Young Dreams avait remplacé des arrangements de type Beach Boys par des claviers. « The Girl That Taught Me To Drink And Fight », par exemple, se déroule sur plus de 10 minutes et les couches d’arrangements qui se superposent en arrière fond ne peuvent que rappeler Pet Sounds. Même les vocaux ont ce côté éventé qui fait penser à Brian Wilson mais, loin d’être un avatar des Garçons de la Plage, Young Dreams se révèle avant tout comme une groupe plus expérimental dans l’éthéré.

Les passages orchestraux, l’exotisme de certains arrangements ou l’usage de l’électronique montrent, en effet, qu’ils se situent dans un monde bien à eux. Les cordes de « Fog Of War » sont de véritables fléchettes, les percussions de « Footprints » des marches en avant et les synthés de « Wounded Hearts Forever » lustrés à souhait.

Different Places est tout simplement confondant dans cette versatilité étalée sur chaque plage. Il justifie en quoi un un album de chamber-pop ne peut pas être pétrifié et, si on devait risquer une dernière analogie, on pourrait tout bonnement dire qu’il fait penser aux délicieux Zombies qui seraient passés sous les pattes de Trevor Horn à la production.

★★★★☆

27 mars 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Woodkid: « The Golden Age »

On fait grand cas de Yoann Lemoine, alias Woodkid, dans la presse nationale et spécalisée déjà puisque le jeune homme est français, mais aussi dans les médias anglo-saxons car Lemoine a réalisé des clips remarqués pour, entre autres, Rihanna et Lana Del Rey.

Une fois le « cocorico » poussé,a ttardons-nous sur ce Golden Age, premier album solo après quelques « singles » remarqués et des chansons comme « Run Baby Run », « I Love You » et « Iron ».

Cet effort est avant tout un projet conceptuel et pas seulement un disque. Il a donc une cohérence (un thème central axé sur le passage de l’état d’enfant à celui d’adulte et, conséquemment, le désir de retrouver cet « âge dor ») mais fait aussi preuve d’intellection puisque les quatorze plages autour desquelles le The Golden Age s’articulent sont accompagnées d’une « novella » co-écrite avec son cousin et de plusieurs vidéos et visuels censés agrémenter les shows « live ».

Cette Boite de Pandore est assez étourdissante et aussi très aventureuse mais Lemoine a une éthique de travail très prononcée ; une des preuves en étant les semaines passées à élaborer des images d’intérieurs de cathédrales ou des cités futuristes graphiquement sur ordinateur.

On retrouvera, d’emblée, cette même minutie et ce soin apporté aux détails dans ses talents de compositeur et de lyriciste.

Le plupart des instruments étant passés au sampling, le son général de l’album est quelque peu désarmant d’autant que, les inflexions vocales de Lemoine demeurant très françaises, elles donnent une  étrangeté assez prenante superposées qu’elles ont sur des orchestrations baroques, des cuivres militaires ou des « dance beats » déconstruits.

Il est évident que l’impact ne peut être immédiat et qu’il nécessite car le minimum d’attention. En tant que « songrwriter » Yann Lemoine est capable de façonner des mélodies simples mais efficaces mais il a choisi une approche détaillée (trois ans!) dont le résultat ne pouvait être que conséquent. Peut-être parce qu’ils nous étaient déjà familiers, les titres marquants sont, d’une part, les trois morceaux qui étaient parus auparavant et, d’autre part, les compositions qui ouvrent et ferment l’album (« The Golden Age » et « The Other Side ») célébrant et faisant le deuil de l’age d’or.

The Golden Age est un album qui, tout conceptuel qu’il soit, reste pourtant contrasté. Il y a, tout d’abord, un enjouement en filigrane (jeux de mots, idiosyncrasies) qui court tout au long du disque qui entre, quelque peu, en contradiction avec ce que représente le fait d’être muni d’une conscience ayant mûri. A contrario, Lemoine n’étant plus un enfant, on peut comprendre que sa quête identitaire ne soit pas enveloppée dans une colère post-adolescente. Se pose alors de la connexion émotionnelle qu’il pourrait établir avec l’auditeur. C’est à ce niveau que l’ambivalence a du mal à opérer. L’intensité émotive demeure intellectuelle de par le fait que le « songwriting » est trop appliqué. En outre, le choix d’être lui-même son propre interprète, s’il peut se comprendre étant donnée la nature très personnelle de l’album, s’avère peu concluante car trop imprégnée d’approximations qui n’ont rien à voir avec la maîtrise du langage.

On reste finalement un peu perplexe devant un tel projet , situé entre symbolisme pesant aux orchestrations lustrées et ambitieuses, qui s’entrechoque avec celui d’un écolier en quête d’échappatoire. L’espièglerie de ce  dernier personnage entre alors en contradiction avec le thème fondamental de l’oeuvre qui est celui d’un rite de passage.

Cette hésitation se retrouve sur le plan orchestral dans la mesure où les mélodies sont très souvent atonales dont les arrangements, tout amples et grandiloquents qu’ils sont parfois, ne parviennent pas à compenser la disharmonie.

Quelque part, The Golden Age, sonne comme la musique d’un film qui n’existe pas, ou pas encore… L’expérience auditive ne suffisant pas, on sera amené à se pencher vers ce qui a moins de sous-texte, les passages écrits ou les vidéos par exemple. Ce sera l’ultime paradoxe pour un disque qui en comporte un certain nombre.

26 mars 2013 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Gnod: « Chaudelande »

Chaudelande est la suite de l’album de 2011 savoureusement intitulé In Gnod We Trust. Comme il se doit pour ce combo se réclamant d’un psychédélisme plein de frustration, d’adrénaline et de désespoir, il semble être sis dans un endroit nimbé de claustrophobie dont on ne sortirait que pour endosser l’habit du post-punk. Ce mélange est subtil et atypique mais il est favorisé par le fait que le disque ne comporte que six plages s’étendant chacune sur plus de dix minutes donnant ainsi un aspect épique à la progression qui anime Chaudelande. Libre cours est donné alors à cette ouverture musicale faite de heavy metal stroboscopique à la Hawkwind, de dub et d’électro martelés avec cohésion et compulsion et sans fioritures. « Entrance » par exemple est un titre de « math rock » qu’on pourrait situer entre Mogwai et l’expérimentation d’un ensemble underground comme Slint et qui sonne en permanence au bord de l’incandescence ou de la combustion alors que « Man on the Wire » crée, lui, un paysage inquiétant rappelant PIL ou le Wire de la période Chairs Missing

C’est finalement presque un cycle que Chaudelande évoque ainsi au travers de ses compositions ; la pierre angulaire en est au bout du compte Can ou Amon Düül. Brutal et agressif, il nous interroge nous-même en mettant au bord de notre conscience ces images de chose qui scie sans vergogne (« Tron ») conjuguées au mantra d’un« The Vertical Dead »si pugnace qu’il semble propre à réveiller les morts.

★★★☆☆

25 mars 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Popstrangers: « Antipodes »

Ce quatuor néo-zélandais parte bien mal son nom car il est tout sauf étranger à la pop. Outre cela, on peut avant tout considérer que Popstrangers est un groupe de rock alternatif ayant opté pour une dissonance à la Sonic Youth avec des guitares ténébreuses et des textures acérées. Antipodes est donc un album plein de feedback dynamisant, de fuzz et de distorsion mais Popstrangers est également, un combo capable de canaliser cette énergie en faisant preuve d’une habileté manifeste à traverser de multiples référents musicaux.

Le titre d’ouverture, « Jane », est ainsi un morceau frénétique et sinistre, des vocaux qui parfois sortent du cadre de l’harmonie pour s’égarer dans la discordance et une ligne de guitare qui sonne comme si elle pouvait encore monter plus haut dans l’octave. Mais Popstrangers ont, malgré tout, une sensibilité tournée vers la pop et c’est une chose qui se vérifie au travers de compositions à l’adrénaline mais aussi parcourues par la recherche harmonique comme les ensoleillés « Heaven » ou « Witches ». Popstrangers a également une autre qualité, celle de savoir alterner les climats. Une chanson power pop sera suivie de passages plus mélancoliques ; on en aura un exemple flagrant avec « Roy Brown » qui flotte et, se fracasse à la fois, imbriqué entre mur sonique, guitares qui crépitent et vocaux en reverb.

Produire un album qui soit original, construit impeccablement niveau  « tracklisting », tout en permettant de saisir les influences dont il se réclame est une petite performance. Ça n’est en tous cas pas quelque chose qu’on entend tous les jours et cela mérite bien que nous nous penchions un peu plus vers ce pôle si éloigné et pourtant si proche musicalement du nôtre.

★★★½☆

25 mars 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Sallie Ford & The Sound Outside: « Untamed Beast »

Elle a l’air, avec ses lunettes de bibliothécaire, d’une brave ménagère américaine des années 50 mais le titre de son deuxième album, Untamed Beast, est mille fois plus révélateur du dynamisme de Sallie Ford & The Sound Outside. Des « fifties », la chanteuse a conservé la musique (mélange de rockabilly, de rock and roll et de rock and soul) mais elle y a infusé une énergie rien de moins que diabolique comme pour justifier ce qu’on disait à l’époque de cette musique.

Sallie Ford est, sans doute, une jeune personne charmante mais elle chante comme si elle était tout le contraire (le surfer-rock « Bad Boys » où elle se mesure avec force et intensité à l’étiquette « mauvais garçon ») et, même quand son côté déluré baisse d’un ton (un « Roll Around » dépouillé mettant fin à l’album) , il ne se départit pas d ‘agressivité d’une part (« Rockability », « Addicted », et de « fun » d’autre part (« They Told Me » où elle revendique n’avoir jamais eu un esprit rationnel). Il y a, dans toutes ses compositions, une fraîcheur qui n’a rien à voir avec la nostalgie ou le retro, mais plutôt une mise à jour de ce que le rock and roll originel représentait.

The Sound Outside épaule à merveille ses vociférations, guitares angulaires et nerveuses à la Link Wray, percussions frénétiques ; breff Sallie Ford est un croisement entre la Joan Jett de « I Love Rock & Roll » et Jim Jones Revue.

Il serait superfétatoire de dire que ce disque est bienvenu ; il invite à l’écoute et à la provocation, mais plus encore au swing et à une danse semblable à celle qu’un animal non dressé serait capable d’effectuer !

★★★★☆

25 mars 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Chelsea Light Morning: « Chelsea Light Morning »

Bien avant que Sleater-Kinney ne célèbrent Thurston Moore en chantant « I wanna be your Thurston Moore », le fondateut de Sonic Youth était devenu le musicien emblématique de la scène indie, une sorte de « guitar hero » alternatif reconnu unanimement pas ses pairs. Chealsea Light Moving est le dernier véhicule à une créativité qui ne se dément pas même si cet album éponyme réserve très peu de surprises.

Les deux titres d’ouverture, « Heavenmental » (sic!) et « Sleeping Where I Fall », rappellent respectivement Pavement et Nirvana, le dernier étant même parcouru par des vocaux fracturés à la Kurt Cobain.

Le disque est jalonné par une basse presque heavy-matal, vrombissante, monolithique et incandescente, cédant le passage à des guitares carillonneuses et des mélodies nettes et positives qui interviennent ainsi à contre-point.

Moore a, quant à lui, largement dépassé la cinquantaine mais il parvient, toutefois, à sonner encore comme un adolescent bougon et renfrogné. « Sur « Lip » sa voix est presque un crachement vénéneux avec les mots « too fuckin’ bad » répétés ad nauseum sur fond d’une « anti-mélodie pétulante » ce qui indique en quoi il semble s’orienter vers des schémas post-rock.

Cette évolution se vérifiera sur le meilleur morceau du disque, un « Mohawk » atonal récité comme une prose ; il constituera une alternative bienheureuse à des compositions aussi peu engageantes que l’interminablement terne « Frank O’ Hara Hit ». Tout ceci est « un peu peu » pour cette nouvelle expérience, espérons que ce récent avatar de Moore justifiera plus tard ce qu’en disaient Sleater-Kinney.

★★☆☆☆

25 mars 2013 Posted by | Quickies | | Un commentaire

The Ocean Blue: « Ultramarine »

Cela fait plus de 10 ans que ce quatuor de Pennsylvanie a sorti un disque et, selon l’aveu-même de ses membres, Ultramarine est le fruit d’efforts sporadiques issus d’enregistrements qui se sont étalés à un « pas glacial » comme l’a déclaré leur leader, David Schetzel.

Cela valait-il la peine d’attendre est donc la question qu’on peut se poser implicitement à l’écoute de ce « return album ».

Les douze morceaux qui jalonnent Ultramarine rappellent sans équivoque ce qu’ont été les début du groupe, avec des compositions qui se veulent gracieuses et ascensionnelles, des méandres de guitares en cascades et des claviers riches et prolixes.

On peut y voir soit une résurgence du « college rock » US de la fin des années 80 ou, de par l’atmosphère sentimentale d’un optimisme qui se teinte parfois d’un romantisme mélancolique, des climats qui ne sont pas éloignés de cette pop anglaise de la même période façon House of Love ou même The Smiths.

Climat dont la clarté se nimbe d’un léger brouillard, à l’image du titre d’ouverture, un « Sad Night, Where Is Morning ? » avec des six cordes mélodieuses et des percussions mesurées traversées par la voix aux rebords de la passion de Schetzel.

C’est sur ce délicat équilibre entre manque et pudeur, entre amour et abandon, que l’album va ainsi se dérouler. Il va, la plupart du temps, maintenir cette balance en se gardant d’être trop exacerbé ou débordant d’un sentimentalisme qui irait jusqu’à l’écoeurement ou l’irritation. Sans doute est-il une resucée des deux décades précédentes, mais il laisse espérer que cette réunion de Ocean Blue ne soit pas simplement un coup pour rien ou juste un petit tour avant de s’en aller.

★★★☆☆

25 mars 2013 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Youth Lagoon: « Wondrous Bughouse »

Après la sortie de son premier album en 2010, The Year of Hibernation, la musique de Trevor Powers a été le plus souvent qualifiée de « bedroom rock ». Il s’agissait d’un voyage introspectif et anxyogène dans l’esprit d’un jeune homme de 22 ans. Les titres baignaient dans des arrangements psychédéliques et étaient bâtis autour de riffs mélodiques addictifs. Sur Wondrous Bughouse, les rideaux de la chambre ont été tirés et ils permettent au monde de voir ce qui s’y déroule et de quoi va être constitué ce deuxième opus

Malgré le fait que, popularité aidant, un plus grand soin apporté à une production qui s’est employé à mettre de l’ordre dans un mixage initial brut de décoffrage, Wondrous Bughouse sonne toujours comme un album de Youth Lagoon. La voix de Powers est toujours aussi douce et presque humble même si elle n’est pas aussi plongée dans les « reverb » que surThe Year of Hibernation, et elle continue à résonner comme un écho sur un vaste ensemble de sonorités colorées. Ses compositions demeurent constellées de fuzz psychédéliques qui, plutôt que de les noyer, parviennent à accentuer les mélodies de chaque plage.

Stylistiquement et lyriquement, on retrouvera la même innocence quasi enfantine que sur le « debut album ». Ainsi, par exemple, sur « Dropla » récitera l’antienne « You’ll never die » jusqu’à la faire sonner comme un mantra cassant d’optimisme. Wondrous Bughouse est une continuation partielle de The Year of Hibernation avec une qualité toujours évidente, ce don qu’a Powers pour composer des airs accrocheurs et il sera aisé de se rappeler instantanément tous les riffs mélodiques contenus dans chaque morceau.

Malgré toutes les ressemblances avec le disque précédent, il y a néanmoins un autre rendu sous-jacent qui se révèle à chaque écoute. « Through the Mind and Back », par exemple, semble résonner du poids d’une plus grande attente et d’une impatience forcée ; signe s’il en n’est que Powers à su contourner l’obstacle de l’album sophomore en sachant suffisamment se différencier du premier.

★★★½☆

25 mars 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire