Interview James Iha: Au sortir du Silence…

Il aura fallu attendre 14 ans avant que l’ancien guitariste des Smashing Pumpkins ne sorte son deuxième album solo, Look To The Sky. Il est vrai qu’il n’a pas été inactif entretemps : collaboration avec A Perfect Circle, formation du « super-groupe » power pop Tinted Windows (comprenant un membre de Fountains of Wayne et le batteur de Cheap Trick) et ouverture de son propre studio d’enregistrement à New York Stratosphere.

JH

La première question sera, bien évidemment, ce qui a généré ce nouvel opus…
Je suis devenu semblable au pilote d’une voiture de course… Sérieusement, je n’ai pas vraiment une bonne réponse. Il suffit d’un moment parfois, vous savez.
Il est assez varié, comment le définiriez-vous  ?
Il est plein de chansons assez vives, pop-rock ou alt-rock dans lesquelles participent Karen O et Nick Zinner des Yeah Yeah Yeahs ainsi que le légendaire guitariste de Television Tom Verlaine, entre autres. J’y étais presque un «  sideman  » parfois… Ça me rappelait les Pumpkins de ce point de vue.
Hormis vos autres activités pourquoi a-t-il fallu tant de temps pour faire ce nouvel album solo?
Je pense que lorsque j’ai commencé à écrire à nouveau pour des trucs en solo, ça sonnait de manière trop similaire au premier enregistrement. Je voulais vraiment que ce soit différent, avec une approche plus éclectique symbolisant le fait qu’il y avait du changement. Au fil des années, j’ai enregistré des versions différentes de ces compositions. Comme je n’étais pas signé sur un label et n’avais pas de date limite, ça m’a pris un certain temps pour arriver à ce que j’estimais être une bon assemblage de chansons.
Il y avait un peu de tout dans ce que j’ai gardé. De l’électrique, des trucs plus rock, des choses plus tranquilles, comme sur le premier enregistrement. À l’inverse, on trouve aussi des tonalités plus new wave, axées sur les claviers. Tout ceci m’a pris une éternité.

Le fait que vous ayez votre propre studio n’a pu que vous aider…
Absolument, c’est un studio commercial aussi. La moitié du travail est générée par moi et les deux autres propriétaires, et l’autre moitié sst totalement indépendante des impératifs commerciaux. Nous n’avons pas beaucoup d’argent, mais c’est presque une bonne chose parce que tout le monde travaille de façon assidue sur sa musique. Et puis nous commençons aà avoir pas mal de bons petites groupes qui viennent y enregistrer.
On a parfois l’impression, à vous entendre que composer n’est pas si facile que ça pour vous.
La musique vient très vite, mais l’écriture des textes, la finition et les vocaux durent une éternité. Il est beaucoup plus facile pour moi de n’être que le guitariste et de jouer pour les autres. Pour une raison ou pour une autre, quand je travaille sur mon matériel, je m’y investis tellement qu’il me faut beaucoup plus (et trop) de temps. Mon co-producteur Nathan Larson m’a fait sortir de cela. Il m’a donné plus confiance en ma capacité à mener les choses à terme. Il est génial. Il a fait beaucoup de musiques de films, donc il est vraiment fantastique à arranger les cordes et à apporter cette autre dimension qui vous fait ressentir que cela vous dépasse .
Quelles ont été vos guitares pour ce disque? Vous devez en avoir une assez belle collection…
Vous savez, j’ai tendance à devenir blasé – en fait, je suis blasé d’une manière générale en ce qui concerne les instruments. J’ai quelques très bonnes guitares, comme une Martin et une Gibsonacoustique qui sont «  vintage  ». ainsi qu’une Les et une Epiphone. Mais je m’en fous. Honnêtement, peu importe ce qui traîne, je vais trier, en rammaser une et commencer à enregistrer avec . Sauf si la guitare est vraiment cassée, je ne m’en préoccupe pas.
Une des basses au studio est une Squier, qui est, comme une Fender mais dans une gamme moins chère. Elle sonne très bien et tout le monde l’utilise. Donc ce n’est pas vraiment ce que vous utilisez mais plutôt le fait que ça sonne cool. « 
Sur le premier «  single  », «  To Who Knows Where  », quel est cet instrument que l’on entend ? On dirait un archet électronique.
En fait, c’est une guitare Fernandes. Elle a de des micros qui font qu’elle sonne comme un E-Bow. Le E-Bow ne fonctionne que sur une corde, mais avec la Fernandes, lorsque vous pressez un bouton, un «  sustainer  », c’est la guitare entière qui est comme un E-Bow . J’aime ce son  ; c’est comme si vous jouiez de la guitare alors que vous n’en faites rien.
Vous avez également un son très cristallin sur «  Speed Of Love  », comme si la guitare se cassait pendant le mixage.
Tout à fait, durant le pont et aussi le solo.
Vous êtes très branché «  effets  », non?
J’adore, c’est vrai. Il y a des joueurs de guitare qui les aiment et d’autres qui se branchent directement sur un ampli. Fixer cinq ou six pédales dessus me semble tout à fait naturel.
Comment s’est passée votre collaboration avec, entre autres, Tom Verlaine? C’est une assez grosse pointure côté guitare.
Oui, mais il est très cool, un vrai new-yorkais . Il a fait quelques enregistrements en studio. Il connaît d’ailleurs un des ingénieurs qui y travaille. Il y avait certains titres où on se disait  : «  Ce serait super si on pouvait avoir un peu de guitare qui sorte des lieux communs.  » Il habite tout près, nous l’avons appelé, il est venu, et il a joué des tas de trucs tous plus formidables les uns que les autres. C’était très facile de bosser avec lui, c’est un type extra
Vous avez fait brièvement allusion au fait que vous étiez plutôt un guitariste pour groupe. Comment vous sentez-vous à vous présenter comme artiste solo?
Ça ne me semble pas naturel (rires), c’est même un peu effrayant quand vous y pensez … Mais j’ai vraiment beaucoup travaillé sur l’art de la composition de façon artisanale presque, chanson artisanat et aussi le chant. C’est juste que ça représente beaucoup plus de travail (rires) alors que jouer de la guitare avec d’autres personnes est relativement facile.
À ce propos, je serai curieux d’avoir votre point de vue sur Billie Corgan du temps des Pumpkins : quand était-il bon, quand ne l’était-il pas  ?
De toute évidence, c’était un super groupe qui a fait partie d’un grand moment dans l’histoire de la musique. C’est ce que disent que beaucoup de fans et les gens en quand ils parlent des années 90. C’était, pour moi, un moment incroyable d’être dans ce groupe étonnant. Nous avons certainement eu des hauts et des bas mais je préfère choisir d’être positif à ce sujet et me rappeler les bonnes choses que nous avons faites, des enregistrements et des concerts «  live  ».
Quels ont été a les moments les plus forts pour vous à cette époque?
Il y avait surtout beaucoup de travail. Chaque enregistrement semblait aller plus loin que le précédent. C’est difficile à dire. Quant aux faits saillants, je pense que certains de nos concerts étaient très vivants. L’énergie du public était incroyablement stimulante. Jouer pour la Lollapalooza a été évidemment un énorme souvenir. Nous avons aussi fait un tournée en Australie, et il y avait un festival appelé Big Day Out. C’était plutôt cool avec un line up composé de Soundgarden, les Smashing Pumpkins, Bjork, les Ramones … Quand ces derniers étaient dans le coin, c’était toujours assez spécial !
Pourtant, il y avait des tensions au sein du Pumpkins. Mais ça ne vous a pas empêchés de produire de la grande musique.
C’est bizarre. Nous parlions de ce genre de choses ici au studio avec quelques uns de nos stagiaires. Quand il y a un groupe en studio, ils sont enthousiastes à l’idée de les enregistrer, mais parfois il y a cette tension sous-jacente. L’orchestre nerveux, le producteur est parfois nerveux, donc la dernière chose que quelqu’un veut s’entendre dire de la part d’un stagiaire, c’est une remarque au sujet d’un son de guitare à partir d’un stagiaire. C’est le genre de chose que vous apprenez très vite à ne pas faire.
En même temps, un groupe se doit de gérer ces tensions et, très souvent, les problèmes vous permettent de mieux être créatifs.
Après la séparation des Pumpkins, Jimmy Chamberlin a rejoint Billy pour une nouvelle version du groupe jusqu’en 2009. Avez-vous jamais tenté de recontacter Billy ?
Je n’ai pas parlé à Billy depuis très, très longtemps. Cela fait bien plus de 10 ans je crois. Vous savez, quand le groupe s’est séparé vers 2000, nous avons juste rompu. Il n’y a rien de plus à ajouter…

 

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