Bien qu’elle soit avant tout connue pour sa participation dans le combo pop-rock Rilo Kiley, Jenny Lewis a produit ses meilleures oeuvres en tant qu’artiste solo et The Voyager confirme cette tendance. Il s’agit de son troisième album depuis Acid Tongue en 2008, une collection de chansons éventées et désinvoltes dans lesquelles elle abordait des évènement tumultueux à propos de sa santé et de ses problèmes relationnels.

The Voyager est une sorte de road album émotionnel, dans lequel elle chronique une existence qui part de son enfance et qui traite de mauvais choix, d’occasions manquées et de de relations qui sont autant d’échecs.

Musicalement, la « vibe » est indiscutablement californienne, plus précisément celle des 70’s; des compositions qui sont aussi des aveux sur fond de mélodies teintées de country comme héritées de l’époque Laurel Canyon et mêlées au pop-rock de Fleetwwod Mac dont le brillant ne masquait pas le côté torturé.

La voix immaculée et parfois trompeusement enfantine sert de ligne conductrice contrôlant des évènements décrits comme bouleversants.  « Head Underwater » est le récit d’une fêlure narrée sur un mode dynamique soutenu par des « backing vocals » sans mots. Les textes véhiculent un sentiment d’espoir même si celui-ci a un prix élevé.

Enregistré avec des amis comme Beck, The Watson Twins et Benmont Tench et produit en grande partie par Ryan Adams, les morceaux s’équilibrent entre textures luxuriantes et arrangement plus organiques qui mettent en évidence la voix et les mélodies de Watson. Rien n’est, en effet, trop appuyé et le disque s’écoule avec suffisamment de fluidité pour que, malgré ses thématiques, il puisses s’écouter comme une musique d’arrière-fond.

Il est vrai que sous l’atmosphère de yacht-rock douceâtre se tapit une sérieuse dose de psychanalyse (« The New You », « You Can’t Outrun ‘Em » » qui flirte avec l’occulte). La chanteuse fait le point sur une vie qui jusqu’à présent ne lui a pas permis d’avoir d’enfants (« Just One Of The Guys ») et rumine sur les cette échappée de l’enfer qu’est « Aloha & The Three Johns », que ce soit la crise du lmilieu de la vie ou la fin de la civilisation.

Même si les choses restent sombres, Lewis ne s’appesantit pas réellement sur elle et ne la fait pas trop remonter à la surface et la musique se fait le porte-parole pleine de grâce d’une rédemption. La chanson titre est le reflet de cette ligne déchiquetée qui mène à la récupération véhiculée par un voix on ne peut plus vulnérable. Ses compositions et elle gagnent ainsi une force de plus en plus forte dans le déroulé de l’album, illuminé qu’il est par moments par de jolis arrangements de cordes qui le font voisiner de plus en plus vers cette lumière qui peut nous faire penser que l’existence se vit aujourd’hui et sans penser, qu’un jour, autre chose puisse la rattraper

***1/2

Braid: "No Coast"

Publié: 25 juillet 2014 dans Quickies
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Le Braid de 2014 n’a rien à voir avec celui des débuts. Le titre de ce nouvel album, No Coast, est soit une manière astucieuse de (se) poser la problématique de l’identification géographique ou le défi que se lance le groupe, réuni à nouveau, et décidé à ne pas se reposer sur ses lauriers. Après un hiatus de 16 ans, il y a sans doute un peu des deux.

De Chicago en passant par Champaign, Braid fit partie la scène « emo » du Mid West et en fut même un élément majeur. Fertile elle était et continue à être puisque nous en sommes à, au moins, sa deuxième vague. Braid se distinguait de cette foule par un côté plus sauvage, des vocaux (Bob Nama et Chris Broach) plus tendus et des compositions punk accrocheuses et tenant la route.

No Coast est un album plus mesuré, parfois même de toute beauté. « Bang » et « Damages » sont à classer dans la catégorie « hymnes rock », un va et vient incessant sur les frets des guitares accompagne « East End Hollows », sans doute le titre power-pop le plus dansant jamais commis par le combo et les samples scratchés ouvrant le sombre « Light Crisis » viennent d’un 45 tours écrit par le grand-père de Nanna (sic!). Diversité donc, mais on retrouvera néanmoins des éléments familiers de l’univers de Braid comme sur « Put Some Wings On That Kid » ou « Climber New Entry ».

À l’instar du punk, le rock « emo » a le plus sa place un contexte jeune. On le considère donc parfois comme ayant un double standard : les artistes prenant de l’âge, le terme de « album mûr » peut se révéler condescendant ou comme un sincère effort à prendre en compte le fait que le temps et les choses les ont changés. No Coast est à cette image, celle d’un groupe qui a trouvé son assise au milieu d’une scène de jeunes musiciens qui essaient de s’y frayer un chemin. Son existence lui permettra sans doute de leur montrer que ça n’est pas une mince affaire de ne pas être une étoile filante.

***

Eugene McGuinness: "Chroma"

Publié: 25 juillet 2014 dans Quickies
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Dès son deuxième album, éponyme, la musique de Eugene McGuinness avait un côté petit sourire en coin qui le voyait manier avec grâce et désinvolture les emprunts stylistiques auxquels il se livrait. Il se faisait sans vergogne mais de manière candide et parvenait à les détourner en y apportant sa propres idiosyncrasie.

Sur Chroma, son quatrième opus, il semble avoir maîtrisé à la perfection cet art du caviardage assumé et créatif avec un riff d’ouverture qui pourrait passer pour un riff écarté par The Temptations lors de l’une de leurs sessions d’enregistrement de « My Girl ». Le ton est ainsi donné pour un disque qui sera autant de références-révérences aux Beatles, à Prefab Sprout, au doo-wop façon Phil Spector et ses « girls bands » (« I Drink Your Milkshake »), à la phase psychédélique de Bowie, voire même à Thin Lizzy et, plus intense encore, au post punk.

Chroma est, en effet, un album chromatique de ce point de vue mais il évite de ne devenir qu’un autre disque de rock nostalgique grâce, précisément, à cette approche particulière de McGuinness, faite de distanciation, certes, mais aussi de démarche anti conventionnelle. Les accords choisi sont évidents mais conditionnés savamment pour nous procurer une impression d’inattendu.

Si on y ajoute la production effervescente de Dan Carey, déterminé à illustrer de manière étincelante chaque moment qui passe (les titres n’excèdent pas les trois minutes), cela fait de Chroma un album qui pourrait rappeler, toutes proportions stylistiques gardées, Revolver. Ce disque est vif et effilé mais aussi emprunt de riches idées qui semblent vouloir s’accumuler jusqu’à plus soif à chaque détour sonique.

Chroma s’agite ainsi dans tous les sens, un peu trop parfois quand il s’essaie à l’expérimentation et au mysticisme oriental de « Fairlight » qui conclue l’album en dérapant quelque peu. On sent néanmoins que, hormis cette toute dernière faute de goût, le disque sert un objectif. Le précédent avait déjà cette prétention mais ne parvenait pas à mettre en place cette grandeur voulue par le chanteur. Ici l’élocution et l’interprétation sont vigoureuses mais charmeuses et élégantes, Chroma est un melting pot de pop « British » addictive et délivrée avec une jubilation qu’on ne peut que partager.

***1/2

Lewis Watson: "The Morning"

Publié: 24 juillet 2014 dans Quickies
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Lewis Watson fait partie de cette génération de jeunes chanteurs compositeurs qui, à l’instar de Jake Bugg, essaie de se faire un nom avec un répertoire qui oscille entre le soft-rock, le folk et les ballades intimistes. The Morning est son premier album après une série de E.P.s ayant connu un succès relatif.

Le ton reste pourtant simple et humble, presque terre-à-terre, et sa voix qu’accompagne une guitare acoustique et des « beats » très soft se veut chaleureuse et sincère. « Stones Around The Sun » est ainsi une réalisation assez adulte de l’insignifiance de l’homme et de sa propres personne et, avec la même honnêteté, Watson délivre sans fard ses réflexions sur les relations humaines.

« Outgrow » est un constat nostalgique de ce qu’il est devenu, lui et ses amis, par rapport aux temps de sa jeunesse faite de fun et de virées nocturnes, contrastant avec la volonté du jeune homme qui se veut mûr et se met en exergue alors son désir de continuer à compter les étoiles. C’est une chanson étrange quand on considère que Watson n’a que 21 ans tout comme « Castle Street » qui se dote d’une instrumentation atypique et variée dans les quelles toute un palette d’émotions s’empile servie par un « multitracking » de voix et de textures sonores.

Il est rare qu’à cet âge un artiste soit capable de prendre en compte et de gérer toutes les discordances qui peuvent traverser notre psyché ; l’artiste y parvient de manière fluide et doucereuses, peut-être même, à l’image de la pochette de The Morning, un peu trop aseptisé.

Simple troubadour ou auteur plus complexe que son apparence peut le suggérer, l’avenir dira si son approche poétique conservera la même sagacité et si ses compositions, convenables, atteindront un niveau où l’écoute musicale se fera plus attentive.

**1/2

Il n’y a pas beaucoup de groupes qui peuvent prétendre ne pas être influencés par un artiste ou un autre et le premier album de The Proper Ornements, Wooden Head, ne dérogera pas à cette tradition. Il possède même tous les prérequis qui ont servi de marqueurs à la culture pop. Le Velvet Undergroud ? Oui, mon général. Les Byrds ? Absolument ! Le Paisley Underground des années 80 ? La psychedelia ? Bien sûr. Quant aux incontournables Beatles ? Il n’est que d’entendre « What Am I to Do? » ou « Don’t you Want to Know » pour se rendre compte que nul musicien n’y échappe et, dans ce cas-là, avec bonheur.

La faculté d’apprécier Wooden Head dépendra alors de la connaissance que l’on peut avoir de cette èere (n’oublions pas non plus le Pet Sounds des Beach Boys) et de la façon dont elle nous parle. Heureusement, The Proper Ornaments nous façonnent de bien habiles chansons qui nous donnent cette impression bienheureuse de nous retrouver dans une boutique vintage à Londres et d’être entourés par une musique qui lui correspond absolument.

De cette collection de quatorze plages rien n’est à jeter, montrant un groupe qui, stylistiquement, est mieux qu’à son affaire. Il lui est alors facile de référencer d’autres groupes dans ses titres, « Stereolab » par exemple, ou de parler de choses aussi quotidiennes que le temps (« Step Into The Cold », « Sun », « Summer’s Gone ») un peu comme en cet âge d’or musical sur lequel il est impossible de ne pas revenir.

Sur Wooden Head les caractéristiques de composition peuvent ainsi se donner libre cours. Le registre lyrique est sincère et concis, les guitares ont cette qualité onirique et carillonnante qui demeurent des archétypes, on y évoque vaguement des promesses de régénération et de renouveau comme dans les sixties même si une mélancolie nostalgique semble perméabiliser l’album. Le penchant pour le laconisme est assumé hormis qur un « You Shouldn’t Have Gone » qui dépasse les quatre minutes.

« Now I Understand » sera peut-être la chanson emblématique de la méthode du combo : brève, fuyante et lo-fi, avec un « fuzz » affirmé emprunté aux Byrds et des accroches pointues. Ceci étant donné, l’album est fait d’humeurs contrastées : l’allant de « Step Out Into The Cold » n’est qu’un chorus qui se prolonge, alors que le mélodique « Always There » fait preuve d’une morosité qui met mal à l’aise pour ce qui semble être une chanson d’amour. Parfois l’inconfort se traduit par des sujets presque surréalistes ; une journée dans l’existence d’une balle (« Magazine ») ou tout simplement l’au-delà sur « You’ll See ».

L’essentiel est toutefois brillant et ne peut que nous affecter car direct et sans emphase même dans son approche de la dépression (« Summer’s Gone ») et The Proper Ornaments se montent tout au long de l’album suffisamment distingués et personnels pour que le somme de ses influences sonne légère et libérée.

Que ce soit par dessein (il a dû en falloir de la réflexion pour concevoir un tel album) ou par accident ou moment de grâce, Wooden Head est un disque charmant, suintant un doux optimisme et rappelant, par son euphorie tranquille, les jours paradisiaques où le monde était un lieu sûr, ou du moins la musique qui lui servait de bande son.

****1/2

Il est mille manières de se détendre en écoutant de la musique et celle de Paperback Ghosts le nouvel album de Comet Gain est à mille lieues de ses débuts punks et « riot girrrl » des années 9O. Pour ceux qui connaissent ma ce groupe difficile à classifier il sera surprenant de déterminer sa nature, même à l’intérieur des ruminations « indie » quand on se trouve face à des compositions aux structures complexes comme le sont « Sad Love And Other Short Stories » ou « Wait ‘Til December ».

Le combo a énormément changé en matière de line-up et seul demeure leur leader David Feck après que Comet Gain se soit, une première fois, séparé en 1997. Aujourd’hui est venu le temps d’une métamorphose graduelle en direction de sujets plus sensibles et poétiques dont Paperback Ghosts en est la traduction musicale mais aussi figurative tant la jolie pochette du disque indique à merveille ce qu’on va trouver à l’intérieur. Celle-ci s’orne de tons divers, à la fois apaisants mais aussi de nuances plus intenses qui rappelleront que ce septième album n’est pas non plus débarrassé de cette pavane quelque peu arrogante qui caractérisait Comet Gain.

« (All The) Avenue Girls », « Breaking Open The Head Part 1 » aet le titre clôturant l’album « Confessions of a Daydream » plairont à ceux qui ont été des fans de la première heure quand le groupe se lançait encore dans le garage rock avec des vocaux (Feck et Rachael Evans) s’y nichant comme si ils étaient chez eux.

C’est un des éléments clef que de constater ainsi comment es deux vocalistes se promènent avec aisance tout au long de l’album et abordent les genres qui en émergent avec une facilité que nul ne peut nier. Ils donnent créance à ces récits d’amour et de perte comme avec ces cheminements dans leur ville natale qui accompagnent « Long After Tonight’s Candles Are Burnt », une histoire folk-pop contemplative évoquant l’univers de Bright Eyes ou « Far From Trhe Pavilion », un hymne sur lequel on ne peut s’empêcher d’opiner. D’une façon générale, il sera difficile de définir Paperback Ghosts mais c’est en cela que réside sa beauté.

Leuts textes et leur mélodies ont le pouvoir de parler à beaucoup d’entre nous et, même si peu morceaux résonnent véritablement, il est garanti que certains d’entre eux amèneront à notre esprit des souvenirs de chagrins d’amour ou d’angoisse et de la façon dont on est parvenu à les surmonter. Paperback Ghosts est une véritable œuvre d’art, pleine de tonalités enchanteresses, romantiques et douces amères, de guitares frappées de façon lo-fi comme il se doit et de beats presque rustiques.

On y trouve un délicat équilibre entre tristesse et joie ; une musique qui n’est pas que musique mais aussi poésie créative et peuplée de fantômes. Mais derrière ce mystère caché l’atmosphère n’est jamais inquiétante et s’avère plutôt folky ; capturant un moment au milieu de ce temps qui s’écoule et de ces heures magiques que Paperback Ghosts s’emploie avec succès à nous faire partager.

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Luluc: "Passerby"

Publié: 22 juillet 2014 dans Quickies
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Luluc écrit des chansons destinées aux longues ballades nocturnes et aux matins où il ne se passe rien. Le genre de musique qui semble coaguler les sens et les rendre indifférents à l’extérieur. Éduqués en Australie mais basés partiellement à Brooklyn, Zoë Randall et Steve Hassett sont sur un registre qui exsude simplicité et douceur ne permettant que rarement à leur musique d’excéder une vitesse allant au-dessus d’une avancée qui serait tout au plus un bond tranquille. Malgré cela, les onze titres de Passerby ont cette constance qualitative qui jamais ne se congèle dans un brouillard ou qui semble être un trop grand effort. Le duo ressemble à sa musique, ils utilisent le calm comme un média en soi.

Bien que ce ne soit pas un véritable « debut album » - Dear Hamlyn est sorti en 2008 – Passerby fait preuve d’une merveilleuse introduction pour un duo dont la méticulosité délibérée ne sonne jamais guindée et forcée.

Le fait que Aaron Dessner qui sait quelque chose de ce qui est du domaine de l’impeccable participe à l’album est une grande aide et sa production fournit à Luluc cette instrumentation riche mais dépouillée que lui et le duo savent si bien utiliser pour laisser aux compositions assez d’espace pour respirer.

Il est significatif que quand ce vétéran de la production ait choisi Luluc quand il a voulu assembler un album qui rendait hommage à ses collaborateurs précédents (le projet a donné naissance à deux concerts en 2012 pour le disque Way To Blue). Bien sûr des comparaisons avec Nick Drake sont inévitables ; il suffit d’écouter l’étonnant « Winter Is Passing » qui sonne comme si ce dernier était ressuscité. Mais alors que beaucoup de ses émules tombent dans la stérilité et la fadeur en ne choisissant que d’émuler les vocaux calmes et le jeu de guitare acoustique élaboré de Drake, Luluc parvient à localiser les ombres et les subtilités qui sont la proie de tous les artistes qui endurent le poids de l’existence

***1/2

Ben Vaughn: "Texas Road Trip"

Publié: 21 juillet 2014 dans Quickies
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Ben Vaughn est un de ces artistes inclassables en ce qui concerne le roots rock tant il a la faculté d’en explorer toutes les facettes, avec toujours la même approche mais en sonnant chaque fois différent. On pourrait presque considérer que ses albums sont des hommages (ici ce qu’est un road trip au travers du Texas) sans pour autant y voir un « road album ») et qu’ils constituent un tribut à des musiciens sans que néanmoins on puisse y voir un disque de « reprises ».
C’est le cas ici avec Texas Road Trip un disque où on croit entendre du Dough Sahm sans qu’une composition de ce dernier n’y figure.
Vaugn est un fan avoué du Texan et, comme en tant qu’omnivore musical, il a opté pour la configuration suivante: restituer un son en utilisant le style de 2014. Il a donc écrit des morceaux qui s’entendraient parfaitement avec la période de Sahm avec le Sir Douglas Quintet, interprétés comme ils l’étaient lors de cette collaboration.


De façon assez sensée, il s’est rendu à Austin pour enregistrer l’album avec trois anciens musiciens de Sahm: Augie Meyers à l’orgue, Alvin Cow au violon et le bassiste Speedy Spark. Figurent aussi John X. Reed à la guitare et l’ancien batteur des Fabulous Thunderbirds MIke Buck.
Les morceaux de Texas Road Trip ont indéniablement la patte et l’humour de Vaughn, et sont vus toujours au travers du prisme du type sans histoires, (par exemple « Miss Me When I’m GOne » ou « Seven Days Without Lve »), les mélodies se prêtent facilement à ces arrangements façon Dough Sam. Pour cela on ne pouvait trouver mieux que les claviers de Meyers dont la particularité est de sonner comme un accordéon tex-mew. La section rythmique de Spakrs et Buck est une véritable tuerie, pleine de feu mais aussi efficace quand le tempo se ralentit (« Texas Rain », « Heavy Machinery »). Le travail à la guitare de Vaughn et Reed s’enfile là-dedans comme un gant et, Vaughn ne prétendant jamais qu’il est Dough Sahm, il nous présente ainsi un « tribute album » digne et humble comme on aimerait en entendre plus.
***1/2

Adam Cohen: "Like A Man"

Publié: 20 juillet 2014 dans Quickies
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Quand le fils d’un musicien renommé sort un album, on s’interroge et doute souvent du talent de sa progéniture. Heureusement, Adam Cohen est doté de talents artistiques indépendamment de ceux de son père, Leonard.

Like A Man se veut, de par son titre, assertif et autonome même si, gènes aidant, le titre d’ouverture, « Out Of Bed », ne peut que rappeler vocalement l’univers de son géniteur. Sa voix, celle d’un ténor nuancé, est pleine de touches veloutées et représente un de ses plus indéniables atouts. Si on ne peut que l’identifier avec celle de son père, cette ressemblance ne phagocyte pas ses compositions.

Ce Cohen se plait dans un phrasé romantique avec des résultats qui ne sont pas tous convaincants. Il s’agit d’un album à la saveur définitivement pop, doux et mélodieux, et certaines des plages semblent d’ailleurs être trop destinées au marché de masse pour remporter notre adhésion.

Des titres comme « Sweet Dominique » et « Overrated » sont allègres et romantiques et « What Other Guy » y mêle une observation sexuelle voyeuse et dérangeante. « Beautiful » est un morceau délicat gâché par le diminutif « Willy » accolé de façon peu adulte au nom de Shakespeare.

Like A Man a néanmoins ses bons moments : « Out Of Bed » a un son familial et les textes, réalistes, demeurent modérés dans leur expression d’empathie et d’émotion pour l’être aimé. On retrouve cette même caractéristique sur la chanson titre, assez douloureuse dans son expression de désir de s’améliorer et cette thématique prend même une dimension philosophique sur un « Strangers » avec son honnête exploration de la solitude parfumée à la country.

Bien que personnel, Like A Man nous en apprend néanmoins peu sur Cohen. En sait-on plus sur lui après l’écoute du disque ? Pas vraiment. On réalise qu’il a sa propre voix, assez formidable d’ailleurs, mais ses textes demeurent parfois trop neurasthéniques pour qu’on y adhère. Un peu plus de convivialité telle qu’il sait en montrer lui permettrait d’assoir mieux son talent.

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Cold Beat: "Over Me"

Publié: 17 juillet 2014 dans Quickies
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Hannah Lew est surtout connue comme la bassiste et parfois chanteuse compositrice decet ouragan musical qu’est Grass Widow, ce combo de San Francisco qui débite des disques post-punks depuis des temps immémoriaux

Son nouveau groupe s’appelle Cold Beat, groupe punk mais aussi surf-rock qui garde les mêmes signes distinctifs que Grass Widow. Guiares et basse sont épaisses, travaillant ensemble pour créer une atmosphère mélancolique accentuée par les vocaux de Lew, reconnaissables entre tous. Sa voix est éthérée et venteuse et elle ne vogue pas au-dessus de la musique autant qu’elle ne la tranche. Cold Beat se veut plus accessible et plus pop que Grass Widow, plus minutieux aussi dans son approche.

Over Me ne manque pas d’atouts pour séduire : les morceaux sont concis et Lew est capable de composer des mélodies plutôt agréables. La brièveté des titres ôte pourtant cumulée aux arrangements ôte néanmoins un sens d’urgence à l’album si on considère par exemple « Rain » qui, dépourvu de basse, sonne de manière bien légère. Les orchestrations semblent ne pas vouloir appuyer sur les climats de l’album si on considère le staccato des percussions ou les coups de guitare plus imprégnés de surf rock que de rock. Seule la basse parvient à donner chair à l’ensemble mais la voix de Lew, toute esthétique qu’elle soit, ne semble pas assez précise et assurée en raison de son aspect vaporeux.

Ce paysage contrasté nous offre toutefois quelques récompenses : « Abandon » est une plage saugrenue qui rappelle un peu Ejecta ou Beach House mais Cold Beat l’interprètent à merveille et son climat se marrie alors parfaitement avec la diction de Lew. Sachnt d’où vient Cold Beat, il serait étonnant que le groupe continuera dans cette direction ; mais les fans des Vivian Girls, Frankie Rose ou Dum Dum Girls trouveront ici un autre objet de plaisir dur fond de décibels.

Over Me est un bon petit premier album, prometteur et qui ne sonne pas comme un projet secondaire. Le groupe semble à l’aise dans sa dynamique et il est possible qu’il en recueille un jour les dividendes.

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