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Coheed & Cambria: « The Afterman: Ascension » & « The Afterman: Descension »

Un double album dont le deuxième élément sort, comme annoncé, quelques mois après le premier, cela fleure bon le « concept album ». Quand on sait, en outre, que Coheed And Cambria annoncent une couleur mystique et une quête existentielle, on se dit qu’on va avoir à faire à un opus de hard-rock voisinant avec l’épique.

On ne se trompera qu’à moitié puisque le groupe prend bien soin de mâtiner son heavy-metal de tonalités électroniques et d’emo rock.

The Afterman Ascension puis Descension disent déjà par leurs titres qu’il s’agit d’une musique qui sera mélangée à une histoire de science-fiction futuriste.

Le résultat sera sans surprises : long voyages dont la musicalité se trouvera dans la dramatisation et les effets spéciaux, ambiances sinistres véhiculées par des riffs hérités des valeureux Hawkwind et des vocaux spectraux, gros chorus de guitares épaulés par des tons qui se font déclamatoires, bref Coheed And Cambria nous offrent toute la ribambelle de procédés qu’on était en droit d’attendre du genre.

Il ne s’agit pas de le dénigrer, les « concept albums » sont en soi des idées intéressantes, simplement on a le sentiment que le groupe est prisonnier d’un style pompeux qu’il a choisi mais aussi d’une histoire qui, sans doute à ses yeux, justifie son emploi.

On serait bien en peine alors de trouver des nuances, parfois des intros ou des outros très brèves, la seule de taille étant le fait que Descension semble vouloir se caractériser par une vitesse d’exécution de plus en plus vertigineuse.

S’il s’agit d’inquiéter et de hanter, le combo parvient aisément à son but. Ce qui clochera de façon indélébile est que, pour nous, l’essence fondamentale du concept à savoir son intrigue restera obscure et, qu’en outre, l’ambition dont fait preuve le groupe ne trouve pas sa traduction dans un schéma musical plus inventif.

On aurait aimé meilleur usage de l’électronique, on aurait apprécié un plus grand sens des subtilités harmoniques. Les amateurs de grandes fresques musicales se satisferont de ce double opus, les autres préfèreront qu’à jouer sur les disjonctions et les marges le groupe adopte une attitude moins monolithique et emphatique.

★★☆☆☆

15 février 2013 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Sin Fang: « Flowers »

On peut être leader d’un groupe de sept musiciens, les Islandais de Seabear, cela n’empêche pas Sindri Már Sigfússon de sortir des albums sous son propre pseudonyme, Sin Fang. Flowers en est le troisième. On aurait, à cet égard pu penser que travail en solo allait faire un contrepoint avec un ensemble aussi étoffé ; il n’en est rien tant ce nouvel opus véhicule tout hormis dépouillement et impression de solitude.

Musicien hésitant, il s’est évertué à développer une véritable méthodologie dans ses compositions. Sur Flowers, le résultat en fait un opus abouti et baignant dans l’assurance.

S’emparant des paysages propices à la contemplation de son île, il s’efforce de créer une atmosphère de beauté mystique, nimbée à la fois dans le folk, la pop et la psychedelia. Les arrangements sont amples, formés de multiples couches où synthétiseurs, guitares, percussions et vocaux cultivent l’art de la résonance, un écho amplifié qui n’a pas besoin de pousser le volume. Le son est riche tout en conservant une qualité virginale, à l’instar du fragile « Young Boys » ouvrant Flowers et qui sera emblématique des fluctuations entre percussions et cordes ou vocaux et choeurs qui vont parcourir l’album.

Fluctuations ne veut pas pour autant dire fluidité et c’est dans ce contraste voulu que la musique de Flowers va s’avérer surprenante. La transition vers « What’s Wrong With Your Eyes » va se faire sans efforts mais avec mise en relief de la dissonance qu’elle affiche avant de sombrer dans une orchestration classique tout comme « Look At The Light » laissera perméable à l’oreille drones et percussions qui traversent des vocaux timides et ondoyants.

Chaque morceau apportera ainsi sa note de distorsion, créant ainsi un bien joli halo de complexité. Exemple idéal de « crossover » classique / psychedelia ; Flowers porte bien son nom par la variété des couleurs qu’il imprime à notre écoute.

★★★½☆

15 février 2013 Posted by | Quickies | , , , | Laisser un commentaire