Seapony: « Falling »

De Seattle,‭ ‬on attend en général un son âpre et noisy,‭ ‬on ne sera donc pas étonné par ce deuxième album du trio mené par la voix de Jen Weidl compagne de Danny Rowland leader du combo.‭ ‬Plus étonnant sera par contre le fait qu’il se réclame de la dream-pop dans sa tentative d’amalgamer guitares fuzz‭  ‬ou en reverb,‭ ‬tempos moyens et atmosphères faites de délicatesse et de langueur.‭ ‬Les vocaux de Weidl apportent,‭ ‬de toute évidence,‭ ‬cette facette féminine mais c’est surtout cette relative évolution dans le son du groupe qui permet de véhiculer des climats éthérés.
Sur le disque précédent,‭ ‬une boîte à rythme brinquebalante était à l’honneur,‭ ‬ici on a affaire à un son plus vif‭ («‬ Tell Me So ‭»‬,‭ «‬ Outside ‭») ‬mais il est contrebalancé par les touches presque apaisées des morceaux plus lo-fi‭ («‬ Be Alone ‭»‬,‭ «‬ Sunshine ‭»)‬.
Tout sera donc affaire d’équilibre à l’intérieur d’un schéma très simple, si simple qu’il a tendance à devenir prévisible. On alterne ainsi humeurs détendues et crispations d’adrénaline, que les compositions ne parviennent pas à transfigurer. Le groupe lui-même disait privilégier le son aux textes («Nous essayons juste de glisser des mots qui sont à moitié cohérents, ont le bon nombre de syllabes et le rythme approprié.») Sur ce plan-là l’exercice est réussi et on pourrait facilement verser dans une ambiance onirique si, intérêt il était possible de maintenir.
Malheureusement il ne suffit pas de se montrer tour à tour «crooner», sirupeuse ou vaporeuse pour que Falling soit vecteur de richesse. Bien sûr on pourra émettre des comparaisons avec Velocity Girl, Talusha Gosh ou The Pains Of Being Pure At Heart, mais comment se satisfaire de ces chansons mid-tempos et sans consistance que sont «Follow, «No One Will» ou «Never Be»? D’un groupe qui, même s’il ne prétend pas être original, vise à offrir du rêve et des pop songs on pourrait attendre autre chose qu’un brouillamini qui s’avère très vite indigeste et des compositions sans aucune saveur.
Falling est une galette dont on se demande à quoi elle peut servir; elle interroge sur le constat que la profusion de sorties discographiques ne sera pas gage de viabilité pour l’industrie musicale, toute «alternative» qu’elle se réclame.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s