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Chris Stamey: « Lovesick Blues »

Chris Stamey est une anomalie, non pas pour ses qualités musicales mais par le fait qu’il fait partie de ces héros du rock alternatif et que très rarement soit faite de son influence. On le trouve pourtant ses les catalogues de Big Star, R.E.M., Ryan Adams et d’indénombrables autres artistes.

Le retour des dB’s l’année dernière a apporté au groupe et à Stamey la reconnaissance qu’ils méritaient depuis longtemps et on ne peut qu’espérer que Lovesick Blues, le premier effort solo de Stamey depuis 2005 et sa collaboration avec Yo La Tengo, rencontre la même attention.

La chanson titre est une référence appropriée à l’itinéraire que l’artiste a suivi au long de sa carrière et elle marque avec force ce qu’est Lovesick Blues. Il s’agit, à cet égard, d’un album qui le propulse au rang de réel chanteur compositeur interprète pour la première fois. Le plus se fera par les somptueuses orchestrations qui parsèment le disque sur la plupart des compositions. « Anyway » et « I Wrote This Song For You » sont de titres de toute beauté avec juste le degré d’écorchure qui convient à de tels morceaux tout comme « You n Me n XTC » est la parfaite chanson hommage que deux artistes pourraient mutuellement s’adresser.

Au fond, le problème avec Stamey est qu’il a, trop longtemps, été associé avec tous ces artistes à qui il a permis de briller. D’une certaine manière le troisième album des légendaires Big Star a occulté sa présence, tout comme elle a été totalement mise sous l’éteignoir avec le I Am The Cosmos de Chris Bell.

Lovesick Blues est, en quelque sorte, une réappropriation convaincante de son statut. Elle montre qu’il est fin prêt à l’endosser pour de bon ; ne reste plus aux fans éclairés d’être capables de continuer à l’accompagner.

★★★☆☆

9 février 2013 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

My Bloody Valentine: « mbv »

On va essayer de remettre les choses dans leur contexte avec ce mbv (notez les minuscules) premier album de My Bloody Valentine depuis 22 ans. Dire que c’était un retour attendu réduit sérieusement le cercle de ceux pour qui ce disque est un événements aux tenant d’un rock « incorruptible ».

En d’autres circonstances on aurait salué un nouvel opus de, disons Led Zeppelin ou du Pink Floyd, comme une manœuvre commerciale de groupes ayant le statut de dinosaures. Il est certain que My Bloody Valentine n’en a jamais été un car une des caractéristiques du dinosaure est précisément d’avoir régné. Ce n’est pas le cas de nos précurseurs du noise rock ou du shoegaze dont la renommée n’a jamais dépassé le cercle de ceux pour qui ils ont fait école.

Que mbv soit auto-produit est un autre signe, symptomatique du fait que My Bloody Valentine n’intéresse plus grand monde aujourd’hui(si tant est que son audience ait été, un jour, large). Cet ensemble était, au même titre que Jesus & Mary Chain, un pionner dans un sous-genre, point barre. Il n’a jamais été fédérateur aussi la ferveur bruyante qui accompagne chez certains ce nouvel opus est bien disproportionnée si on considèrel’importance qu’elle a.

Passons maintenant à la musique et, si on peut dire qu’elle est atemporelle, c’est sans doute parce qu’elle n’a pratiquement peu varié. « Is This And Yes » propose une atmosphère « space » sous fond d’orgue et de vocaux féminins éthérés et on se surprend à penser que ce pourrait être du Radiohead singeant le Pink Floyd. « She Found Now » qui ouvre mbv est comme un test de Roscharch dont on connaitrait la signification tant elle est familière et n’ouvre auvcune autre porte, « If I Am » tente de renouveler la dream pop mais les quelques passages où le groupe s’y exerce à la dissonance sonnent plus comme des accidents et, si « New You » se veut plus enlevé, son schéma répétitif est laborieux prisonnier qu’il est dans cette option de rendre perpétuellement les climats indiscernables.

« Only Tomorrow » est fabriqué sur le même moule que celui qui constituait Loveless leur album précédent (en 1991!) et, si le groupe va tenter quelques variations, elles s’avèreront bien tardives dans la continuité de l’album. « In Another Way » assumera ainsi la dissonance plus qu’en filigrane et parviendra tant bien que mal à véhiculer une ambiance industrielle plus accrocheuse et « Wonder 2 » terminera l’album sur un freak out où les voix traficotées se font, paradoxalement plus audibles, et dans lesquelles on trouve des intonations, furtives hélas, qui rappelleront le « Revolution 9 » sur le White Album des Beatles.

mbv finalement ne fera qu’emprunter le chemin qu’il a créé avec ses disques précédents, conforter une démarche qu’il maîtrise parfaitement, approche sans risque dont on se demande si elle a une quelconque utilité.

Quelle finalité donner alors à cet album ? S’inscrivant dans la mouvance du rock « indie », il est évident qu’il nobéit pas à des impératifs commerciaux (le pourrait)il d’ailleurs?). Peut-être que le « shoegaze » revenant plus ou moins à la surface, My Bloody Valentine a tenu à rappeler son existence. Après tout, qu’on soit un artiste « grand public » ou « alternatif » on a toujours besoin de reconnaissance. Que My Bloody Valentine n’ait jamais été un groupe communicatif n’entre pas en contradiction avec ce désir de feedback (terme approprié dans le cas du groupe), mbv ne changera rien à cet égard à la perception qu’on peut avoir d’eux et de leur musique.

9 février 2013 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire