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Camper Van Beethoven: « La Costa Perdida »

Entre Cracker et Camper Van Beethoven, David Lowery a toujours eu du mal à mettre en contexte son approche faite d’éléments hétéroclites (punk, folk, ska, world music) même si il a été un des composants essentiels dans la naissance du rock indie américain. Avec La Costa Perdida le groupe semble redémarrer de là où il était parti (beaucoup d’auto-indulgence dans l’album précédent New Roman Times en 2004) et donne l’impression de nous envoyer une carte postale un peu frelatée de son repaire vers San Francisco.

Cet album est toujours aussi « freak rock » mais il semble avant tout jouer avec sa propre mythologie. Le problème est que, alors que sur l’opus précédent, il y avait encore une faconde qui rendait l’album attachant, avec La Costa Perdida toutes ces idiosyncrasies envahissent les plages et que les compositions sonnent finalement comme un fourre-tout aléatoire et non maîtrisé.

Un exemple en sera la tentative de psycho-blues « You Got To Roll » où Lowery ne va pas assez loin dans sa volonté d’émuler Captain Beefheart alors que quand il s’affranchit de volonté extravagante, le groupe est capable de délivrer des compositions propulsives comme « Come Down The Coast ». « Peaches In The Summertime » et « La Costa Perdida » plairont aux vieux fans du groupe mais montreront aussi que Camper Van Beethoven est resté figé dans un anti-conformisme si rituel qu’il en devient conventionnel. Le legs de CVB a été, depuis, repris par des artistes comme Beck et on ne peut que déplorer que rien ne permette de distinguer aujourd’hui Lowery et son gang d’une myriade de groupes jouant sur le déstructuré, le décalage et le disparate.

★★½☆☆

27 février 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Golden Grrrls: « Golden Grrrls »

On attendait avec une certaine impatience le premier album éponyme de ce trio indie-pop basé à Glasgow après le buzz occasionné par la tournée qu’il avait effectuée avec Sea Lion. Golden Grrrls va s’avérer être un disque composé presque comme une collection puisqu’il sera construit comme un assortiment de chansons pop qui se veulent infectieuses et entraînantes.

Les morceaux baignent dans des guitares « noisy », crispées, aux tonalités brouillées et avec de la reverb qui semble vouloir occuper chaque portée musicale, des percussions relâchées au point de sonner désinvoltes et des vocaux dont l’esthétique bricolage sera partagée entre Rachel Aggs et le guitariste Ruari MacLean.

Golden Grrrls donne le sentiment d’être un groupe pop par essence déluré, flirtant avec son auditeur par ses vocaux mais dont le mur sonore ôte toute sensation de roucoulade.Les onze morceaux ne dépassent pas 27 minutes accentuant encore cette impression d’instantanéité volatile et inconséquente. « New Pop », « Paul Simon » ou « We Got… » sont obligeants; concis et immédiatement addictifs ; exemples d’un groupe qui semble s’être amusé pendant ses sessions d’enregistrement.

Au chapitre des influences on pourrait citer The Delgados ainsi que The Pastels même si Ruari McLean revendique l’héritage de plusieurs groupes néo-zélandais. Il est certain qu’on pourrait être tenter de réécouter à la place des Golden Grrrls les premiers albums des Delgados mais l’exubérance et la poursuite incessante de la chanson pop simple, « fun » et efficace mélodiquement fait qu’il est, finalement, difficile de ne pas apprécier notre trio.

★★★☆☆

27 février 2013 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire