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The Mavericks: « In Time »

Du début à la fin de cet album qui marque la réformation des Mavericks, on peut se rendre compte combien le groupe fait partie intégrante de cette caractéristique américaine fondamentale : le melting pot. Leur leader, Raul Malo, et ses musiciens basés à Nashville empruntent en effet librement et joyeusement aux cultures régionales des Amériques (du Nord et latine) sur un disque qu’il sera difficile d’égaler si on se réfère et on se cantonne à ce genre.

In Time s’ouvre, de façon significative, sur « Back In Your Arms Again », avec une guitare poisseuse et nasillarde baignant dans des échos country et partageant la vedette avec un ukulélé hawaïen râpeux mais au swing impeccablement cadencé. Se mêlent ensuite un clavier Tex-Mex et des timbales qui accompagnent alors une section rythmique à l’élan assuré et définitif. Malo ajoutera au titre sa voix de ténor en falsetto apportant une touche de romantisme à une morceau dont le thème sera la réunion amoureuse mais dont on peut très bien comprendre qu’il fait référence au groupe lui-même.

Cet esprit fédérateur et enveloppant perdurera tout au long des quatorze plages, que ce soit sur la pedal steel affutée et tranchante de « Lies », les mariachis hérissés d’un « Fall Apart » qui célèbre une séparation dans une atmosphère festive que l’on retrouvera sur un « All Over Again » redoutable pépite Tex-Mex. C’est ainsi également que l’on pourrait qualifier ce mini-opéra latino-gospel de huit minutes, « (Call Me) When You Get To Heaven » qui dont on ne peut que regretter qu’il ne termine pas In Time sur un ce qui aurait constitué un merveilleux point d’orgue.

Soulignons enfin, d’une part, l’origine cubaine de Malo qui donne à chaque composition sa faconde chorégraphique, et, d’autre part une production enlevée qui fait comme célébrer un retour qui, dix ans après, ne peut pas être plus « in time » qu’il ne l’est !

★★★★☆

30 mars 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

The Flaming Lips: « The Terror »

Ce nouvel opus des Flaming Lips porte un nom on ne peut plus approprié car The Terror semble vouloir projeter une ombre funeste aux oreilles de qui l’écoutera. Est-ce le fait qu’il s’agisse de leur treizième album ou, peut-être, une sorte de prémonition ? Toujours est-il que les atmosphères psyché-délirantes, « singalong » ou « dream pop » qui nous ont souvent été familières chez ce groupe ont été supplantées au profit d’un album qui exsude un effroi et une terreur et qui ne peuvent que nous secouer physiquement.

La chanson qui ouvre The Terror, « Look… The Sun Is Rising » est pourtant très simple mais elle est carénée par des vocaux qui sonnent comme surgis d’un autre monde, des drumbeats saccadés et des guitares déchiquetées qui lui donnent cette tonalité erratique qui annoncera de quoi la suite va être composée. Le paysage qui nous est ensuite présenté à tout d’une dystopie et, quand, Coyne lance « Do you want control ? Do you really have control ?», il fait éclater ce thème orwellien aux tréfonds et dans les sinuosités de tout l’album. « You Lust » étend son fuzz de treize minutes et lui donne des proportions épiques, à la fois sans âme mais pleines d’humanité au sein de cette frayeur qui nous saisit.

La récurrence de cette notion d’égarement fait de The Terror un « concept album » mais certains passages ont le mérite de pouvoir être pris comme des entités à part entière. « Butterfly » et « How Long Does It Take » semblent flotter dans un continuum différents avec leurs guitares resserrées qui culminent dans un halo de poussière et de vapeur et « Turning Violent » voit Coyne utiliser son falsetto pour insuffler à ses vocaux une expiration hypnotique au-dessus du chaos industriel.

The Terror est un album déconcertant, sans véritable forme mais existant dans son propre vide. Il peut nous alinéer mais il est capable tout aussi bien de nous consumer, de nous paniquer mais aussi de nous apaiser. C’est une fausse journée à travers l’espace, à moins que celui-ci ne soit intérieur. En nous malmenant ainsi il nous laisse exsangues mais conscients que les choses les plus effrayants viennent de nous-mêmes. À ce titre il a cette valeur cathartique qui vaut bien que l’on s’y égare sans nos sens en soient occultés.

★★★½☆

30 mars 2013 Posted by | Quickies | , | Un commentaire