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Beachwood Sparks: « The Tarnished Gold »

Il est des choses qui sont du domaine du subliminal et et entendre parler d’un groupe nommé Beachwood Sparks rappelle immanquablement le merveilleux « Beachwood Park » du non moins merveilleux album de chamber pop des Zombies Odeyssey & Oracle. De ce point de vue on se plaît à rêver que, sous ce patronyme, le combo va nous délivrer une musique faite de cette délicatesse nuancée et de ces climats automnaux en demi-teinte.

Mais ceci n’est, bien sûr, qu’un voeu pieux et ne présage en rien de ce que ce The Tarnished Gold (nouvel album après, apprend-on, un hiatus de 10 ans ) va révéler. La surprise, pour un groupe qui se dit influencé par la pop façon Teenage Fanclub et le country-rock à la Gram Parsons où à la Poco est d’entendre une country-pop élégiaque, parfois douce amère, parfois bienheureuse et le plus souvent ensoleillée, chose qui ne surprend pas si on sait que Beachwood Sparks est originaire de Californie.

Les compositions sont mélodieuses, tamisées et douceâtres, Neal Casal y joint ici et là sa six cordes, et les quelques « road songs » qui parsèment Tarnished Gold sont aimablement chaloupés, sans emphase et avec retenue. C’est également une même approche qui préside au façonnage d’harmonies chamarrées mais étouffées comme un bruissement non éloigné de la dream-pop de Goldrush. On a droit donc à un curieux mélange de country-rock rural qui pourrait venir du Mid-West et d’une folk-pop West Coast héritée des 6o’s et 70’s (« Sparks Fly Again » ou « Nature’s Light » sonnent comme voulant distiller en notre mémoire certains climats épiques et cinématographiques hérités des Byrds).

The Tarnished Gold n’en est pas pour autant un album passéiste. Dès l’ouverture, en effet, Chris Gunst, leur chanteur et bassiste, énonce cette phrase explicite : « Forget the song that I’ve been singing » qui, même dans le contexte d’une chanson amoureuse, prend toute sa signification. « Forget the Song » ou le joliment cadencé « Leave That Light » bénéficient d’ailleurs d’une production pleine et chaleureuse et, comme sur presque tout l’album, délivrent des mélodies qu’on ne peut qu’avoir plaisir à fredonner.

Revient alors cette analogie avec Odeyssey & Oracle dont on se dit qu’elle n’est pas si forcée que ça. Quelque part, la délicatesse champêtre de cet album apparaît en filigrane sur The Tarnished Gold : les deux recèlent des univers bucoliques et presque oniriques. Légère brume là-bas et rais de soleil faiblement voilés ici ; on se dit que peut-être que Beachwood Sparks a hérité d’un nom qui était déjà dans ses gènes ou son ADN.

16 octobre 2012 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire