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Melodys Echo Chamber: « Melody’s Echo Chamber »

Melody Prochet est une chanteuse multi-instrumentiste vivant à Paris et sur son premier album éponyme elle nous concocte un mélange de Kraut-rock, de dream-pop et d’électronica chose qui serait assez rebattue si elle n’avait pas eu l’idée de saupoudrer ses compostions de guitares « fuzz » introduisant un intéressant contrepoint à des vocaux où le féminin alangui côtoierait la nymphette essouflée.

Produit par Kevin Parker, le leader de Tame Impala avec qui elle avait tourné en Australie, le disque se caractérise ainsi par une myriade de sons et d’atmosphères ce qui marque une volonté d’expérimenter dépassant ainsi le strict cadre de la « pop song ». Ouvrir l’album sur « I Follow You » est ainsi une manière de signifier que ses influences ne sont pas sclérosantes puisque la guitare veloutée très pop de chambre va déboucher peu à peu sur un solo délirant digne de Dinosaur Junior.

« Crystallized » qui suit, continue sur cette veine de son lointain puis empli de « reverb » alors que « Endless Shore », comme pour prouver qu’il ne s’agit pas d’une formule rebattue se pique d’être noyé sous un phrasé presque orientalisant et des riffs des nappes de synthés.

Ce qui est frappant dans ce disque, et ce peut-être parce qu’il a été conçu en deux phases distinctes, est la facilité avec laquelle on passe de l’onirique à des tempos plus mécaniques, privilégiant ainsi l’approche non conventionnelle choisie par l’artiste.

Au fond, il aurait été facile de s’ngluer dans des schémas « poppy » et électro avec une voix enamourée à la Lio meets Gainsbourg (« Bisou Magique ») et de ne pas de dévier de cette route où la futilité séductrice serait une revendication.

Melody Prochet a reçu une formation musicale classique ; cela lui permet d’oser (chose qui n’est pas toujours le cas quand on explore la « Grande Musique ») et c’est en cela que l’album véhicule esthétisme mais aussi sensualité et romantisme.

Celui-ci se manifeste sur des morceaux comme « Quand Vas-Tu Rentrer ? » ou « You Won’t Be Missing That Part of Me » même si on peut déplorer que, comme trop souvent aujourd’hui, les vocaux persistent à être sur une ligne de susurrement qui leur ôte ce sens de l’empathie dans lequel on aurait aimé plonger.

Il n’en demeure pas moins que certains titres sont merveilleux, « Mount Hopeless » (le bien nommé?) ou le fulgurant « Snowcapped Andes Crash » où guitares saccadées succèdent à des descentes de nappes au synthé.

Melody’s Echo Chamber est une attrayante chambre d’écho entre musique structurée et freak out contrôlé ; Prochet a trouvé le nom et acquis la démarche, c’est plus que pas mal pour un premier opus.

21 novembre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire