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Interview de Lower Dens: Intensité & Densité.

« Dream Rock » n’est pas « dream pop », la nuance est de taille pour différencier Lower Dens, ce groupe de Baltimore dont le second opus, Nootropics, va bien plus loin qu’aborder les traditionnels thèmes de la pop (amour, mort, adversité). Son approche, est plus cérébrale tout comme en témoigne le titre de son disque qui fait référence au « transhumanisme » un mouvement dont la vocation est que la technologie améliore les capacités physiques et psychologiques de l’Humanité. Entretien avec jan Hunter, la chanteuse de Lower Dens pour décrypter cet alliage sis entre le populaire et l’intellectuel.

Comment ce concept de « transhumanisme » vous-est il venu aux oreilles et vous a donné envie de faire un disque qu’on pourrait presque qualifier de « concept album » ?

Nous avons des amis à Baltimore qui sont assez impliqués dans cette théorie et c’est un sujet dont on en discute beaucoup sur les forums. On achète beaucoup de livres quand on est en tournée et on se les passe car ça nous permet de moins nous ennuyer et aussi dy trouver source d’inspiration. On avait acheté ce bouquin de Ray Kuzweil, The Singularity Is Near, après avoir assisté à une de ses conférences. Ça s’intégrait bien à toutes ces conversations qu’on avait sur la société car on croisait beaucoup de communautés et de pseudo-intellectuels qui digressaient sur la relation que l’humanité avait avec elle-même. Le disque n’est pas que sur le transhumanisme ; il se trouve que beaucoup de gens s’en sont emparés.

Nos conversations sont devenues de plus en plus animées alors que nous nous interrogions sur le conflit entre nos instincts animaux toujours présents et nos motivations à vouloir échapper à l’emprise du temps, ce futur proche dans lequel nous nous trouvions et ce mouvement vers une technologie qui nous embrassait de plus en plus. Ça reste donc un disque sur notre expérience du monde, un disque qui observe, qui ne propose pas des concepts mais qui, plutôt, les examine. Tout cela vient de nos expériences personnelles et ne sont jamais des jugements sur les autres.

Comment ces réflexions sur la relation entre l’homme et la machine a-t-elle affecté le cours de l’album ? Elles semblent, en effet, très subtiles, presque cachées…

Notre intention était de faire un guide thématique et non pas d’élaborer une base conceptuelle. Pour être plus claire, je dirais que le groupe parlaitbeaucoup de ces idées au moment où nous enregistrions et que je m’en suis servi comme source d’inspiration pour mes textes. Néanmoins, ces textes reflètent, soit mes sentiments personnels, soit mes observations sur ce que les gens en pensaient.

Sur « Lamb », par exemple, le narrateur possède un peu de ma peur de l’immortalité alors que « Brains » raite de cette crainte universelle de la technologie et de l’emprise qu’elle a sur chacun de nous.

Vous disiez récemment que la technologie nous atomisait à une telle vitesse que nous ne pouvions même plus l’appréhender en temps réel ; ce disque est-il un moyen d’explorer cette idée ou essayez-vous de la combattre et de faire prendre conscience aux gens de ce paysage technologique en perpétuelle mutation ?

Avec l’album nous ne faisons qu’explorer les choses, conceptuellement et soniquement. C’est ce que nous faisons le mieux et nous en sommes très satisfaits. Je suis ouverte à cette idée d’aller plus loin, peut-être même confronter comment la technologie et le commerce se rejoignent et nous mettent en danger. Ceci dit, Lower Dens est un projet musical ; son but n’est ni de juger ni de se battre.

Comment avez-vous vécu cette expérience d’enregistrer un deuxième album ?

Je sais que les premiers mois de la tournée qui a suivi Twin-Hand Movement (1° disque de Lower Dens), étaient très frustrants. J’enregistrais souvent chez moi, la nuit et étais devenue assez attachée au fait d’avoir du temps libre et cet espace personnel dans lequel je pouvais m’isoler. En tournée il est totalement impossible de s’isoler. Opérer une transition vers les casques, les ordinateurs portables et les claviers Midi nous a semble, au départ, une solution de compromis. Ça a été très vite plus qu’une solution car ça nous a offert la possibilité d’approfondir. Ça peut sembler insignifiant que de changer d’instrument mais c’est une motivation énorme pour moi. Je suis avant tout une instrumentiste et c’est la chose que je préfère par dessus tout.

M’approprier ainsi les claviers et les sons synthétiques a complètement bouleversé ma façon d’écrire. Le groupe s’y est très très bien adapté ; il a pu s’emparer de trucs qui étaient beaucoup plus squelettiques que ceux que j’écrivais à la guitare pour en développer des textures atmosphériques plus denses aux palettes plus riches. En ce sens, ça a mis en évidence notre faculté de changer de façon aussi radicale que nous le souhaitions, et ceci tous ensemble et dans la même direction.

Pensez-vous que les titres de Nootropics auront un impact novateur si vous les jouez sur scène ?

J’étais toujours préoccupée de savoir comment ce que nous enregistrions allait se traduire en concert. On a réussi à me convaincre de me concentrer sur ce que je voulais réellement obtenir en studio. Nos choix esthétiques étaient très restreints et j’en suis très heureuse car ça nous donne plus de possibilités pour nos concerts. Sur disque, tout est très réfléchi alors que « live » il s’agit d’être plus intense.

J’ai été assez surprise car je m’attendais à de plus grandes réserves des gens qui venaient nous voir. Nous avons cessé d’être simplement un groupe à guitares, moins rock donc, et cela nécessite plus d’attention de l’auditoire. Nos audiences ont été très compréhensives.

Les compte-rendus de vos concerts disent que les titres sonnent plus comme un ensemble et se différencient moins les uns des autres. Était-ce quelque chose de prémédité ?

Au moment de l’écriture, les morceaux que nous avons décidé d’utiliser pour le disque ont été choisi pour cette capacité à être regroupés et former un tout. Je sais que c’était un peu arbitraire mais tout ce qui était de l’ordre de la confession a été supprimé et tout ce qui laissait de la place à la réflexion et à l’exploration a plus ou moins été retenu. Je crois que nous préférons tous des albums qui ont une esthétique cohérente ou un thème fédérateur. On voulait faire un disque, quelque chose qui soit une œuvre et pas seulement un amalgame de compositions.

On dirait aussi que Nootropics soit plus froid, voire distant. Les touches de chaleurs donnent l’impression d’être noyées sous ce qui est facteur de dépression. Diriez-vous que vous vous êtes plus axés sur les contenus émotionnnels ?

Les gens semblent souvent associer distance et tristesse. Selon moi, ça n’est pas un disque triste, juste un disque contemplatif. Ce qui incite à la contemplation n’est pas nécessairement triste mais ce sont des sujets chargés. La musique est le meilleur moyen de mettre les émotions en avant ; cela lui permet d’écarter tout ce qui pourrait les parasiter et de permettre à l’esprit de les aborder de la façon la plus claire. En fait c’est comme si vous les considériez comme des pensées en soi. Tout cela en revient à notre inhabilité à réconcilier notre nature et nos désirs ; c’est tragique, mais aussi drôle… et beau.

Vous résolvez cela par des textes métaphoriques ? (Rires)

Ce ne sont pas réellement des métaphores, j’ai tendance à obscurcir mes paroles parce que je ne souhaite pas enfoncer une signification littérale dans le cerveau des gens. Même si j’aime toutes les idées « intellos » qui se nichent dans les textes, je suis consciente dde ce sentiment de vouloir entendre une musique qui vous procure un soulagement de vos émotions. Croyez-le ou pas, ce disque est optimiste !

13 décembre 2012 - Posted by | Conversations

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