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Mogwai: « A Wretched Virile Lore »

https://i0.wp.com/www.soul-kitchen.fr/wp/wp-content/uploads/2012/10/mogwai-a-wrenched-virile-lore-215x215.jpgMogwai n’est pas un groupe pingre si on compte le nombre d’albums, de E.P.s et les « live » qu’ils ont sorti. Ce nouveau disque est un peu particulier dans la mesure où il s’agit de « remixes » des titres de leur dernier opus Hardcore Will Never Die, But You Will, mais ceux-ci ont été remaniés par des artistes qu’ils ont eux-mêmes sélectionnés.
A Wrenched Virile Lore est une «  vraie  » compilation de morceaux remodelés de façon exhaustive, si bien que certaines se monternt totalement émancipées des versions originales. Le choix n’ayant pas été d’émuler systématiquement Mogwai, et ce souvent avec bonheur, cela démontre à quel point la musique de nos Écossais peut être malléable et transposable dans d’autres styles que le son post-rock qui les caractérise.
Quelques artistes vont s’employer ainsi à explorer d’autres univers et à donner à certains titres une dimension spatiale (le synthé froid et le vocoder sur « 
White Noise » interprété par Cyclob), hallucinogène parfois (« How To Be A Werewolf » par Wander Harris), futuriste (« Letters To The Metro » signé Zombi), fragile (l’audacieux et délicieux remix de « Mexican Grand Prix » interprété par RM Hubert) ou mélancolique (un délicat « Too Raging to Cheers » servi par Umberto).
Il va de soin que la conséquence en est des remixes de prime abord assez surprenants et il faut parfois une certaine accoutumance pour les apprécier. Il faudra ainsi un peu de temps pour entrer dans la version planante et légère de « 
George Square Thatcher Death Party » délivrée par Justin K Broadrick ou dans celle, tech-hardcore et invraisemblablement survoltée, de « Rano Pano » livrée par Klad Hest . Toutes ces versions ne procureront pas une adhésion sans limites mais elles sont, la plupart du temps, incontestablement singulières et originales à l’image des concepteurs dont on voit que ça n’est pas le hasard qui a fait que Mogway les sollicite.
La construction, la matière et la versatilité des effets produits nous prouve, si tant est qu’on en avait besoin, que la musique des Écossais est bien plus qu’une progression d’accords sonores et bruitistes mais qu’elle est, au contraire, plus complexe et structurée qu’on pourrait le croire. 

Ces « remixes » sont, finalement, les bienvenus puisqu’ils permettent de réévaluer la musique de Mogwai et même de la révéler. On comprend finalement en quoi la démarche du groupe est cohérente, y compris dans cette manifestation qui nous est proposée.

3 décembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , , , | Laisser un commentaire

Clinic: « Free Reign »

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En donnant un titre comme Free Reign à ce huitième album, en l’illustrant par une pochette pour le moins labyrinthique, il est clair que Clinic a pour volonté de s’affranchir de tonalités qui lui étaient propres mais qui, à l’instar de Bubblegum sorti en 2010, s’avéraient quelque peu répétitives.

Le changement se perçoit déjà dans la façon dont le groupe aborde ses compositions, assez variées, mais surtout en leur accordant une attention plus conséquente avec des titres qui atteignent souvent les cinq minutes et surtout l’agencement dont elles bénéficient. Celui-ci est fait de versatilités, de cette impression d’espace dans lequel on leur permet de respirer, de s’étendre mais sans se répondre.

« Cosmic Radiation » en est un exemple avec ses brisures et ses « freak out » sans que pourtant la ligne de crête mélodique ne soit égarée, et, même quand « Misty » introduit Clinic avec un schéma répétitif assez familier, la précision harmonique, la clarté des arrangements et des vocaux enveloppants en font, telle une courroie d’entrainement, un facteur d’adhésion, plutôt qu’une mécanique constamment huilée mais purement robotique.

Il en est de même pour un « Miss You » à la structure foncièrement identique mais, cette fois-ci, le groupe choisit une optique plus bruitiste avec feed back, voix désincarnées limite saturées et distortion qui, ce faisant, autoriser l’oreille à épouser non seulement un rythme mais toutes les ramifications que le traitement musical suggère.

« For The Season » juxtaposera avec pertinence saxo jazzy et climats chuchotés et presque rupestres et, sur un mode identique, un titre comme « You » aura toute latitude pour s’étendre avec une rythmique trottinante ponctuée d’effets spéciaux (entre autres un ocarina) lui servant de paysage sonore comme le ferait une toile de fond.

Au bout du compte, Free Reign s’avèrera un effort qui pourra satisfaire les fans habituels (« King Kong » est un mantra qui pourrait facilement infuser un effet de transe) mais qui devrait surtout lui permettre d’élargir sa base sans que l’on puisse lui reprocher une quelconque compromission.

3 décembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , , | Laisser un commentaire

Spector: « Enjoy It While It Lasts »

https://i2.wp.com/www.recordstore.co.uk/media/AbstractArticle/image/WarehouseArticle-66359/Spector-Enjoy-It-While-It-Lasts.jpgSpector se nommait auparavant Spectre (comme l’organisation que combattait James Bond) mais des problème de copyright avaient obligé le quintette londonien à se transformer en Spector, patronyme qui se voulait, lui aussi, référence à une certaine époque puisque choisi en l’honneur du légendaire producteur.

Même démarche il semblerait dans le choix des titres de ses disques. Un « single », « Never Fade Away » paru en 2011 qui, d’une part vise à véhiculer un certaine volontarisme et qui, d’autre part, a généré suffisamment de « buzz » pour que Spector soit le seul groupe à guitares nominé pour 2011. (Ce qui en dit long, déplorons-le, sur l’état de la scène musicale anglaise).

2012 les voit, enfin, sortir leur premier album, le significatif Enjoy It While It Lasts » , lui, proclamerait au contraire, que la « pop » n’a qu’une fonction récréative et peu durable. On peut rappeler, à cet égard, que le premier combo de leur leader Fred Macpherson se nommait « Les Incompetents » (en Français dans le texte), signal lui aussi on ne peut plus explicite.

Face à ces « enrobages », il convient plutôt alors de se pencher sur ce qui est la substance de Spector (et de cette chronique, (sic!)), à savoir sa musique. Celle-ci emprunte aux Strokes (« Twenty Nothing »), à Roxy Music (le phrasé velouté à la Bryan Ferry de Macpherson) ou aux Killers (« Tue Love for Now), « Chevy Thunder »). Vous y rajoutez une bonne dose de Kaiser Chiefs pour qui ils ont ouvert plusieurs fois et de Razolight sur sur « Friday Night, Don’t Ever Let It End » ou « What You Wanted » et vous obtenez un disque simple, direct et parfois même réjouissant.

La plus grande partie de Enjoy It While It Lasts est donc constituée d’une sorte de copier/coller des canons existants de la pop, entraînant et sympathique mais pas fondamentalement original.

On aurait tort pourtant de ne voir en Spector que des simples émulateurs pop-rock stricto-sensu. Il se montrent capables de se révéler plus surprenants et divers. On peut apprécier les excroissances trip-hop de « Grim Reefer », le « crooning » Neo Romantique de « Lay Low » où le spectorien en diable « Grey Shirt & Tie ».

Au total, voilà un premier disque qui envoie des signaux plus contrastés qu’on aurait plu le croire. Il se termine sur un « Never Fade Away » assez grandiose dans lequel Macpherson proclame : « You know I’ll never fade away ». Reste à savoir s’il s’agit d’une prédiction optimiste et réaliste ou d’un vœu pieux.

3 décembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , , , , | Laisser un commentaire