Noel Gallagher: High Flying Birds

George Harrison qui n’était pas le plus cynique des Fab Four mais peut-être le plus perspicace avait eu cette phrase : « A quoi bon Oasis quand on a déjà les Beatles ! » Sans ergoter sur la pertinence de ce propos on ne peut qu’établir un parallèle entre les deux groupes, ceci même à la lueur de leurs albums solos. Les deux combos se nourrissaient de tensions ; Liam représentant l’aspect instinctif alors que Noel incarnait la discipline. On retrouve ici la même dichotomie entre Beady Eye et ce premier opus réalisé par le principal compositeur d’Oasis. High Flying Birds est à la fois le titre du disque et le nom du groupe, un peu comme si Noel, en endossant la totalité de l’opus, voulait mettre en avant la façade constructive, presque artisanale parfois, qu’il avait déjà précédemment. L’album est par conséquent tellement axé sur la recherche du bon goût qu’il en devient alors presque maniéré. « Everybody’s On The Run » introduit le disque et semble lui donner le ton tant la mélodie est quelque peu gâchée par des arrangements grandiloquents. La plus grande partie de l’album va d’ailleurs, peu ou prou, dérouler une sorte de boulimie orchestrale avec un « The Death Of You And Me » qui semble puiser dans « Being For The Benefit Of Mr Kite », ou un « (I Wanna Live In A Dream In My) Record Machine »très fortement inspiré de Harrison et constellé d’arrangements à cordes. « If I Had A Gun… »et « Aka…Broken Arrow » sont des ballades édifiées sur le mode du crescendo avec ce même souci du détail qui masque néanmoins des compositions pour le moins anodines et, paradoxalement, ce sont être des « rockers » (« Aka…What A Life ! », « (Stranded On) The Wrong Beach » par exemple) qui va susciter le plus d’élans vibratoires tant le chanteur fait fi de toute affectation et décide enfin à se lâcher. Ce dernier titre en particulier, dans lequel on l’entend s’interroger sur l’endroit où il est et sur la direction à prendre est peut-être le plus poignant par sa sincérité. Dans ce panorama, le vocaliste n’oubliera pas la pop avec un « Dream On »très Beatles ou un « Soldier Boys And Jesus Freaks »et sa petite incursion dans l’univers sonique des Kinks. High Flying Birds se conclura comme il avait commencé, une ballade lyrique, un « Stop The Clocks »qui sonne presque comme cet éternel v?u pieux d’arrêter le temps, mais dont la qualité et la valeur émotive sont malheureusement une fois de plus altérées par une fin à la limite de la préciosité orchestrale. On terminera donc un peu de la même manière dont on avait débuté en citant, à nouveau, Harrison : « Les Beatles ont sauvé le monde de l’ennui. » Voici un commentaire qui se suffira à lui-même…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s