Rapid Talk: Interview de Maston.

Avec Shadows, Maston a frappé très fort dans le genre de la musique psychédélique «  ambient  » mais façonnée par une esthétique californienne très sixties. Les facettes qu’il en explore en sont à la fois familières et originales  car plus cinématographiques ; il explique ici de quoi est fait son art.

Quelles sont vos premiers souvenirs musicaux  ?

Ma famille n’était pas musicienne mais ils adoraient ça et avaient une énorme collection de CDs. Je me souviens très bien en avoir toujours entendu et avoir regardé lles pochettes dès 3 ou 4 ans. Je me souviens celles de Sgt. Pepper’s, de Help  !, Face Value de Phil Collins, des albums solos de Sting. La chanson favorite de mon père était «  Our House  » de Crosby, Stills, Nash & Young et c’est la première que j’ai apprise à jouer au piano.

On parle de vous en citant Van Dyke Parks ou Ennio Morricone mais quelles sont vos véritables influences  ?

Les plus fondamentales sont Brian Wilson, les Beatles, Joe Meek, Phil Spector et Burt Bacharach. Quand on parle de tonalités et d’arrangements il y a une aire où touts ces artistes se chevauchent et ça semble être là que mes chansons existent. Je reste, par conséquent, très attaché à certains types d’enregistrement. Ce qui dicte mon écriture, ce sont mes goût et Van Dyke Parks ou Morricone en font aussi partie. J’ai écouté pendant des mois la musique qu’il a composée pour Diabolik. Aussi quand je travaille, il s’agit avant tout pour moi de prendre comme point de départ une musique que j’ai entendue et appréciée., même s’il ne s’agit que d’une «  vibe  ».

Ambitionnez-vous de donner une qualité cinématographique à votre musique  ?

J’ai toujours adoré les bandes originales de films. Ce sont les premiers disques que j’ai achetés et j  ‘en écoute encore toujours beaucoup. Il est certain que ça a eu une influence massive sur ma façon d’arranger et d’écrire de la musique instrumentale. J’ai travaillé sur quelques petits films au piano et ça demeure mon rêve, mais ce sera après quelques autres albums. La manière dont je compose est très adaptée à cet art et je me demande à quoi ressembleront mes prochains disques de pop à cet égard.

Vos enregistrements respirent la confiance comme si vous saviez déjà à quel son vous souhaitiez aboutir. Quelle a été votre évolution en tant que musicien  ?

Je crois que c’est lié au fait que mes goûts ont toujours été très clairs J’ai appris la guitare et le piuano tout seul dès 14 ans et, même si ce que j’écoutais à l’époque est très différent de ce que j’aime aujourd’hui, je crois que j’aurais adoré, à l’époque, être exposé à ce que mes goûts sont aujourd’hui  .J’ai donc progressé musicalement tout en développant mes préférences très vite. Peu à peu elles se sont affinées et je n’ai pas varié depuis que j’ai eu une vingtaine d’années.

Il m’a fallu surtout améliorer mes talents d’écriture et de production pour être au niveau des sons et ça m’a pris environ 7 ans pour avoir le sentiment de faire une musique ayant de la substance. Mes premiers enregistrements n’étaient pas différents stylistiquement mais juste non developpés. Je voulais des cuivres et des bois, j’en ai donc achetés et me suis appris à jouer les parties que j’avais en tête. Même chose pour les claviers et les percussions. Si j’identifiais un son et s’il me plaisait j’essayais ensuite de le reproduire.

Et vous y parvenez ou reste-t-il encore dans votre tête ?
J’ai la chance de pouvoir traduite ces idées. C’est pour cette raison que j’aime travailler seul. Vous n’avez rien à expliquer et vous pouvez vous concentrer sur le son. Sur cet album, je crois que tout sonne comme je l’imaginais.

Jusqu’à présent mon plus grand problème a été les limites techniques. J’aimerais utiliser un équipement plus fiable et il y a des tas d’instruments pour lesquels j’ai des idées mais que je ne maîtrise pas encore. Je crois que, la prochaine fois, j’utiliserai des musiciens pour les cuivres et les bois de façon à écrire des parties plus élaborées.

Comment avez-vous été signé ?

Mon label Trouble in Mind avait entendu mon EP Voyages ainsi que mes « posts » sur « Bandcamp ». En outre, à l’époque je jouais de la guitare pour un groupe assez demandé à Los Angeles. J’ai enregistré et tourné avec eux aussi Maston avait été mis entre parenthèses. Ensuite je me suis remis à faire quelques shows en, solo et c’est à ce moment qu’ils m’ont contacté. Je ne pouvais rêver meilleur « timing » et meilleur feedback de leur part. Ils comprenaient vraiment ce à quoi je voulais aboutir.

En quoi vos approches différent-elles quand vous jouez sur scène avec un groupe ?

Quand j’ai sorti le EP Opal j’ai essayé de faire des concerts avec juste quelques pédales d’effets. Il n’y avait rien de pré-enregistré. J’avais juste un micro pour passer d’une pédale à l’autre pendant que je jouais en j’ajoutais toutes les couches l’une sur l’autre. C’étais étrange mais « fun » et pas très différent de ce que je faisais sur disque.

Je me suis, ensuite aperçu que c’était assez restrictif pour moi car je ne pouvais jouer toutes mes compositions et qu’on me demandait de passer dans des plus grandes salles. J’ai donc formé un groupe. On a joué sporadiquement quelques mois car ils avaient aussi des engagements. Maintenant nous fonctionnons à plein temps et ce sont quatre excellent musiciens. Ils apportent une énergie que je ne pourrai véhiculer seul. C’est très gratifiant d’avoir une réaction immédiate de gens qui partagent mes idées alors que sur disque on joue sur le long terme.

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :