No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Psychic Ills: « One Track Mind »

Psychic Ills, voilà un nom qui fleure bon certains acides et il est vrai que, après avoir flirté avec le rock expérimental, ce duo de New York semble avoir dérivé vers ce que son album précédent voulait dire , à savoir des rêves brumeux (Hazy Dreams).

Sur One Track Mind, là encore le titre de ce nouvel album est porteur de sens. Avoir l’esprit focalisé vers une unité de son est en effet une façon adéquate de signifier en quoi le groupe a décidé de s’enraciner vers le « stoner rock ». Les lignes de basse sont hypnotique et menaçantes, les parties de guitares sont noisy et saturées comme pour amplifier le monolithisme des compositions. « One More Time » annonce fort justement un album qui se voudra être un hybride entre Spacemen 3 et The Gun Club. Les climats répétitifs (« See You There ») ou mystérieux (« FBI ») souligneront en quoi des vocaux noyés sous des chambres d’écho, des bandes passées à l’envers ou des échappées bluesy que n’auraient pas renié le Blue Cheer de Vicebus Eruptum sont capables de faire bon ménage avec un psychédélisme qui privilégie l’assaut sur les sens plutôt que la sophistication de la British Psychedelia.

Il n’est en effet ici pas question de subtilités mais de volonté d’asséner à l’auditeur un rock batailleur et calamiteux. De ce point de vue on pourrait presque avancer l’idée que One Track Mind est un « road album » sur des sentiers hallucinogènes et non balisés. Soulignons, à cet égard, la production de Neil Michael Hagerty de Royal Trux. Elle est capable d’encadrer les dérives acoustiques tout comme les freak out de guitares déjantées capable, à elle seule, de donner un semblant se structure à des compositions qui se veulent sauvages et débridées. On serait bien en peine de trouver à redire à une démarche qui, quelque part, se situe encore dans l’expérimentation. Elle a simplement substitué à la rigueur clinique une volonté de puiser une inspiration vers un imaginaire que, n’en déplaise aux cuistres, seul un inconscient peut véhiculer.

★★★☆☆

21 février 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Darwin Deez: « Songs for Imaginative People »

 

Sur son premier album éponyme, Darwin Dee était peçu comme un « hipster » de Brooklyn, amalgame savant où se mêlaient les influences de Beck (pour les influences déjantées) zr de Prince pour certains vocaux appuyés et nourris de rythmes guitar-funk.

Avec Song for Imaginative People, l’artiste montre qu’il essaie de dépasser cette image en allant encore plus loin dans le « songwriting » non-conventionnel et en agrémentant son jeu de guitare d’autre chose qu’une mise en avant de riffs clairs et nets à la Purple Rain.

De Prince, Deez ne garde au fond qu’une pochette fort similaire à une photo de ce dernier (petite moustache, cheveux bouclés) et se concentre avant tout sur la Composition. À cet égard, l’instrumentation va se faire plus discrète (les interventions à la six cordes sont placées en arrière plan) et les structures des morceaux vont continuer à aller vers de plus en plus de complexité. Si le côté Prince est un peu sous l’éteignoir, l’influence Beck va s’approfondir. Au-delà des titres qui sont tout sauf directs, les orchestrations vont se faire sous forme de couches qui se superposent les unes aux autres en adoptant, de toute évidence, le principe du copier/coller.

Le résultat est assez allègre, facétieux parfois musicalement (l’artiste semble vouloir éviter toute incursion vers la pop en usant de breaks et de ponts sur chaque morceau), mais en adoptant un schéma répétitif et une narration sur le mode de la conversation, Deez essaie de donner une plus grande épaisseur introspective à ses textes.

On ne peut qu’apprécier ce talent de production, tout comme ce jonglage permanent entre une approche « arty » et une autre, plus élémentaire. Deez semble avoir laissé de côté la « slacker » attitude en s’investissant plus sur l’humeur de l’album que sur la volonté de composer un « single ».  En cela il montre qu’il ne craint pas d’irriter et de dérouter ce qui est de bon augure quand il s’agit d’une deuxième album.

★★★½☆

21 février 2013 Posted by | Quickies | , , , | Laisser un commentaire