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Duologue: « Song & Dance »

On ne peut pas dire que Duologue soient complexés à démarrer leur premier album par un titre, « Machine Stop », qui pourrait être la copie conforme d’une composition de Radiohead, en particulier les vocaux de Tim Digby Bell. Song & Dance a eu une conception très longue et c’est sans doutepour cela que sa méticulosité lui permet de se montrer capable de transcender ses influences. L’option prise est de mêler rock et electronica mais le groupe londonien a su donner une tonalité qui lui était propre à sa musique.

Le falsetto hanté de Digby Belle apporte une couche supplémentaire de dramaturgie à leurs morceaux, en particulier sur « Cut And Run » qui pourrait très bien être leur titre emblématique.

C’est d’ailleurs à partir de ce moment que la palette sonique du combo se déploie de manière plus conséquente. Le tempo crépitant de « Gift Horse » étaye alors une ballade presque essentiellement acoustique dans laquelle le groupe multiplie vertigineusement son instrumentation (cordes orchestrales). Le résultat est risque et surprenant mais pleinement effectif.

À l’opposé de ce spectre sonore, « Snap Out Of It », conduit par une guitare mordante, se voit donner une ampleur cinématographique par ces mêmes arrangements.

Dans toutes ces démonstrations de puissance, Duologue se montre ainsi à l’aise dans cette faculté à ne pas tout lâcher ; « Endless Limitation » par exemple est une parfaite instance de la façon dont on peut dépouiller les choses au maximum tout en se montrant poignant.

Le groupe avait, à l’origine une approche plus « rock ». Y mêler de l’électronique était donc un défi pour lui. Qu’avec l’aide du producteur Jim Abbiss, ils aient pu maintenir cette constance, y compris dans les titres les plus « dance » (« Talk Shop » et « Push It ») montrent qu’ils sont capables de s’élever au dessus de cette ligne de démarcation et ne peut que nous rendre plus impatient dans la perspective d’un nouvel album…

★★★½☆

29 mars 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Heathers: « Kingdom »

The Heathers se sont fait connaître sur la scène musicale irlandaise avec un premier album, Here Not There, sorti en 2008. Il s’agissait, pour les deux soeurs Macnamara, d’un disque pétri de chanson acoustiques et servi par les exquises harmonies de nos deux jumelles.

Quatre plus tard, la première différence notable réside dans l’instrumentation. Sur Kingdom, aux guitares sèches et au violoncelle, s’ajoutent le concours d’un véritable groupe et l’utilisation de synthés (sur « Gathjer Up » ou « Lions, Tigers, Bears ») qui contribuent à créer un climat beaucoup plus excitant en termes de paysage musical et d’amplitude sonore.

Même si les orchestrations sont impressionnantes ; ce qui reste le plus axial est le duo vocal des sœurs. Elles chantent avec intensité et utilisent judicieusement ne de leurs plus grandes forces, cetet facilité à créer des harmonies à vous couper le souffle. L’exemple le plus flagrant en est un « Underground Beneath » qui bouillonne d’énergie mais ce qui est remarquable c’est que, tout au long de Kingdom, le moindre vers de chaque chanson soit énoncé avec force et passion. Les refrains sont accrocheurs, les mélodies subtiles et il n’en faut, par conséquent, pas beaucoup pour que l’on se sente amené à vouloir les entonner avec elles.

Les textes sont, eux, concentrés sur le doute de soi qui accompagne le fait d’entrer dans un âge plus adulte, ce qui est en adéquation avec une musique plus charpentée. Celle-ci peut parfois s’avérer pourtant quelque peu répétitive et certaines compositions sont moins fortes que les autres (« The Third Rail » ou « Flight »). Reste néanmoins un album dans lequel le positif l’emporte largement tant il exsude honnêteté, flamme et aisance harmonique.

★★★½☆

29 mars 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Josh Rouse: « The Happiness Waltz

Cela fait déjà un certain temps que Josh Rouse n’a qu’un succès d’estime et que son auditoire est avant tout composé de fans. Il y a donc une certaine logique à ce que ce 10° album ait été enregistré avec leur aide financière et que The Happiness Waltz ne les déçoive pas.

On a, en effet, toujours droit à la même pop-folk douceâtre et dont le titre se fait l’écho d’une personnalité apaisée vivant désormais en Espagne.

Curieusement, les touches latines de ses précédents disques ont disparu et Rouse est revenu à une musique teintée de country. On trouve ainsi de la pedal steel sur le titre d’ouverture « Julie (Come Out Of The Rain) » et le producteur Brad Jones qui avait aidé le chanteur sur ses albums les plus mémorables, 1972 et Nasville, contribue à créer un son clair et pur s’assurant de cette manière à ce que chaque morceau soit « radio friendly ».

La voix de Rouse a, également, toujours cette suavité rappelant Paul Simon, par exemple sur le charmeur « This Movie’s Way Too Long » mais une composition comme « A Lot Like Magic » n’est pas loin de tomber dans le « easy-listening » en raison de son côté trop sucré.

Si on est à la recherche d’un peu moins de joliesse, il faudra se contenter de « The Ocean », émouvante ballade bercée par une pedal steel et dont l’atmosphère se fera mélancolique et d’un « Our Love » emprunt d’une humeur chagrine.

Rouse a choisi depuis longtemps de s’éloigner de tout ce qui pourrait être évocateur d’une colère rentrée façon Ryan Adams ; il se contente de traduire sans amertume et de manière enlevée ce que c’est que d’être dans le contentement. Sa pop peut se faire parfois entraînante mais, pour l’artiste et pour nous, ça n’est qu’un album de plus, indiscernable des autres et enraciné dans la confort et la routine.

★★½☆☆

29 mars 2013 Posted by | Quickies | | Un commentaire

The Virgins: « Strike Gently »

Depuis le premier album du groupe en 2008, il s’est passé beaucoup de choses pour The Virgins, en particulier son leader Donald Cumming. Ce dernier a été atteint par une crise de confiance et le groupe s’est séparé de son label pour rejoindre celui de Julian Casablanca, Cult Records, et dont Strike Gently est la première sortie.

Dès l’ouverture, avec « Prima Materia », on est surpris par la connotation « laid back » du titre. La tonalité est down tempo, la guitare sonne presque comme celle de Mark Knopler et ce titre va donner le la pour tout le reste du disque.

Hormis la (très) légère touche disco de « Flahback et « Memories and Dreams », le reste de l’opus a un parfum vintage et rétro indéniable. Les rockers comme « Travel Express (From Me) »sont comme en sourdine et véhicule une atmosphère introspective avec un solo de guitare dont les méandres sont signe d’interrogation et tout comme « Then There’s The Beggar », le climat est à la lassitude et la résignation.

Quelque part, The Virgins est un tout nouveau groupe et il se lance vers des quelque chose de presque plus détendu et réflexif (les cuivres de « Impression Of You », la similitude avec Dire Straits sur « Figure On The Ice »). Le disque se terminera d’ailleurs sur un « Rose Tatoo » qui frise avec le easy-listening et qui semble vouloir dévoiler la palette crooner de la voix de Cumming.

Strike Gently est une excellente réinvention des Virgins. En tant que « sophomore album » il montre à quel point le groupe est passé à autre chose. Débarassé de ses tendances disco, il semble aborder un nouveau style qui, si il n’est pas aussi enflammé que le précédent, a le mérite d’être plus touchant voire même poignant de par l’intériorisation dont il fait preuve et le discernement que, conséquemment, il révèle.

★★★½☆

29 mars 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire