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Wild Nothing: « Nocturne »

D’où vient cette tendance à se donner un nom de groupe plutôt que de mettre en avant son patronyme ? Dans la cas de Jack Tatum qui a pris le pseudo de Wild Nothing, on peut comprend qu’il y a une démarche à rendre significatif la nature de ce qu’il produit. Y parvient-il sur Nocturne son deuxième album ?

Ce qui est curieux est que sa musique n’a rien de sauvage mais, qu’effectivement, elle semble errer dans le nulle part et qu’elle véhicule des sensations nocturnes.

Cela étant, et s’il y a un côté « dream pop » sur ce disque, c’est plutôt du côté de la pop anglaise des années 80 qu’il faut le situer. Nous sommes ici bien éloignés d’une densité gothique, brumeuse et inquiétante car nous avons affaire à un son très clairsemé, ample, avec fond de guitares grêles qui, parfois se font légèrement carillonnantes (le guitar-picking de « This Chain Won’t Break »).

Les vocaux, eux-mêmes, sont aériens, souvent distants (« Shadow », « Nocturne ») comme pour amplifier encore cette sensation de mélancolie rêveuse ou de spleen qu’on trouvait déjà chez The Smiths, The Pastels, Dalek ou House of Love.

L’album précédent,Gemini, se caractérisait par un son low-fi ; celui-ci est néanmoins plus dynamique (un titre comme « Paradise » assez enlevé et au tempo presque funky) et varié (un « Midnight Song » aux discrètes touches orientalisantes). Son peaufiné donc (production de Nicolas Vernhes), qui montre que Tatum a l’intelligence de donner aux climats de Wild Nothing des tonalités qui ne restent pas figées.

On peut, à cet égard, également saluer ces incursions vers une atmosphère moins chatoyante (batterie en reverb ou légères tensions « dark wave » à la Echo & The Bunnymen sur « Through The Grass »), bref on se devrait d’être séduit par un album élaboré avec soin, cohérence et goût du détail que Tatum et ses musiciens livrent à nos sens.

Qu’est-ce qui fait que l’adhésion ne puisse être complète ? On a souvent reproché à la pop des années 80 de rester plate, voire pâlichonne. Sans aller jusqu’à dire que c’est le cas ici, il n’est pas inopportun de noter que les compositions ne sont pas toujours à la hauteur. On a, de temps à autres, l’impression que ciselures servent à masquer absence de mélodies qui emportent : c’est sans doute sur ce plan que Nocturne dévoile un aspect faiblard. Retenue est chose raisonnable, trop de retenue peut, par contre, se révéler émasculante. Ni cérébrale, ni proprement onirique, ni, non plus, organique ; l’album navigue sur des sphères éthérées dont on aimerait qu’elles touchent terre en se montrant accrocheuses et, à un degré moindre, plus saignantes.

13 décembre 2012 - Posted by | On peut se laisser tenter | , ,

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