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Chris Cohen: « Overgrown Path »

On  pourrait traduire « overgrown path » par « chemin envahi par la végétation ». Ça n’est pas inexact tant, malgré les affirmations de son label qui parle de « pop psychédélique », l’album de cet ancien collaborateur de Deerhoof et de Haunted Graffiti est si feuillu que son itinéraire ne semble pas réellement distinct.

Il est vrai que, sur ce premier album solo à l’âge canonique de 37 ans (sic!), Chris Cohen peut s’honorer d’une certaine expérience et que celle-ci s’étaye aussi par ses pérégrinations qui l’ont mené de la Californie au Vermont.

Comme pour mieux brouiller les pistes d’ailleurs, Overgrown Path démarre de façon atypique pour ne pas dire anti-conventionnelle. « Monad » et « Solitude » sont en effet deux titres où Cohen sonne comme un Elliott Smith encore plus recroquevillé sur lui-même que d’habitude, le tout « agrémenté » de bruits divers qui sont plus ancrage dans l’atone qu’ornements psychédéliques.

« Caller N° 99 » sera ensuite une gentille ballade dodelinante, percutée par un chorus dissonant, comme s’il s’agissait, sans y toucher, de créer une impression de « road song ». Quelque part nous vient cette impression que, peut-être, Overgrown Path constitue une sorte de « road album » aux accents trippy intérieurs plutôt qu’un voyage au sein d’un espace. Même « Rollercoaster Rider » sonnera plus comme une dérive interne avec son piano électrique se fluidifiant sur une guitare qui claque et une basse hyperactive, procurant cette sensation de frénésie presque névrotique sous un abord tranquille.

C’est là qu’intervient le talent d’un musicien aussi affuté que Chris Cohen ; la capacité d’aller au-delà des notes de base et de créer un schéma d’accords dont la discordance n’est pas due à des effets spéciaux mais à un jeu qui évite toute suite d’accords simpliste. Il lui est alors aisé de développer des mélodies qui paraissent élémentaires, se complémentent avec régularité, sans autre heurt que ces changements harmoniques (un « Inside A Seashell » Barrettien en diable) et toujours avec ce sens de la direction que l’on pensait à tort oublié.

Si on devait apparenter la démarche de Cohen, ce serait à celle d’un Robert Wyatt (en moins bizarre) ou d’un Todd Rundgren (en moins éclectique). Il y a en effet chez lui un véritable travail sur le concept de nostalgie ; une façon de composer qui procure la sensation que son disque aurait pu être sorti dans les années 60 (chose dans laquelle Olivia Tremor Control ou The Apples In Strereo étaient passés maîtres). On est en droit alors de se demander ce que représente pour lui le fait d’exécuter une musique aussi passéiste. Au-delà de l’hommage, on peut penser qu’il s’agit de pointer l’absurdité de ce que nous entendons de nos jours. Nous avons affaire ici à un album qui n’a pas besoin de synthétiseurs pour nous envouter, ni d’élans outranciers pour nous transporter. Overgrown Path est un retour à ce qui manque le plus de nos jours dans la scène « indie », un véritable album à écouter dans l’intégralité du voyage qu’il nous propose et non pas un disque construit autour de deux titres chocs et dont les autres ne constitueraient que du remplissage !

 

26 décembre 2012 - Posted by | Chroniques du Coeur | , ,

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