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Interview Spector: Des Sons sur un Mur

Dirigé par un ancien présentateur de MTV, Fred Macpherson, Spector (hommage indirect et partiel à Phil Spector; voir chronique: http://wp.me/p2Lg5f-9a) revisite, au milieu de nombreuses controverses à propos de l’attitude provocatrice (mais au fond très « rock & roll ») du groupe, un certain style tel qu’il a pu être véhiculé dans sa flamboyance et ses six cordes par The Strokes, The Killers ou Roxy Music. La sortie de leur premier album Enjoy It While It Lasts permet d’appréhender ce que Macpherson a dans la tête (hormis son attitude souvent provocatrice), autant que ce qu’il s’emploie à rendre si délibérément manifeste par ses vocaux.

Que ressent-on quand, enfin, son premier album est enfin sorti ?

Pas mal de choses en fait ; toutes plutôt positives. J’ai lu pas mal de chroniques. Je sais que beaucoup de musiciens n’aiment pas le faire mais moi j’ai été aussi attentif à celles qui étaient mauvaises qu’à celles qui étaient bonnes.

Ça vous fait quoi de les lire ?

Il y en a une qui m’a beaucoup plu, celle du Guardian qui ne m’attribuait trois étoiles mais elle faisait preuve d’une analyse profonde et articulée. Ce qui est intéressant, c’est que la plupart des chroniqueurs ne mentionnent que les deux ou trois titres qu’ils n’aiment pas du tout. En même temps, aucun n’est d’accord sur les mauvaises plages. Au moins ça nous permet d’éviter d’avoir des regrets du style : « On trouvait tous ce morceau génial mais personne d’autre ne l’aimait. » (Rires)

Dès vous débuts, on a eu la sensation que les opinions qu’on avait sur vous n’avaient rien à voir avec la musique. Maintenant que le disque est là, qu’est-ce que cela vous fait que l’on en parle enfin ?

Ça fait du bien ! C’est pour cela que nous aimons autant ça ; c’est quelque chose de totalement différent par rapport à des réactions ou des idées préconçues. Il s(agit maintenant de véritables preuves de ce que nous sommes capables de faire, ou pas… Maintenant les opinions peuvent donc être fondées alors qu’auparavant chacun voulait avoir la sienne sans s’appuyer sur du tangible. C’est vrai que quand on est dans un groupe, on peut faire des tas de choses qui irritent les gens et je comprends qu’ils puissent réagir négativement.

Que pensez-vous, justement, de la façon dont la presse a jugé votre caractère

Ce qui me gène c’est de lire des choses qui ont plus trait à nos personnalités car nous n’avons jamais dit que nous étions des personnes fréquentables ou exemplaires. En même temps, j’estime qu’il y a un élément consensuel dans ce que nous faisons que nous avons du mal à expliquer car nous-mêmes avons du mal à le comprendre. On dirait que l’on parle beaucoup de nous en déplorant l’idée que nous faisons de la pop, que nous réussissons, que nous nous amusions et que nous continuions à plaisanter sur nous, sur eux… On dirait qu’ils se sentent menacés, qu’ils ont l’impression que nous manipulions le public ou que nous avons quelque chose à cacher. Bref on prend notre sens de l’ironie pour du cynisme. Ca n’est pas inexact mais nous adorons la musique que nous faisons et rien dans sa confection et son enregistrement ne l’est.

Comment parvenez-vous à maintenir cette différenciation entre personnalité et expression artistique ?

On y parvient mais, vu l’étendue de notre cynisme et la façon dont nous l’affichons, ça doit certainement polluer l’idée que les gens peuvent avoir quant à la pureté de notre démarche musicale.

Il y a $u des controverses sur certains titres à l’intérieur-même du groupe ; cela vous a-t-il préoccupé ?

Beaucoup, oui. C’est sans doute de ma faute. J’aurais dû et j’aurais pu fermer ma grande gueule lors de certaines interviews ou passages à la télé. Si j’avais joué le jeu cela aurait-il empêché certaines personnes de détester nos personnalités et notre musique ? L’important est qu’il y ait beaucoup de gens qui en sont fans et qui y trouve matière à plasir car, au fond, les divertir est la seule chose qui nous importe.

Il y a eu ce passage à la télé sur « Soccer AMSoccer PM » qui a fait beaucoup parler de vous.

Oui et on a reçu pas mal de « tweets » négatifs après. Mais je n’allais pas me rendre à cette émission et ne pas être moi-même. On a bien rigolé et c’est vous la regardez sur Youtube vous verrez qu’on n’était pas vraiment si provocateurs que ça, même à l’égard des gens qui regardaient l’émission. Vous savez je n’ai pas grand chose à dire sur le foot mais pour nous être en « prime time » sur une chaîne télé un samedi matin c’était comme être la vedette d’un show au Royal Albert Hall ou quelque chose du même style.

Vous avez été membre de groupes comme Les Incompetents ou Club Royale. Envisagiez-vous un jour ce passage dans la conscience populaire  ?

Je ne m’attendais pas à ce que ça se déroule si bien. Je pressentais que les démos que je faisais à l’époque de Club Royale pouvaient devenir autre chose. Elles se sont magnifiées avec Spector.Je sentais qu’un titre comme «  Celestin  » puvait avoir une audience plus et je me suis dit  : «  Pourquoi ne pas essayer de l’élargir  ?!  »

Ce morceau, tout comme « Chevy Thunder » ou « Never Fade Away », est très différent de ce que vous faisiez précédemment.

Il y a toujours eu une mésinterprétation de ma collaboration avec d’autres groupes. J’écrivais très très peu et je n’avais jamais pensé à m’exprimer musicalement. Écrire des choses comme «  Never Fade Away  » ou lceux dont vous parlez avait une fonction cathartique. C’était comme si je me déchargeais de tas de choses que j’avais stockées et cela me permettait de dire  : je sais que je n’aurai plus jamais la possibilité d’écrire le type de morceaux dont j’avais envie à 15 ou 16 ans car je n’en étais pas capable mais maintenant j’ai appris comment faire et m’exprimer musicalement. C’est sur ces réflexions que j’ai démarré. Et même si je sais que «  Celestine  », « Chevy THunder » ou «  Never Fade Away  » vont être critiqués car ils sonnent soit-disant comme The Killers ou The Strokes, ça ne m’empêchera pas de revendiquer ces influences pour faire la musique que j’aime, toute hors mode qu’elle soit.

Étiez-vous conscient que vous composiez essentiellement des titres du domaine pop-rock ?

Ça n’était pas délibéré, je souhaitais simplement être le plus honnête possible avec la musique, faire quelque chose de très simple et ne pas me prenre la tête en rendant les choses compliquées. Pendant plusieurs années, quand j’éappartenais à Ox.Eagle.Lion.Man, je n’écoutais que des trucs comme Mastodon ou Genesis période Peter Gabriel. Pour moi, il s’agissait avant tout de revenir à la musique que j’aimais sans penser à un plan de carrière ni à une succès éventuel. Quand « Never Fade Away » a été composé, je n’avais ni groupe, ni management ni contrat avec une maison de disques. Mon problème n’était pas de savoir ce que j’allais faire de ce morceau mais comment j’allais pouvoir continuer à m’exprimer. Je n’essayais même pas d’écrire la meilleure chanson possible, je voulais juste exister et, comme une extension à mon existence, mettre quelque chose qui cristallise mon émotion dans une chanson.

Comment avez-vous pu la faire connaître ?

J’ai joué ces compostions à quelques personnes et c’est surtout mon guitariste, Chris, qui m’a donné confiance en moi .Je me sentais confiant en tant que personne, mais pas du tout en la perspective de redémarrer un groupe. J’avais abandonné l’idée car ça me semblait trop difficile et pas assez épanouissant. J’avais oublié la motivation qui m’avait fait créer un groupe initialement et qui était la toute simple idée de « fun ». Aujourd’hui, maintenant que nous tournons, je retrouve cette sensation d’épanouissement. C’est, je crois, ce qui dicye la conduite de chacun. Je redécouvre cela, un peu comme si je m’éveillais d’un sommeil de plusieurs années. Mauvais analogie, je crois. (Rires)

Un rappel de comment out à commencé ; alors...

Oui, de la première fois où nous sommes allés dans le grenier d’un ami quand sa mère était sortie et que nous nous sommes tous mis à jouer des guitares que nous avions acheté dans un magasin bon marché le plus fort possible. C’était vraiment nul mais c’était la chose la plus excitante qui pouvait nous arriver à l’époque.

De ce point de vue, comment vous sentez-vous par rapport à votre situation aujourd’hui ?

Très étonné, très honoré aussi. Il y a une partie de moi-même qui connait les rouages de l’industrie musicale et qui sait quoi faire pour ne pas merder. Mais tout ce qui se passe, les passages dans les méias, les ventes d’albums, s’est produit après. Les gens apprécient notre musique et nil y a un excellent feed back entre eux et nous. Il y a eu beaucoup de commentaires quand nous avons été invités à l’émission musicale de Jools Holland comme si on s’était infiltrés par la porte de derrière et qu’on avait été pistonnés. Pourtant, ça n’avait rien à voir avec notre label, la femme qui travaille avec Jools nous avait vus ouvrir pour un groupe et elle a tout de suite voulu que nous participions au programme avant même l’avis de la BBC. Ça s’est fait de façon tout à fait naturelle et je ne vois pas pourquoi on n’en aurait pas profité. Je comprends que des gens puissent réagir négativement et ne pas aimer notre musique, mais le truc qui m’énerve le plus c’est ce népotisme de merde qui règne dans le « music business ». J’aimerais que tout soit plus simple ; après tout on avait sorti quatre « singles » avant et personne n’en avait parlé. On a travaillé dur, je pense. « Never Fade Away » a finalement été joué mais c’est uniquement parce que les radios réagissaient à la pression de nos fans. On a tourné toute l’année et on a été tête d’affiche sur deux tournées. On a été en Italie, en Amérique, on a fait tout un tas de festivals tout en essayant de terminer notre album. Ça a été un travail constant et le succès que nous avons en est le résultat. Je crois que rien n’a été facile dans tout ce processus et personne ne nous a fait des faveurs. Ça a été d’autant plus dur ; beaucoup de gens nous détestent car ils pensent que tout se passe en sous main. J’aimerais que ce soit aussi facile qu’ils le disent mais, vous savez, souvent j’ai eu envie de me mettre à dormir et ne jamais me réveiller…

Maintenant que vous savez comment marche l’industrie du disque comment gérez-vous cela en tant qu’artiste ?

Ça n’est pas évident, il vous faut ne pas la laisser influencer ou diluer votre musique. C’est drôle que les gens puissent penser que j’ai composé « Chevy Thunder » avec comme objectif de passer à la radio. Si ça avait été le cas, j’aurais plutôt écrit un morceau comme Calvin Harris. La clef est de faire en sorte que les rouages de l’industrie ne vous manipulent pas mais que vous puissiez les utiliser de façon positive pour vous-même. J’ai grandi de façon assez bizarre, j’avais beaucoup d’amis dans des groupes et d’autres qui sont devenus promoteurs ou dans le management. Nous étions toute une génération de jeunes qui ont grandi avec l’amour de la musique, quand celle-ci était excitante et à base de guitares. C’était au début des années 2000 et on pensait, il s’est avéré que c’était à tort, que ça allait être le futur. On a fini par faire de la musique en étant des deux côtés du business. J’adore mes amis qui travaillent dans les maisons de disques même si ils font un boulot que je ne peux imaginer pour moi. Ceci dit, j’imagine que, eux, n’aimeraient pas être à ma place. Toujours est-il que les artistes qui disent pouvoir se passer de les fréquenter racontent des conneries.

La période que vous mentionnez était aussi un moment phare pour le rock « indie » ; en quoi vous a-t-il influencé  ?

Mes goûts musicaux, enfant, m’allaient pas au-delà de ce que mes parents écoutaient. Je me souviens de quelques compilations de mon père, sur cassettes même pas sur CDs. C’était du rock des années 70 assez traditionnel  : Bob Dylan, Cream, etc. Des trucs qui ne m’ont jamais passionné. Tout s’est passé de façon très soudaine et globale au moment du premier album des Strokes. Le premier «  single » que j’ai acheté était « Hotel Yorba  » des White Stripes. Je me suis complètement absorbé dans tout ça et je lisais le N.M.E. comme s’il délivrait la parole divine toutes les semaines. J’allais à tous les N.M.E. Award Tours et ça m’hallucinait. Je crois que cc’était parce que je n’avais pas énormément des connaissances en terme de musique et que je n’étais pas capable de juger que telle ou telle chose avait été influencée par tel ou tel artiste. C’était génial d’aimer tant de choses avec un esprit complètement vierge et ouvert. Aujourd’hui les commentaires les plus fréquents sont du style  : «  Ce type fait référence à ça, ou à ça.  » Ils avaient ce discours qui pour moi ne voullait rien dire. J’absorbais tout comme si je buvais de l’eau pour la première fois…

Et puis vous n’aviez pas ce cynisme que donne l’âge. (Rires)

Vous savez une part de moi-même se dit que tout le monde continue à aimer la musique avec laquelle il a grandi. De mon côté, il y a pas mal de choses qui ont résisté au temps. Je ne pense pas que quelqu’un ait écrit un titre qui me parle autant que «  The Rat  » des Walkmen. (2004) Mais je suppose que personne n’aurait envie de composer un truc comme ça aujourd’hui, d’autant que ce ,e serait pas une première. Les deux premiers albums des Strokes furent très importants, surtout Room On Fire. Il est dans mes cinq disques préférés. Je ne pense pas qu’il y ait eu une semaine sans que je ne l’écoute et n’y trouve quelque chose de nouveau. Je ne veux pas dire qu’il ny a plus de bonne musique aujourd’hui mais je suis trop cynique et j’en connais trop pour en écouter avec la même innocence. C’est pour cette raison que les gens réécoutent ce qui les faisait vibter quand ils étaient adolescents. Ça n’est pas la musique en soi, ça n’est même pas le fait d’avoir été ado, c’est juste qu’il est plus facile d’écouter quelque chose qui n’avait pas été pollué par la critique ou l’analyse. Je crois que l’Internet est un outil très dangereux à cet égard. On a grandi avec cette génération et dès que j’écoutais un grpupe je me précipitais sur des ;forums de discussions. Je trouve vraiment crétin ces abrutis chez eux ou chez leurs parents racontant des conneries sur ce qu’ils entendaient. Ça n’a rien de beau, d’émotionnel ou d’honnête, c’est juste du n’importe quoi.

En même temps Internet a contribué à la découverte de nouveaux artistes.

Bien sûr mais le revers de la médaille d’un site comme « myspace » est que n’importe qui y postait sa musique sans savoir ce que c’était que de composer un morceau. Penser de cette manière a, inéluctablement, amené un appauvrissement de la musique car les labels dépensaient des centaines de milliers de Livres pour des groupes qui n’étaient pas prêts. Ce qui les gouvernait c’est le « buzz » que ces groupes créaient. Internet a aussi eu un rôle dans cette dégradation de l’industrie musicale car elle a cessé de prendre en compte la musique en soi et a cru que, désormais, tout était filtré par le biais d’Internet. Ils ont cru, à tort, que c’était par là que toute découverte musicale passait. Bien sûr des choses excelmllentes en sont issues, The Arctic Monkeys ou Lily Allen, mais comme les labels n’avaient pas idée de ce qu’était l’Internet ils ont commencé à confondre le « hype » et ce qui avait une certaine qualité. Ils sont gaspillé pas mal d’argent là-dessus et c’est pour cette raison que des tas de groupes ont sorti des albums alors qu’ils n’étaient pas prêts et se sont retrouvés forcés d’abandonner toute carrière. Je crois qu’il nous faudra du temps pour comprendre et domestqier l’effet que la technologie a sur nous.

Cela vous préoccupe-t-il en tant qu’artiste ?

Cela me concerne car je suis une personne qui pense à la musique. En tant qu’artiste tout cela est déjà bien imbriqué dans ma tête et je ne peux m’en départir. Je suis par conséquent certain qu’au niveau le plus conscient qui soit cela me mobilise dans mes efforts pour faire la musique la plus honnête possible dans un environnement qui ne l’est plus.

Vous avez parlé de « hype » ; comme gérez-vous ce phénomène de façon à y échapper ?

Les gens nous en parlent souvent mais je ne crois pas que nous y avons été sujets de la même façon qu’un groupe comme The Vaccines a pu l’être. Personne n’a jamais dit que nous étions un groupe formidable. Tout ce dont ils parlaient était du fait que l’on parlait de nous et s’i ces derniers parlaient de nous c’est tout silmplement parce que je parlais à beaucoup de gens. On ne nous a jamais mis en couvertyre d’un magazine et on n’a jamais décrété que nous étions le futur du rock & roll. Il est certain que participer à l’émission de Jools Holland a créé un buzz mais les commentares étaient aussi négatifs que positifs. Les gens ne sont pas idiots au point de croire qu’on allait révolutionner la musique. On a mentionné qu’on été cing types insupportables venus d’un quartier branché de Londres et composant des chansons détonnantes. Les gens ont eu du mal à comprendre tout ça, ce décalage, et je me suis aperçu que nos plus grands fans étaient ceux qui n’avaient rien à faire des imbécilités qu’on avançait sur nous.

À propos de cette image que vous projetiez, avez-vous surjoué le côté « hip » de ce qu’on disait de vous ?

Pas du tout. Je crois que le problème était que on est restés nous-mêmes sans accentuer quoi que ce soit et que les gens se sont focalisés là-dessus. Je n’ai jamais voulu prendre les choses trop au sérieux et c’est maintenant, à force d’en discuter, que je regarde en arrière et que je comprends que j’ai suscité beaucoup d’animosité en raison de mon attitude provocatrice. J’étais ainsi parce que j’aimais m ‘amuser avec les gens et je ne pense pas que cela fasse partie de mes qualités. Je n’aimerais pas instiller cela à mes enfants par exemple. Ce défaut a atteint aussi le groupe etc’est pour ça qu’on parle si peu de notre musique. The Vaccines sont respectés car ils ont écrit un truc exceptionnel, « If You Wanna ». En ce qui nous concerne, certains ne savent pas trop et d’autres ont peur. Sans vouloir me montrer frimeur, je crois que nous avons rendu l’industrie du disque craintive.

Il semble, par contre, que vos fans soient loyaux et très fiers de vous.

C’est vrai oui., et nous leur en sommes très reconnaissants. Je préfère ça aux gens qui ergotent pour savoir si nous sommes des branleurs ou pas. Si on nous aime très bien, si on n’aime pas nos chansons ça me va tout autant. Qu’on ne m’aime pas ne me dérange pas ; ça n’a jamais été ma personne qui était en jeu. Si je l’avais voulu, j’aurais fait un disque solo et non un album avec Spector. Ce sont les seules personnes auprès de qui je m’excuse pour les avoir mises dans des situations embarrassantes à cause de certaines de mes déclarations.

C’est un bon point pour vous cette reconnaissance du collectif.

Nous sommes cinq et je suis, probablement le moins doué musicalement. Je pense que notre album a un réel sens et j’en suis très fier. On a raison de nous critiquer mais je pense que beaucoup de journalistes n’aiment pas ce que nous aimons. J’écoute The Killers mais j’écoute aussi Spandau Ballet et je ne vais pas m’en excuser.

Comment s’est passé l’enregistrement ?

Ça a été génial et cathartique, très rafraichissant. Je n’avais jamais en studio aupravant sauf pour terminer quatre morceaux en neuh haures. C’était qcomme me renbre à un festin mémorable. Il y a vait des tas de studios, des tas de producteurs tous rassemblés pour saisir le son de Spector. Il y a eu des hauts et des bas mais je n’ai jamais autant ri que durant cette période. C’était comme regarder un film dont vous seriez le personnage principal, quelque chose de très narcissique, mais nous pensions également à un public que nous n’avions pas encore. L’avons-nous aujourd’hui ? Je ne peux que l’espérer, mais je pense aussi que ça n’est qu’un début. Il y a autant de gens pour nos concerts à Manchester, Sheffield qu’à Londres. Nous ne pouvons qu’en être très honorés.

Il semblerait que vous fans soient assez jeunes et enthousiastes.

C’est une toute nouvelle génération ! Ils sont le droit d’écouter ce qu’ils veulent sans être obligés d’écouter des sons bidouillé ou engloutis et sur lesquels on doit se prendre la tête. Je souhaite juste qu’ils restent purs dans leur approche et leurs goûts et ne soient pas infectés comme j’ai pu l’être par cette idée que tout est sinistre.

Comment pensez-vous que cela puisse être maintenu ?

Il faut aimer la musique et ne pas trop penser au reste. La vie est courte et seulement terrestre. Vous pouvez être soit quelqu’un qui va la passer à arranger sa collection de disques, soit quelqu’un qui va l’écouter. Je préfère être dans cette dernière catégorie.

Maintenant que le disque est sorti, qu’est-ce qui nous attend ?

C’est assez excitant pour nous car on dit qu’écrire le premier album est celui sur lequel on a eu l’opportunité de passer le plus de temps. Pour le deuxième, on n’aura qu’un an. A contrario, je dirais qu’avoir eu tant de temps à écrire ce premier disque a laissé aux gens la possibilité d’écrire tout un tas de conneries sur nous. C’est pour ça d’ailleurs que Enjoy It While It Lasts m’a servi de défouloir. Une partie de moi a toujours voulu écrire des titres comme « Sam’s Town » des Killers car c’est une manière de le célébrer mais aussi de composer des choses qui auraient sonné comme Bruce Springsteen et d’ajouter quelques synthés. Tout cela est très excitant dans la perspective d’un deuxième album. Nous n’avons fait qu’effleurer la surface de la musique mais je n’ai plus besoin d’écrire des choses comme « Chevy THunder » ou « Celestine ». Des titres comme Grim Reefer » ou « No Adventure » pointent vers cette nouvelle direction. Il y aura plus d’électronique, de soul aussi et je vais essayer d’améliorer mes textes. Plus nous nous bonifierons, plus nous serons nous-mêmes, saurons ce que nous voulons et pourrons le peaufiner…

28 décembre 2012 Posted by | Conversations | , | Laisser un commentaire