LIfehouse: « Out Of The Wasteland »

Lifehouse ont vendu plus de 15 millions d’albums avec un succès particulièrement considérable aux USA. Out Of The Wasteland est leur 7° album après un hiatus de deux ans pour lequel ils ont intégré un nouveau label.

La musique, du rock alternatif, n’a pas excessivement varié depuis Almeria et alterne mélodies enlevées (une chose pour laquelle ils sont plutôt doués) et titres plus mélancoliques et de petites incursions dans des beats dance sur une composition dream pop comme « Stardust ».

Dans le premier registre, on retiendra le « »single » « Hurricane », « Runaways » qui sonne comme Snow Patrol et « Fight » qui semble inspiré des Goo Goo Dolls.

À mi-chemin, on notera « Central Park » avec un climat qui puise beaucoup chez REM et, pour ce qui est des chansons où affleure la tristesse, « Wish » avec guitare acoustique douceâtre et arrangements à cordes et « Hurt This Way » accompagné par un xylophone.

Lifehouse savent indubitablement confectionner de belles chansons ; reste qu’ils ne peuvent ambitionner un rôle autre que celui de seconds couteaux. Pour les figures de proue, il faudra écouter ailleurs.

**1/2

Dommengang: « Everybodys Boogie »

C’est du blues mais ça n’est pas du blues, c’est du rock mais ça n’est pas du rock ; c’est une réalisation, sur Everybody’s Boogie, de tout ce que nous devons à BB King en termes de musique.

Sur de « debut album », Dommengang, un trio basé à Brooklyn, emprunte aux Stooges, au Velvet Underground mais aussi aux Yardbirds ; ces trois influences augmentées de tonalités à haute énergie font de leurs morceaux bluesy injectés de fuzz et d’expérimentation quelque chose qui ajoute ce petit truc fait d’excitation exaltée.

Enregistré et mixé en quatre jours, le disque montre à quel poinr urgence et brièveté font bon ménage chez lui. Fuzz et slide pour la chanson titre chargée de l’ouverture puis grunge blues sur « Hatts Off To Magic » ; ces deux compositions nous dévoilent les vraies racines de Dommengang.

Le reste sera du rock and roll de la plus belle engeance, approfondissant l’introduction sonique des premiers titres ; au total Everybody’s Boogie est un parfait album de rock and roll, pas du rock ni du blues en effet, simplement du rock and roll.

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Madisen Ward and the Mama Bear: « Skeleton Crew »

Étant donné que Madisen et Ruth « Mama Bear » Ward sont un duo d’une espèce extrêmement rare (une mère et son fils) on comprendra aisément qu’il suscite l’intérêt. Heureusement la curiosité va aller plus loin qu’un line-up atypique trouvera matière à satisfaction quand les deux artistes se mettent à chanter.

Leur son a été peaufiné durant six ans dans les coffe houses autour de Kansas City et de leur ville natale (Independance, Missouri) et cet environnement ne peut qu’avoir influencé des racines brutes et pleines de corps.

Chaque composition sera peinte de couches de country, folk, blues ou gospel délivrée par la voix de rauque de Madisen Ward et adoucie par les douces harmonies de « Mama Bear ».

La production de Jimmy Abbis, plus sobre que dans ses travaux avec Adele et The Arctic Monkeys, donne toute latitude aux chansons de déployer leurs charmes sur des morceaux comme « Live by the Water » ou « Modern Day Mystery » ou la puissance que peuvent avoir des voix (« Undertaker & Juniper ».

Skeleton Crew est un excellent exemple de folk moderne non ajouré et non terni non plus par une coloration artificiellement actualisée.

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The Milk Carton Kids: « Monterey »

Monterey est décrit comme le troisième album du duo indie-folk The Milk Carton Kids mais, sachant qu’il a été écrit sur la route et enregistré dans des salles de concerts vides cette méthode atypique n’en fait pas un réel disque de studio.

En même temps le résultat est concluant car il permet de capturer des artistes là où ils sont le plus à l’aise dans un cadre intime et chaleureux. Joey Ryan et Kenneth Pattengale écrivent, chantent et jouent de la guitare acoustique et délivrent ici quelque chose qui va au-delà de cet alliage.

Les harmonies vocales sont enchanteresses, et le tout donne la sensation d’avoir été crée dans un univers fait de symbiose entre eux. On notera la facilité à prodiguer un son qui paraisse accompli même sur les titres courts (Sing Sparrow Sing ») et à nous entraîner vers des méditations philosophiques voire cosmiques comme sur la chanson titre.

Sur la durée de l’album, toutefois, la stricte adhérence à une seule esthétique devient quelque peu lassante même si la maîtrise exercée par The Milk Carton Kids n’est jamais prise en faute.

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Tanlines: « Highlights »

« Pendant tout ce temps nous avons attendu de pouvoir prouver qu’on pouvait l’emporter sur tout », ainsi chante Eric Emm sur « Palace » le troisième titre du deuxième disque de Tanlines, Highlights.

Ce qui pourrait passer pour une quête amoureuse ou existentielle ; c’est pourtant aussi une ode à la patience, une qualité que le duo possède indubitablement si on calcule l’écart de trois ans entre le premier album, Mixed Emotions, et celui-ci.

Nous n ‘avons, en effet, pas affaire à un disque electro-indie à rythmique en 4/4 uniforme ; on y trouve des éléments « dance » (« Slipping Away », « Pieces » ou « Thinking ») mais on sent très bien que ça n’est pas l’objectif fondamental de Emm et de Jesse Cohen.

Tout comme le précédent, Highligts aurait très bien pu être une recherche uniquement sonique, la plus énorme même ; on y discerne au contraire beaucoup de retenue comme si les deux musiciens pouvaient très bien voir la route vers laquelle ils devaient s’engager mais avaient choisi de rester là où ils sont parce que c’est plus confortable.

Ceci, en soi, n’est guère gênant dans la mesure où on y trouve des signes subtils de maturation, suffisamment en tous cas pour que le duo évite le fameux « sophomore slump ».

Un morceau comme « Running Still » par exemple brille d’influences Radio Dept. qui manie avec dextérité le paradoxe de grandir en âge, le nombre des années ne nous faisant pas nécessairement plus avisés.

La question « What are you running for ? » est d’ailleurs omniprésente dans le dernier tiers de l’album où une composition dance, « Thinking », se mue en fading de cet hymne à la crise existentielle qu’est « If You Stay » avant de s’arrondir avec ‘Darling Dreamer ».

À la fin de l’album on reste avec l’impression qu’attendre sera notre seule option ; les derniers vers de Highlights sont un « wait for me » significatif. Mais cette demande est tempérée d’optimisme et, si c’est un appel, il n’est pas désespéré mais plutôt un cri de tolérance. Quand Emm déclare qu’il est parvenu à « se débarrasser de ses peurs et fini de se cacher », il ne nous reste plus qu’à patienter pour voir vers où ce cheminement mènera Tanlines.

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Hiatus Kaiyote: « Choose Your Weapon »

Venus de Melbourne, Hiatus Kaiyote se définit comme un combo « future soul » à savoir expérimental tout en restant mélodieux. Précédemment il restait cantonné dans un registre neo-soul à l’instar de Q-Tip, Prince ou Stevie Wonder ; sur Choose Your Weapon le ton se fait plus explorateur au risque de, parfois, donner la sensation qu’il ne sait où il va.

Cela n’est pas nécessairement un défaut mais ce manque de direction fait que certains morceaux manquent d’une certaine emphase (« Borderline With My Atoms » ou « Breathing Underwater ») alors que la crédibilité du groupe sort renforcée quand une seule humeur l’anime

Celle-ci peut être joueuse comme « Molasses », soul et laidback sur « Fingerprints » ou fraiche avec « Building A Ladder ».

Il est clair que Nai Palm maîtrise mieux ses vocaux et que le groupe a acquis en potentiel. Reste à savoir si cette alchimie pourra se matérialiser de manière moins erratique en un voyage soul où il est déjà plaisant d’aventurer ses pieds.

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Branson Flowers: « The Desired Effect »

Brandon Flowers semble s’amuser beaucoup plus qu’avec The Killers même si il n’envisage pas de s’en séparer. Sur son deucième opus solo après un Flamingo plutôt bien reçu en 2012 il s’aventure en effet du côté de la pop « fun », tout est dans le titre The Desired Effect, l’effect recherché semble être un disque moins rock encore que le précédent et avec un son rétro qui vise à générer sans doute un « feelgood factor ».

Les vocaux son enlevés et montent en flèche comme pour faire naître un sourire et, si le disque est plaisant à écouter, il manque singulièrement de substance. Il n’y a rien de mal à privilégier ce type de musique mais il est vraisemblable que ce disque s’épuisera de lui-même une fois The Killers réunis à nouveau.

Ces derniers restent plantés dans le rock alternatif, Flowers, avec des déclarations souvent fracassantes et péremptoires,se voudrait une pop star. Reste à conjuguer mainstream et indie rock, mais il faudra pour cela autre chose que du easy-listening.

**1/2

Ceremony: « The L-Shaped Man »

Ce quintette de la Bay Area a commencé avec du post hardcore en 2004 avant de virer vers l’indie rock garage et la alt pop avec Zoo en 2012. Il semble, sur The L-Shaped Man, vouloir continuer son évolution avec un album qui, enfin, justifie son nom emprunté à un titre de Joy Division.

On ne peut pas néanmoins parler d’un hommage même si le disque n’en est pas loin. « Hibernation » ouvre l’album sur un piano morose et, tout en son long, jusqu’au « closer » « The Understanding », l’humeur sera à la mélancolie maussade.

C’est plus à l’esprit de Ian Curtis qu’à sa musique que Cermony s’adresse un peu comme Interpol le faisait sur Turn on the Bright Lights. L’humeur est aux guitares dentelées comme sut « The Pattern » s’élevant en titres anthémiques (« Bleeder »).

« Root Of The World » tout comme le militant « Your Life In France » conserveront le phrasé des débuts en l’enrobant d’un linceul obscur ; ce sont des morceaux aptes à réconcilier nouveaux et anciens fans du groupe.

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Rapid Talk: Interview de Lone Wolf.

« Quand je disais ne pas vouloir faire un autre disque, j’étais vraiment sérieux » insiste Paul Marshall au sujet de son nouvel opus sous le nom de Lone Wolf, Lodge. Il est vrai qu’il avait semblé couper les ponts avec l’industrie musicale après The Lovers en 2012 et il a peine à l’expliquer : « C’est une chose très difficile et très personnelle et je ne m’attends pas à ce que les autres puissent le comprendre. Je pense être devenu un individu capable de percevoir la complexité de ce que je suis en tant qu’être humain. Le tout se résume à savoir pourquoi c’est un processus anxiogène pour moi et, de manière surprenante, c’est quand on a diagnostiqué que j’étais un angoissé chronique que tout s’est simplifié. »

Il se rappelle alors l’état dans lequel il se trouvait juste avant la sortie de The Lovers et de ses deux précédents albums, Vultures et The Devil and I : « J’étais au bord de la dépression nerveuse avec cet étrange cocktail de malaise amoureux et de soucis pour la moindre chose. »

Ce qui a changé, poursuit-il était qu’il était arrivé « à un point où j’ai soudain réalisé que la musique était un élément qui, non seulement ne m’affligeait pas, mais qu’il générait en moi le besoin de créer un quelque chose dont je ne pourrai jamais me débarrasser. »

Sentant « qu’il restait une dernière chose à faire sous le nom de Lone Wolf » il s’est mis au travail avec le producteurJames Kenosha et le joueur de trompette David Warmegard pour réaliser un album qui soit une confession brute, inspirée de Talk Talk et que celle-ci allait se nommer The Lodge du nom du studio de Kenosha. « C’est un pièce où, hormis la résidence d’été de Sophie ma femme au nord de la Suède, je peux ôter touts cette enveloppe d’angoisse dont je suis imprégné ».

De là un disque qui ne sera peut-être pas le dernier : « Pour une raison ou pour une autre, à chaque fois que je m’installe au piano dans le studio de James, c’est comme si je n’avais pas assez de temps pour enregistrer toutes ces idées qui sont miennes ».

Total Babes: « Heydays »

Total Babes est un combo qui marche sur une corde raide ; celle qui court entre sincérité, agression et désinvolture. Cachés derrière des percussions tranchantes, des vocaux uniformes, des guitares en fuzz on trouve des textes innocents, comme si il s’agissait sur ce deuxième album mettre à plat l’esprit teenager dissimulé sous un son garage rock.

Heydays démarre sur une dynamique plus sophistiquée, « Circlin » par exemple fait montre de tempos vifs et d’éclairs de synthés de haute voltige, le tout sans une once de distorsion.

La deuxième partie de l’album exposera d’ailleurs l’attitude plus douce du groupe ; « Sunny Side » et son piano minimaliste offrant une très judicieuse transition à « Repeat Gold » et son riff de guitare accrocheur, ses vocaux mesurés et ses arpèges de six cordes.

C’est la touche folk de Total Babes qui le distingue du punk de Cloud Nothing où le batteur et fondateur de Total Babes Jason Gerycz officie également. Heydays est l’album parfait pour concilier révolte adolescente et un corollaire fait des peines de coeur qu’on éprouve à cet âge.

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