Passion Pit: « Gossamer »

Passion Pit est un projet par Michael Angelakos, auteur-compositeur originaire de Boston. Sa première production, un EP nommé Chunks of Change, était en fait un cadeau de Saint Valentin pour sa petite amie. On ne sera donc pas étonné que Gossamer son second effort soit le véhicule de ses préoccupations personnelles (il est bipolaire ; alcoolique et cet album a failli ne jamais voir le jour en raison d’une tentative de suicide).

La musique peut servir d’expression de ses hantises (le premier titre répète à satiété : « We all have problems »), il n’en demeure pas moins qu’elle a aussi pour but d’enrichir nos oreilles. Angelakos a choisi une voie assez connotée ; une sorte de soul-funk mâtinée d’une électronique omniprésente et servie par des vocaux dont, et c’est un euphémisme, on peut dire qu’ils sont très expressifs.

L’album s’ouvre sur une sorte de fanfare aux synthés pour « Gossamer » embraie sur une voix emphatique et presque féminine dans une composition qui demeure encore assez pop.

C’est ensuite que tout dérape, les choeurs deviennent non seulement envahissants mais aussi limite hystérie. Les titres se succèdent sur un mode où alternent morceaux disco partant dans tous les sens (un « I’ll be Alrignt » chaotique à souhait et semi-ballades néo-soul (« Constant Conversations  où synth-pop (« Take a Walk »).

Le problème avec ce disque est que, indépendamment des problématiques et du mode musical choisi, les exhortations de Angelakos sonnent souvent comme qui des vociférations paranoïaques, qui de vaines tentatives à émuler David Bowie ou Freddy Mercury. Les arrangements épousent également cette option, envahisseurs, heurtés et excessifs dans l’utilisation de l’électronique.

« Gossamer » signifie « gaze » en Anglais. Il s’agit donc d’un pansement, et on peut comprendre ce qu’il y a de thérapeutique dans l’approche de l’artiste. Mais elle a également pour nécessité la fonction de dresser un voile vaporeux et apaisant sur les plaies. Ici, hélas, nous sommes sur le registre d’un suraigu permanent et, par conséquent, d’une hystérisation constante qui soulage sans doute son auteur mais à laquelle on n’est pas obligé d’adhérer. Gossamer en tous cas ne remplit pas sa deuxième fonction qui est celle de partage d’émotions. C’est un album nombriliste et auto-centré, une remise à jour d’une musique que l’on qualifiait autrefois de « pompier ».

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