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Lost Lander: « DRRT »

Matt Sheehy, Sarah Fennell, Dave Lowensohn et Patrick Hughes sont les qutare membres fondateurs de Lost Lander, groupe formé à Portland, Oregon. Ce premier album est un choc et pourrait véritablement être appelé une œuvre d’art tant il sidère par son édification intelligente et son inventivité, ceci dans un genre aussi cantonné que celui de la pop-rock, voire même plus étroit parfois : la chamber pop.

Les compositions se caractérisent souvent par des instrumentaux aux luxuriantes harmonies aux échos vocaux souvent faibles et répétitifs. Ce qui frappe c’est la façon dont le groupe est capable de s’emparer de chaque titre et de le construire soigneusement, mesure après mesure, une couche au-dessus de l’autre, le tout ad libitum forgeant ainsi un véritable environnement musical. Les vocaux de Sheehy peuvent alors établir une présence, écrire une histoire, comme si elle était née du travail orchestral et en devenait une extension autonome.

C’est flagrant sur « Kangaroo », ça l’est encore plus sur un morceau comme « Dig » où le récit semble être né d’un rythme plutôt que l’inverse où les textes dicteraient la mélodie et l’arrangement.

Deux titres, réminiscents des Black Keys, avec cette production audacieuse mais raffinée, ce côté farouche mais contrôlé ; un peu comme si le duo avait opté pour la fluidité plutôt que pour l’affrontement.

La procédure est simple, presque limpide, mais sa mise en œuvre est tout bonnement incroyable. Les sons acoustiques épousent l’électronique et s’intègrent à une voix doucereuse aux mélodies mélancoliques et énigmatiques (la plupart des morceaux n’excèdent pas trois vers). Ce qui est fascinant est que, précisément, tous ces éléments, complexes en soi, se fondent plutôt qu’ils ne s’entrechoquent.

On pourrait de pas être impressionné par la facilité de cet amalgame si elle ne s’exerçait pas sur des registres diversifiés sans nuire à cette unité de son.

Ainsi « Through Your Bones », « Wonderful World », ou « Dead Moon » cultivent à merveille des climats de semi-sommeil, « Your Name Is A Fire » et « Belly of The Bird/Valentina » mêlent chamber-folk et Adult Oriented Rock avec leurs élusives interventions électroniques et « Cold Feet », « Gossamer » and « Afraid of The Dark » se montreront, peu à peu, furieusement infectieuses.

Le groupe estime faire de l’« alternative orchestral synth rock » ce qui n’est pas faux. On trouve, en effet, tous ces éléments dans DDRT. Mais leur musique va bien au-delà de ces définitions. Elle est plus qu’une musique d’ambiance car elle semble voyager au travers de nos oreilles et faire vibrer toutes les émotions possibles et inimaginables. Il suffit simplement de la laisser infuser pour que cette magie opère et que la prouesse se réalise. Que celle-ci ne se fasse pas uniquement avec de la maîtrise technique mais aussi par l’exacerbation de nos sensibilités va au-delà du simple exercice méthodique. Et s’il y avait une seconde prouesse, c’est bien là qu’elle se situerait !

4 janvier 2013 - Posted by | Chroniques du Coeur | , , , , ,

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