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Danko Jones: « Rock & Roll is Black and Blue »

Pour les ceusses qui prêteraient encore attention à l’artefact et pas simplement au virtuel façon MP3, sachez que l’édition « de luxe » de ce sixième album de Danko Jones vous est fourni avec un médiator, chose on ne peut plus approprié si on considère le titre du disque. Rock and Roll Is Black And Blue reflète on ne peut mieux un opus où la guitare se taille la part du lion et où tous les clichés de la musique qui nous fédère sont réunis sur les treize titres qui égrènent l’album. Et qui dit captation des archétypes signifie presque adhésion systématique aux dits stéréotypes. Danko Jones se veut tout sauf un « guitar hero » et si on devait trouver des affinités avec certaines gachette de la six cordes ce serait du côté de AC /DC ou de Motörhead qu’on devrait se tourner. Aucun sacrifice à des solos extravagants donc mais plutôt un instrument vu comme une arme à délivrer des riffs puissants et acérés qui sont, néanmoins, contrebalancés par une recherche harmonique guère loin d’évoquer un combo comme Thin Lizzy. Musique carrée, celle que les anglo-saxons appellent du « no nonsense rock and roll » et qu’on pourrait raduire par du « rock and roll sans prise de tête » fidèle à une certaine image que Danko a toujours cultivée, celle de l’empêcheur de tourner en rond. On va par conséquent, dans tes textes, retrouver les attraits habituels pour un « beau sexe » toujours aussi instrumentalisé (« Legs », « Type of Girl ») , un dénigrement de ceux qui ne sont pas « cool », chose qui dans l’univers rock que nous connaissons a une signification presque caricaturale (« Conceited » ou « You Wear Me Down ») et résume son attitude de façon on ne peut plus excplicite avec un « I just want loud guitars » qui jalonne le titre « Just a Beautiful Day ». Le bassiste John Calabrese et le batteur Atom (sic!) Willard exemplifient à merveille l’expression « power trio » grâce à leur section rythmique précise et féroce et l’ensemble est servi judicieusement par la production farouchement monolithique de Matt DeMatteo. Qu’est-ce qui peut donc plaire dans Rock And Roll Is Black And Blue ? Sans doute son manque de prétention, la faculté du guitariste canadien à savoir où se situent ses limites, peut-être aussi un sens de la dérision, une façon d’avancer « ne dites pas qu’on ne vous avait pas prévenu » qui parvient à s’échapper à l’imagerie habituelle du heavy metal. L’album ne révolutionnera rien ; à cet égard il ne fera certainement pas date, mais il parvient de s’extirper de la mollassonne bienséance qui semble être de mise chez ceux qui s’enlisent quelque peu dans l’esprit « indie » . En résumé, il rappellera avec efficience et efficacité que le Rock and Roll est effectivement de ce Noir qu’on associe aisément à un Bleu tranchant.

 

15 octobre 2012 - Posted by | On peut se laisser tenter

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