… And You Will Know Us By The Trail Of Dead… : « Lost Songs »

À l’heure actuelle, on ne peut que savoir à quoi s’attendre d’un nouvel album de … And You Will Know Us by the Trail Of Dead, ce s groupe de «  punk prog  » (eh oui! ça existe), originaire de Austin, Texas, dont c’est aujourd’hui le huitième disque en 14 ans. Lorsque Conrad Keely et Jason Reece, les mentors, se sentent inspirés, vous pouvez vous fier à ce que vous allez entendre  ; un bon petit post-hardcore lancinant qui vous laisse néanmoins toujours une certaine marge de manœuvre selon le fait qu’ils ont décidé de mettre en avant leur côté «  proggy  » ou d’écrire de façon directe en se tournant vers un registre haut perché et corrosif.
Le spectre de Lost Songs, le place résolument dans la direction du dernier aspect invoqué. En effet, il s’agissait selon le groupe de secouer «  l’apathie des gens face aux événements du monde réel qui ont durement affecté la scène musicale indépendante».

Ce but n’est guère surprenant quand on sait que Trail of Dead a toujours fait preuve d’une certaine ferveur «  révolutionnaire  », en particulier face à l’industrie du disque dans la mesure où il n’a pas hésité à larguer les amarres par rapport à la «  major  » avec qui il était sous contrat.

Il s’attaque aujourd’hui à une autre scène musicale, et, si leur objectif était de les secouer, nul ne peut nier que soniquement la mission est accomplie tant on sort comme exsangues d’un tel déferlement transforme ces chansons « perdues » à l’origine, fécondées par une substance toute renouvelée.
L’album débute dans un style typique, avec basse, batterie et guitare en pleine distorsion le tout explosant en un mur frénéstique d’accords majeurs. Les quatre premiers titres foncent ainsi tête baissée mais avec une précision d’horlogérs, tous plus intenses que les précédents, jusqu’à ce que la marée montante soit finalement brisé par la chanson-titre. Curieusement, « Lost Songs » évoque le U2 première période mais cette impression ne durera pas au-delà des deux minutes de la chanson.
Le rythme mollit dans le deuxième tiers de l’album, avec des chansons comme «  Flower Card Games » prenant le contre-pied de la formule mise en place au démarrage puisque, peu à peu, le rythme va s’adoucir. En fait, cette structure décrit parfaitement l’agencement de l’album pris comme un ensemble avec « Heart of Wires » et « Catatonic » propulsant à nouveau une accélération rythmique. « Bright Young Things » est alors bâti en crescendo et le paroxysme sera atteint sur « Time and Again » qui finit les choses avec excentricité et beauté.

Lost Songs est un bel exemple de ce qu’on pourrait nommer du « prog hardcore », l’intensité y fait bon ménage avec le lyrisme voire l’équipe, un peu comme si à sa révolte épidermique Trail of Dead voulait donner une tonalité poétique, et même philosphique, aux éruptions qui caractérisent ses descriptifs impitoyables, passionés et sans concessions de nos quotidiens.

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