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Torres: « Torres »

L’histoire de ce premier album éponyme de Torres (Mackenzie Scott,22 ans, native de Nashville) est assez instructive. Sa famille s’est cotisée pour lui offrir une Gibson et lui permettre d’enregistrer un disque, chose faite en cinq jours en Louisiane. Scott n’avait pour ambition que de faire entendre sa musique et, vu sa modestie, on est agréablement surpris que Torres soit aussi brut et prenant et qu’il explore avec une telle acuité les émotions humaines les plus basiques.

À partir d’arrangements très simples et le plus souvent dépouillées, elle utilise une voix aux multiples facettes et parvient ainsi à faire entrer l’auditeur dans les moments les plus intimes de sa vie. Ce peuvent être des banalités du quotidien (une chute d’eau, des cendres de cigarette dans une tasse à café, la confusion de se trouver devant une maison inconnue) mais à partir de ceux-ci, tout personnels qu’ils soient, se dévoilent des thèmes qui parlent à tout le monde , le chagrin amoureux, la peur, la crainte d’être rejeté ou l’amour de soi.

« Mother Earth, Father God » qui ouvre l’album avec des cordes languissantes sur un fond de distorsion et des vocaux solennels résume à lui seul ses diverses influences. On sent le façon d’enregistrer assez crue de Chan Marshall tout comme son phrasé habité, les trilles fleuries de Joanna Newson, tout comme la voix puissante et sensuelle de Alela Diane ; tout cela sur une juxtaposition de sons électriques et acoustiques. C’est un titre qui annonce avec force un album consumé par des colères multiples, des percussions implacables et des violons aux tonalités sinistres. Que le tout soit filtré et adouci par une perspective qui demeure toujours axée sur l’« americana » rend le morceau d’autant plus envoûtant.

Cette introduction n’est pourtant qu’un avant-goût d’un album qui va se révéler au fil des plages de plus en plus aventureux. Scoot est parfaitement à l’aise pour trouver sa voix et, en partant de cette aisance, est capable de prendre des décisions instrumentales hardies qui surprennent et charment formant un patchwork d’idées musicales sur lesquelles ses histoires prennent vie.

« Honey » est la premières de trois compositions qui explorent avec ferveur le chagrin qui peut souvent accompagner la passion. Le timbre des vocaux fait preuve d’expressivité en soi tant il dénudé et poignant et que les arrangements suintent la tension comme le feraient des gouttelettes d’eau tombant sur une surface à intervalles irréguliers. Les mots sur « Honey » sont délivrés doucement au départ puis, peu à peu, la composition montre ses dents quand la voix de Scott se fait dure et rocailleuse. Une nouvelle dimension s’ajoute alors quand ce mélange de supplication et de rancoeur s’étale sur un mur sonore qui semble palpiter. Ces orchestrations incarnent à merveille ce que peut être l’état mental d’une personne traversée par le tels tourments et ces efforts surhumains faits pour rester calme alors que tout est ravagé à l’intérieur de soi. Elle le font avec justesse,on pourrait presque dire timidité, et ne versent jamais ainsi dans l’outrancier.

C’est avec la même exactitude que Scott va explorer les complexité des sentiments humains sur un « Jealousy & I » qui hésite entre les larmes et la recherche d’un réconfort ou comme sur « November Boy » dont l’atmosphère tremblant accentue ette introspection faite de solitude.

La deuxième partie de l’album se voudra plus vive et électrique. « When Winter’s Over » est un titre rock assez direct dont le climat est néanmoins perturbé par des boîtes à rythme et des vocaux « chill out » à vous couper le souffle. « Don’t Run Away, Emilie » et « Come To Terms » monterront que Torres sait également rebondir avec légèreté et délicatesse même si la chanteuse ne s’éloigne jamais de son phrasé passionné.

Torres est un album qui palpite de vie comme si il ne pouvait avaoir été écrit par quelqu’un d’autre . C’est d’ailleurs le cas tant s’en dégage compréhension, maturité et confiance, candeur et en même temps exhibition à fleur de peau. On peut penser que Scott s’est jetée à l’eau pour enregistrer ce disque ; à y bien penser on peut juger qu’elle a eu mille fois raison de le faire.

25 février 2013 - Posted by | Chroniques du Coeur |

Un commentaire »

  1. […] ou Mackenzie Scott, est une chanteuse compositrice de Macon en Géorgie. Son premier album, Torres, lui a très vite donné la réputation d’être une artiste aussi douée pour la compositions […]

    Ping par Rapid Talk: Interview de Torres | No BS: Just Rock & Roll! | 28 avril 2014 | Réponse


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