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Interview de Yo La Tengo: L’Indépendance de la Variabilité.

On a toujours défini Yo La Tengo comme la quintessence du groupe pour critiques. Ils sont connus pour une approche de la musique avant-gardiste et pour avoir toujours résisté à la tentation d’être perçus comme des rock stars. Ils ont, au contraire, continué à s’en tenir à leurs propres règles et c’est sans doute cette intégrité qui fait d’eux autre chose qu’un groupe culte pour les deux générations de fans qui l’ont écouté. Ira Kaplan, un des fondateurs du combo, parle de cette démarche passée au prisme de leur tout dernier album, Fade.

ur Big Day Coming, le documentaire qui vous est consacré, vous sembliez réticents à faire un nouvel album. Pourtant Fade est perçu comme un disque direct, personnel et cohérent. Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis?

Je ne crois pas que nous ayons été jamais ambivalents par rapport au fait d’enregistrer. Vous vous référez à une période où Matador nous demandait un autre disque. On a été les voir et on leur a dit: «Voulez-vous des «singles»,? Voulez-vous que l’on fasse des morceaux à télécharger? Comment souhaitez-vous que notre musique soit diffusée?» On avait envie que les choses soient claires. Il nous ont répondu qu’un album c’était très bien. On a donc sorti Fade

Un jour vous avez déclaré que le groupe avait réellement démarré sur l’album Painful. Depuis vous avez toujours travaillé avec Roger Moutenot; or ici vous avez pris John McEntire pour le production…

Comme nous avions décidé de travailler ensemble il nous semblait naturel d’enregistrer dans son studio, à Chicago. Je en sais pas trop pourquoi, l’idée nous semblait bonne et on en a pas creusé les raisons. On le connaît depuis pas mal de temps, et quand l’idée de travailler avec lui est venue, ça nous a semblé être une bonne décision. John a un emploi du temps très chargé mais on a eu la chance de pouvoir être s’y glisser.

Vous aviez pensé à d’autres producteurs?

Non, ça n’est pas comme si on avait délibérément décider de ne plus travailler avec Roger. L’idée initiale était d’utiliser John et pas de nous séparer de Roger. Je ne sais pas, par contre, ce qui serait arrivé si John n’avait pas été disponible.

Fade rappelle des albums comme I Can Hear The Heart Beat As One ou … And Then Nothing Turned Itself Inside Out. Il est pourtant plus complexe d’autant que certains des musiciens les plus expérimentaux de Chicago y participent. Est-ce que ceci ainsi que l’équipement dont vous disposiez au studio Soma ont modifié le son par rapport à la la vision préalable que vous aviez?

Je ne sais pas trop pour les musiciens car ils sont surtout bossé sur des parties qu’on avait déjà travaillées. La seule exception en est le passage où figurent des cordes sur «Is That Enough?» Jeff Parker s’y est collé, c’est donc là qu’on peut parler d’une influence de Chicago. En ce qui concerne le studio, je suis certain qu’il y a eu un impact. Il m’est pourtant difficile de pouvoir l’évaluer. Quand vous êtes dans un processus où les idées affluent, une chose en amène une autre… Il y a eu un crescendo c’est certain et John y a largement contribué. Je sais que c’est là sans pouvoir préciser ce qui a contribué à telle ou telle chose…

C’est aussi l’album le plus court depuis Painful avec des morceaux très brefs également. Était-ce délibéré?

La longueur des titres n’a pas été une décision consciente. Il en a été autrement pour la durée du disque. On avait déjà tenté de le faire sur nos deux précédents albums; à force d’essayer on y arrive!

Pensez-vous que ça puisse être lié à John McEntire?

Je ne crois pas… Déjà nous sommes entrés en studio avec moins de compositions. Il y a eu un moment où on a juste cessé de composer car on n’avait pas confiance en notre capacité à ôter des éléments du disque. On avait noté qu’une fois certaines choses enregistrées, on avait du mal à s’en séparer. Finalement on, a quand même enregistré trois titres qui ne figurent pas sur l’album. La chose a été plus facile une fois qu’on a réalisé qu’on pouvait s’en tenir à un album simple. Une fois une chanson supprimée, ça a été plus aisé ensuite…

Cela peut-il changer la nature de concerts?

Sans doute oui. De toutes façons on souhaitait approcher les choses différemment mais il est délicat encore de dire en quoi.

Sur scène, il est plus facile de s’étendre et de se lâcher; vous est-il arrivé de créer des chansons avec, en tête, le côté «live», surtout si on pense à des arrangements plus amples?

Non, on ne pense jamais à cela. On essaie juste d’interpréter un morceau vous savez, enregistrer ce qu’on aime. Le disque achevé, on pense maintenant à la meilleure façon de l’aborder sur scène et tout n’est pas aussi fluide que ça…

Vous avez insisté sur le fait que Fade était un effort de groupe. Est-ce que la façon de composer de Yo La Tengo a changé au fil des ans?

Je crois que ça a été le cas depuis Elect-O-Pura. En même temps notre approche a évolué. Notre liberté de faire certaines choses s’est plus épanouie. Nous nous en accordons plus. Je ne veux pas dire plus de choses mais l’idée que nous pouvons plus nous le permettre…

En quoi faire la musique du documentaire «live» The Love Song of R. Buckminster Fuller a-t-elle été différente du fait de créer d’autres bandes-sons?

Comme on travaillait plutôt intensément sur le disque à l’époque, on n’a pas eu autant de temps qu’on le souhaitait. Normalement on compose une musique, on l’envoie au réalisateur, on regarde ce qu’il en dit, on le renvoie, etc. C’est un processus de va et vient. Comme on n’avait pas trop de temps, on a fait quelques sessions assez intenses avec Sam Green le réalisateur à Hoboken. On jouait et on avait tout de suite son feedback. Parfois on entendait des choses que, lui, n’entendait pas. Parfois c’était le contraire. Toute cela nous obligeait à nous réajuster très vite et avec une plus grande charge émotive je crois. Il y a aussi un autre aspect dont je ne sais pas à qui il est dû. Ici la musique est plus composée que sur d’autres bandes-sons où l’atmosphère était plus importante. Sur ce documentaire, tout devait être très spécifique et on ne pouvait pas rester dans le flou. Cela nous a fait comprendre certaines choses en matière de composition. Imaginez ensuite ce que ça serait d’avoir à les rejouer…

28 janvier 2013 - Posted by | Conversations

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