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Memory Tapes: « Grace/Confusion »

Vers la fin des années 2000, un courant nommé « chillwave » s’est fait jour avec, en particulier Davye Hawk et ses Memory Tapes. Mélangeant riffs de synthés pop et ambience lo-fi, Hawk a, peu à peu, cherché à s’adapter et à s’échapper du genre et utilisant une instrumentations plus organiques, espaces sonores moins cloisonnés et une appétence inédite à forger de véritables chansons.

Grace/Confusion le voit poursuivre dans cette voie, marquant à la fois le couronnement d’un style mais aussi une faculté à le transcender. Les six morceaux qui le constituent sont, en effet, bercés par des climats épiques, semblent échapper totalement à toutes limitations et nous entraînent en un flot incessant dans des nouveaux paysage soniques. Le virage est pris, dès l’ouverture, avec un « Neighborhood Watch » aux riches guitares dream-poop véhiculant ce climat onirique qu’amplifie acoustime ample et « space » et ces notes tordues de manière hallucinante débouchant sur une reverb tranchante.

S’il fallait, au fond, donner une constante à Grace/Confusion c’est précisément d’éviter toute prévisibilité. « Neighborhood Watch » culmine sur une « jam » dynamique, « Through The Field » passe d’une « synth pop » aimable à un instrumental psychédélique et « ambiant » et « Safety » se construit sur fond de brefs claquements d’électroniques se muant en des choeurs travaillés aux « samples » et un piano dont le frappé est synonyme d’un vague à l’âme introspectif. Là où, pourtant, le crescendo auquel on pourrait s’attendre est détiournée est dans ce freak-out aux guitares cinglantes et à des vocaux oscillant entre du Soft Cell et des chants grégoriens.

On le voit, les plages sont longues et ambitieuse ; oscillant entre « chillwave » et une dynamique moins éthérée et froide. Le risque est donc de perdre l’auditeur dans des tripatouillages d’ordinateurs. Hawk parvient à compenser cela par une finesse au niveau des structures de ses compositions. Les chansons sont construites, bien sûr elles ne le sont pas sur un schéma « couplet/refrain » , mais elles alternent humeurs et mouvements de façon presque évidente. « Sheila» est une longue épopée on ne peut plus schizophrénique mais aussi un des moments le plus purement « pop » de l’album. Elle devient alors comme un mix harmonieux de ballade accompagnée par un clavier Rhodes à la Alan Parsons Project en un morceau percuté par un groove dance. Une fois l’ambiance établie et devenue presque familière et confortable, ici un solo de clavier dissonant, là de brusques changements de tempo, véhiculent mouvements permanents propices à maintenir intérêt.

Ce qui pourrait s’avérer problématique est contrebalancé par la fluidité des ruptures. De ce fait, ce qui aurait pu marquer rigidité expérimentale gratuite est, paradoxalement, accueilli avec une attente et une attention renouvelées. Ces facettes esquissées par Hawk sont cohérentes dans leur incongruité, elles permettent à Grace/Confusion d’être une petite lueur chaude qui ne s’éteindra pas sur les rebords acérés d’une « chillwave » devenue redondante et dépassée.

17 décembre 2012 - Posted by | On peut se laisser tenter | , ,

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