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Christopher Owens: « Lysandre »

Pour l’ex membre des Girls, Lysandre est à la fois un « concept album » et un disque de romance trempé dans sa réalité. Lysandre est en effet le nom de cette jeune femme qu’il rencontra en France lors d’une tournée de son groupe d’origine et qui, plus ou moins directement, sera la cause de la dissolution des Girls.

Sur cette première expérience solo, Christopher Owens s’emploiera à faire part, de la façon la plus nuancée possible de cet épisode amoureux au travers des sensations multiples qui l’ont parcouru. Il y sera question de vulnérabilité , d’insécurité avec pour toile de fond récurrente cette jeune personne dont le thème musical jalonnera l’album.

Soniquement, l’instrumentation est plus légère, alternative inévitable au rock aux nuances prog-rock des Girls. Un titre comme « Here We Go » avec sa flute et son harmonica va ainsi transporter l’auditeur dans un climat onirique doux-amer proche du médiévisme, élément qu’ un « A Broken Dream » doucement chuchoté accentuera tant il pourrait s’apparenter à une chanson de geste.

Comme dans tout itinéraire sentimental, celui-ci va être traversé par des sinuosités qui visent à évoquer aussi la vivacité de ce que peut être une relation. On peut voir dans le saxophone en roue libre de « New York City » un moment d’euphorie, tout comme la presque inaudible pédale wah wah sur « Here We Go Again » dont on peut se demander s’ils ne font pas aussi écho à la trajectoire de The Girls.

Indépendamment de la thématique et de la coloration musicale aplatie de Lysandre, l’unité est maintenue par le fait que chaque morceau est construit sur une même clef et qu’ils se fondent l’un dans l’autre sans qu’il y ait un break. Ce procédé épouse bien que que peuvent être des ruminations introspectives, et Owens a, néanmoins, l’intelligence de ne pas s’en contenter.

Le saxo aura qui introduira « Riviera Rock » développera une atmosphère lounge ou jazzy, sans doute née de cette rencontre qu’il a faite dans le midi, et « Love Is In The Eye Of The Listener » transformera une ballade qui aurait pu être larmoyante en refrain détendu et presque laid back.

Beaucoup de fils se nouent donc si on considère le déroulé de ces onze titres mais, curieusement, l’ambition ne semble pas être là. L’album n’atteint même pas les trente minutes ce qui, avec l’invariable clef tonale qui a été choisie, tend à faire penser que Lysandre a été conçu pour être consommé d’un seul coup.

On atteint, sans doute alors, la vraie nature de ce qu’est un premier jet. Une confession est avant tout un exorcisme ou une catharsis. De ce point de vue, il a avant tout une valeur de défoulement ou d’auto-analyse. C’est un travers qui jalonne l’album même si des efforts de frivolité sont faits pour éviter l’auto-apitoiement. Ce disque répond avant tout à un besoin ; il apparaît alors comme une purge. La dernière plage, « Part of Me (Lysandre’s Epilogue) », se veut vectrice d’optimisme. Peut-être désormais, Christopher Owens n’éprouvera plus le désir de cacher son visage sous sa chevelure comme le montre la pochette de l’album. On ne peut qu’espérer que cette porte soir fermée pour lui et qu’il sera à même de délivrer autre chose que cette éloquence qui n’évite que de très peu de verser dans le pathos.

28 janvier 2013 - Posted by | On peut faire l'impasse | ,

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