No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Shrag: « Canines »

Shrag est un combo indie « à haute énergie » originaire de Brighton mené par Helen King et Bob Brown. Canines est son troisième album et le premier qui ne soit pas produit par le groupe. Eu égard au titre donné au disque on peut s’attendre à un son mordant et fiévreux. C’est en effet le plus souvent le cas, avec des vocaux souvent abordés en duo et des tempos qui sonnent en permanence comme au bord du désespoir.

L’intérêt de ce disque ne réside d’ailleurs pas dans ce qui saute aux oreilles de prime abord (à savoir un ton déclamatoire et des arrangements puissants épaulant les guitares) mais par les nuances que le groupe est parvenu à introduire dans ses compositions et dans les orchestrations qu’il a su intégrer dans son répertoire.

« Chasing Consumptions » est ainsi un titre remuant mais élaboré avec des variations plus subtiles débouchant sur un mid tempo étayé par des synthés sonnant comme des cordes qui n’oublieraient pas de se se montrer presque pugnaces. Le rendu passe alors de l’ardeur à un phrasé forme d’hymne où la colère semble passée au tamis d’un espace où place est donnée à une mélodie sensible, presque enfantine, et accrocheuse. Il en sera de même pour « On The Spine of Old Cathedrals » jalonné par cordes et chorus à plusieurs voix qui tutoient l’incantatoire et l’ « élevé » (pour ne pas dire plus). « Devastating Stones » alternera cette production ample et ambitieuse et phrasé exclamatif rythmé par une percussion dépouillée qui se voudra primale (et non primaire) soulignant ainsi le fait que Shrag conserve le goût de ces titres incisifs même s’ils pêchent par, précisément, ce manque de nuance (« Tendons in the Night », « You’re the Shout »).

On sent finalement ce quintet en devenir (production venue de l’extérieur oblige) ; témoins en sont les ballades subtilement orchestrées dans lesquelles il ose désormais s’aventurer (un « Jane with Dumbells » qui semble se consumer lentement par exemple).

Ainsi peut-on comprendre au travers du titre « Show us Your Canines » vers quoi le groupe veut se diriger. Un morceau à la fois dévastateur mais au riff imparable qui donne à celui qui l’écoute l’envie de le reprendre en choeur.

Canines nous invite à une cérémonie où le profane l’emporte sur un sacré qui s’esquisse parfois en filigrane. Ne restera plus qu’à y adjoindre une ardeur moins monolithique pour, peut-être, pouvoir communier en douceur(s) et équanimité.

22 novembre 2012 - Posted by | On peut faire l'impasse |

Aucun commentaire pour l’instant.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :