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Jason Lyttle: « Dept. of Disappearance »

Quand on a été l’auteur, avec Grandaddy, d’un disque culte (The Sophtware Slump) puisque ayant fait école et développé ce qu’on pourrait nommer le low-fi electro-assoupi, il est toujours épineux de choisir comment orienter sa carrière. Jason Lyttle avait opté pour la voie solo, dès 2010, avec un Yours Truly, The Commuter aux atmosphères atténuées comme couvertes de gaze ; le voici de retour avec un Dept. Of Disappearance dont le titre, cryptique à nouveau, est propice à cet état mi-comateux qui semble rester la marque de fabrique de Lyttle.

Autant le dire tout de suite, il n’y aura nulle surprise dans ce que l’on entend. On a toujours droit à cette voix doucereuse, ces climats cinématographiques qui se déploient lentement, paresseusement même, comme s’il était question de nous engourdir.

Il est presque devenu banal d’entendre ces climats oniriques, ces touches de reverb à peine appuyées même si, parfois, comme par exemple sur le presque guilleret « Get Up And Go », Lyttle semble vouloir secouer sa léthargie (et la nôtre) pour adopter une note plus allante et positive.

Concrètement cela se traduira donc toujours par ces remous habituels de bips émis par des synthés désarticulés, un son de guitare fainéant, des couches sonores luxuriantes (ce qui le distingue des paysages plus dépouillés propres à Mercury Rev) et des alternances entre ombre et lumière comme sur un « Hangtown » emblématique de sa faculté à gérer les climats.

Lyttle a déclaré à propos de ce disque que son intention était de créer « la bande-son d’un chef d’oeuve cinématographique inexistant ». Mission accomplie si on considère « Last Problem of the Alps » ou « Chopin’s Drive To The Dump » qui semblent, en effet, totalement ancrés dans ces contrées imaginaires issues de nulle part et dont il est coutumier.

On ne sera donc pas étonné d’un album digne de celui qui, un jour, a écrit « So You’ll Aim Toward The Sky ». Peut-être pourrait-on espérer que, plutôt que de persister à viser ce firmament, Lyttle prenne un virage lui permettant de se rendre ailleurs que dans cet univers vaporeux. Né avec Grandaddy, et semblant l’accompagner encore, il pèche désormais par son côté répétitif.

11 décembre 2012 - Posted by | On peut faire l'impasse | , ,

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