The Raveonettes: "Pe’ahi"

Publié: 21 août 2014 dans Quickies
Tags:,

Sharin Foo et Sune Rose Wagner, ce duo danois connu sous le nom de The Raveonettes s’est bâti une réputation en mêlant harmonies à la Everly Brothers et guitares bruyantes comme le faisaient Jesus & Mary Chain ou Sonic Youth. Le groupe a sorti 6 albums et 5 E.P.s avec l’aide de musiciens variés, tous sur le même mode aussi leur sixième, Pe’ahi, est une véritable surprise qui marque un virage fondamental alors que The Raveonettes entrent dans leur deuxième décennie.

Pe’ahi est le nom d’une étendue de plage à Maui, célèbre parmi les surfeurs pour ses vagues, énormes et imprévisibles. Même si le disque comporte encore des passages familiers (jeu de guitare en distorsion et en fuzz) l’inattendu viendra d’autres procédés, en particulier la voix de Foo qui prend plus d’ampleur tout en restant à la fois sombre et angélique et s’accorde de merveilleuses harmonies avec celle de Wagner. Cela deviendra la cœur d’un album où jamais le groupe n’a aussi bien sonné.

« When The Night Is Almost Done » est un des morceaux phares d’un disque qui en comporte un certain nombre et on se plait à admirer la façon dont la voix de Foo passe de l’innocence béate à l’expérience amère et acquise chèrement.

Le « songwriting » de Wagner est le deuxième élément fondamental. Pe’ahi est, selon lui, une réponse directe à la mort inattendu de son père fin 2013 et les textes en sont emprunts dès le titre d’ouverture « Endless Sleeper ». Les thèmes aborderont donc le trépas, le regret, l’isolation dans un album qui parfois donne l’impression d’être un disque d’adieu qui ne s’adresse pas uniquement au père de Wagner mais aussi au son précédent du duo. Peut-être n’est-ce pas une coïncidence alors qu’en langage hawaïen, le terme « pe’ahi » signifie « vague » comme quand on fait un signe d’au revoir à quelqu’un ou quelque chose.

***1/2

Bien que leur nom puisse transporter quiconque a connaissance de l’univers culturel britannique vers les temps de la « Cool Britannia », Young British Artists ne sont pas influencés par Damon Albarn ou autres mais plutôt par les sensibilités plus austère du post-punk. Leur premier opus, Change By Any Other Name, en est le témoignage musical. Leo Scott, le bassiste vocaliste, nous en dit un peu plus.

Vous avez la réputation d’être un groupe plutôt animé sur scène ; avez-vous tendance à vous lâcher ?

Pour nous jouer « live » est un objectif. Il n’y a plus beaucoup de groupes qui, aujourd’hui, se donnent tant à leur public. Je n’aimerais pas voir des stypes qui, sur scène, me donneraient l’impression que j’entends leur disque. Je veux voir un show, même si il est perfectible plutôt qu’embellissement.

Votre nom est-il une référence à ce collectif artistique des années 80 et à l’ère de la « britpop » ? En effet, à vous entendre, l’allusion cette allusion n’a pas beaucoup de sens.

C’est du second degré, une référence assez brute à cette période. Bien sûr on était tous fans de Blur ou autres mais ils n’influencent pas notre musique. On est devenus amis car nous étions tous fans de Sonic Youth , At The Drive In et And You Will Know Us By The Trail Of Dead et surtout Pylon. Notre guitariste, Sebastian Mariner, adore les six cordes qui hurlent.

Vos vocaux sont délibérément distordus et donnent un tonalité sinistre et décharnée à votre répertoire : sur quoi écrivez-vous ?

Tout cela sonne un peu sérieux et je suis sûr que certains trouveront que ça l’est trop et même agressif mais les textes ne sont pas des facéties. Ils sont au contraire très directs.

Comment avez-vous abordé l’album ?

On a enregistré en partie à Manchester, notre ville d’origine et Londres. On a fait ça avec Owen Turner qui a produit Factory Floor. On aimait bien ce qu’ils faisaient et on a été dans le Norfolk pour tout peaufiner. La campagne était l’endroit idéal pour nous distraire de la ville.

En quoi cela a-t-il changé depuis vos premiers « singles » ? Est-ce toujours un procédé de fortune qui vous fait utiliser des méthodes lo-fi ?

On a essayé le lo-fi mais ça ne fonctionnait pas. Les premiers enregistrements sonnaient hagards et à Londres tout devenait trop poli. On souhaitait avant tout que l’enregistrement soit comme celui d’un disque « live ».

La Roux: "Trouble In Paradise"

Publié: 20 août 2014 dans Quickies
Tags:

Le «  revival  » eighties a duré bien plus longtemps que les eighties elles-même et Elly «  La Roux  » Jackson en est une des figures vitales pour sa durabilité. Son album éponyme, une électro-pop qui avait résonné comme un coup de canon, par ses arrangements de synthés extrêmes et des vocaux qui vociféraient des futurs de dystopies, augurant ainsi de ce nouveau millénaire.

Forte de cette percée, et après le départ de ses collaborateurs la chanteuse a attendu le temps qu’il fallait pour peaufiner un Trouble In Paradise, manière de trouver un peu plus de substance et de profondeur.

On retrouve le même style froid, tout comme la même attitude glaciale mais aussi une voix plus riche et des compositions et des arrangements plus sophistiquées. Si on devait se référer aux eighties on pourrait voir les influences de Grace Jones produite par Trevor Horn, Nile Rodegrs et son travail avec Madonna, Bowie (le fabuleux «  Tropical Chancer  ») ou Carly Simon.

L’électro-pop va se teinter de pop-soul et malgré des titres plutôt «  trash  » («  Sexotheque  », «  Kiss and not Tell  ») ceux-ci sont plutôt des démentis car ils nous emmènent dans un univers où la virulence est plus luxuriante que débridée.

Jackson n’a aucunement perdu sa férocité ni la maladresse qui l’accompagnait parfois mais elle a trouvé le moyen d’assumer et même de es complaire dans l’inconfort et de le transformer en un élément vers lequel on aurait hâte de plonger.

Trouvant confiance dans une variété de styles, l’album nous apporte paradoxalement une certaine chaleur  ; celle d’une artiste qui sait s’éloigner des schémas pop ou dance traditionnels et nous proposer quelque chose où le vindicatif et le glorieux ne sont jamais dissociés, une enivrante margarita ou autre nectar propices au mélange des genres.

***1/2

5 Seconds Of Summer: "5 Seconds Of Summer"

Publié: 18 août 2014 dans Quickies
Tags:

l paraît que la controverse suscitée par One Direction (herbe, puis désir de s’orienter vers une musique plus pop dans le bon sens du terme) leur a fait perdre un bon nombre de fans. En outre, la place vers laquelle ils ont décidé de d’orienter risque désormais d’être prise par un quatuor venu d’Australie, 5 Seconds Of Summer, une groupe de petites fripouilles dont le répertoire se situe à l’intersection de la musique « radio-friendly » et d’une attitue légèrement rebelle et punk.

Cette position leur a assuré un « hit » mondial avec un « single » « She Looks So Perfect » et leur album va être une tentative de reconstituer cette formule. IL n’y a donc rien de particulièrement original dans leurs douze compositions, et leur image demeure celle de stars sur « youtube » avec des chorus qui se veulent aussi accrocheur que ceux de Weezer mais en plus stupides d’autant que les txtes se résument souvent à des exhortations de style « hey hey hey ».

La cible est désignée, ce sont les teenagers et pour cela ils distillent exubérance et soupçon d’une espièglerie qui veut passer pour de la révolte.

Tout ce qui pouvait être âpre a soigneusement été gommé mais on ne peut nier à 5 Seconds Of Summer un enthousiasme même si celui-ci se révèle être un emportement qui n’apporte rien. On a parfois même l’impression qu’ils s’évertuent à prouver qu’ils sont des punks (référence à la chemise de Cobain) mais si la musique est ajustée, l’élan sonne faux et préfabriqué.

Les textes sot souvent stéréotypés (‘Good Girls ») mais ils sont là pour répondre à un marché, on ne peut donc en attendre rien de plus.

Au fond, ce combo rappelle ce groupe monté de toutes pièes pour conter les Beatles dans les années 60 : The Monkees . Ces derniers avaient montré qu’ils valaient plus que ça ; on peut se demander si la notoriété de 5 Seconds Of Summer ne s’exemplifie pas déjà dans le patronyme qu’ils se sont attribués.

**

To Rococo Rot: "Instruments"

Publié: 17 août 2014 dans Quickies
Tags:,

To Rocooco Rot n’est pas vraiment un groupe mais une unité artistique composée de trois membres. Et celle-ci continue son exploration d’un univers musical sis entre « electronica », « ambient » et post-rock. Avec succès, ils ont deuis près de 15 ans redéfini les possibilité de faire fonctionner synthés et électronique sur ordinateur ainsi que la façon d’e permettre une interaction entre techno minimaliste avec basse et véritable batterie.

Les Berlinois sont de retour sur leur premier label, City Slang, et Instruments suit un Speculations datant de 4 ans, hiatus qui les avait vus chacun s’afficher dans des collaborations avec d’autres musiciens du même type.

Comme d’habitude, on retrouvera la fluidité du jeu de basse de Stefan Schneider et celle-ci sert de point d’appui à tout l’environnement du disque. Des titres comme «  Besides Down in The Traffic » avec sa pulsation abstraite ou « Pro Model » avec ses multi couches en crescendo ou les percussions jazzy de Ronal Lippok ont toujours un résultat compulsif qui garde une doses appréciable de momentum débridé, chose qui aurait été différente si un autre producteur s’était saisi de l’affaire.

Une chose est nouvelle pourtant, ce sont les vocaux., ceux de Arto Lindsay (une figure établie de la « no wave » de New York). Sa voix est douce et on la retrouve sur plusieurs plages (par exemple « Longest Elevator In The Wors ») tout comme sa guitare primitive et abrasive. On retrouve le même minimalisme dans l’enregistrement des pianos ce qui donne au tout un climat plutôt détendu.

En dépit de toutes ces « innovations », le son de To Rococo Rot demeure reste indifférencié : sa démarche demeure discrète et modeste ce qui fait d’eux, en contraste avec d’autres artistes de la même mouvance, un ensemble qui sonne toujours de manière optimiste. Cette faconde procure ainsi excitation musicale qui va bien au-delà du genre dans lequel il sait si bien se confiner.

***1/2

Ce groupe tire son nom d’un groupe d’artistes des années 80 (Tracy Emin, Damien Hirst) mais il n’en est pas pourtant un aficionado du « art rock » ou de l’époque « Cool Britannia » que suggère son patronyme.

Après pas mal de buzz, le combo de Manchester nous livre son premier album, assez étrange et graveleux qui semble faire la description de paysages urbains humides et totalement dépourvus de cet optimisme, de cette ironie ou de cette « britishness » qui caractérisait le mouvement dont il a adopté l’appellation.

Young British Artists s’inscrit plutôt dans une mouvance hybride faite de « shoegaze » et de punk maussade, une effort discipliné, revêche et tendu. Des murs soniques sont censés prodiguer un effet de transe qui enveloppe une musique austère rappelant les premiers albums des Walkmen, Alkaline Trio ou Eagulls. Change By Any Other Name est un cocktail de textures misérabilistes conjuguées à des références musicales et des « lyrics » qui ne font qu’un avec elles.

Le disque est néanmoins constitué de plusieurs sections. La première est frénétique, fiévreuse et en colère, la seconde s’empare de ce dernier élément mais y ajoute introspection avec des passages instrumentaux qui, graduellement, s’élèvent pour se finir abruptement. « Living In Skin », par exemple, pourrait appartenir à un tout autre album que « Kato » : le premier tout en riffs incessants, angulaires et aigus, le dernier mélancolique, lent et propre à vous hanter.

« Kato » s’efface en feedback alors que « Blood Bothers » va de l’avant, appuyé par une batterie toute en nuances et des textes indéchiffrables. « Start A Colony » nous ramènera dans un environnement plus enjoué tout en laissant intactes les fondations édifiées par les premiers titres.

L’album s’arrêtera sur une note soudaine, « Forget Your Past », une conclusion abrupte et dissonante alors que tout concourait jusqu’à présent à bâtir un crescendo. Cette ode finale apporte un peu plus d’intrigue à un album qui suscite l’envie d’en savoir plus. Quelque part, cette forteresse édifiée par YBA incite à ce qu’on y pénètre à nouveau et que son onirisme perturbateur soit réécouté sans crainte mais plutôt avec délice.

***1/2

Greg Cartwright, le leader de Reigning Sound, est le prototype du héros « garage rock ». Dan Auerbach semble trop vouloir s’efforcer à l’être, Jack White est un excentrique, Mick Collins pourrait faire l’affaire mais même le suprêmement cool meneur des Dirtcombs ne peut égaler cet esprit soul qui revisite les années 50, 60 et même la période Nuggets, ces moments qui vous frappent aux tripes, le tout délivré avec une  faconde qui fait de Cartwright une personnage qu’on ne peut qu’aimer.

Après plus de 10 ans entouré de musiciens de sessions (sous le nom de The Oblivians ou de Compulsive Gamblers) et d’enregistrements aussi fantastiques que méconnus, notre homme a enfin un line-up stable et sur Shattered enregistré à Brooklyn pour son nouveau label (rien que moins que Merge) cet équilibre est flagrant. L’organiste Dave Amels peut, en effet, être considéré comme son frère de sang grâce à un jeu en qui ronronne en permanence donnant à des morceaux comme « Falling Rain » ou « If You Gotta Leave » une qualité de douce réassurance. Sur des titres tels un « You Did Wrong » en accélération constante il procure, par contre, avec habileté un lustre imparable et une énergie dense à ce joyau de « Southern Soul ».

Reigning Sound étant sur le mode éclectique, Shattered offre aussi des rockers « fun » et fuzzy comme « North Cackalacky Girl » qui ouvre l’album ou des ballades bluesy du style de « I’m Trying (To Be The Man You Need) » quin lui, ferme la marche.

Ce quintet, étayé par trois membres du groupe soul de Amel The Jay Vons semble avoir ainsi maîtrisé tout ce que l’Amérique à pu produire musicalement en termes de post-rockabilly et de pre-punk. Même la pop anglaise n’est pas ignorée avec un « My, My » qui véhiculera l’excitation des Them de l’époque Van Morrison dans une histoire verve de subversion adolescente narrée avec verve, passion et simplicité. A contrario, « Never Coming Home » sera une ballade pop scintillante et pleine d’émotion avec une arrangement bienvenu, celui d’une flopée de violons,  le tout mettant merveilleusement en valeur le côté troubadour qui peut sommeiller chez le chanteur.

De ce disque on peut reconnaître le côté « hard » mais il y a beaucoup plus que cela dans la mesure où Reigning Sound ne s’évertue pas à jouer fort et vite. La vie n’est pas qu’un crescendo et Cartwright semble l’avoir compris en y apportant une âme qui vise à élever l’auditeur plutôt qu’à vouloir le  faire entrer dans  un cadre de « stadium rock » et d’emphase. C’est aussi cela la définition du rock & roll, quelque chose qui vous secoue certes, mais qui est aussi capable de révéler votre part d’intime sans qu’il soit nécessaire de trop en rajouter.

***1/2

Alvvays: "Alvvays"

Publié: 14 août 2014 dans Quickies
Tags:,

Alvvays est un quintet canadien dont ce premier album éponyme est une collection de neuf titres brefs mais dont la concision met à merveille en valeur le côté étincelant de leur indie-pop enrobée comme une douceur sucrée. Le groupe tient son inspiration du « C-86 movement » cette cassette compilée en 86 par le NME mettant en valeur la nouvelle scène indépendante anglaise.

On ne sera donc pas étonné d’y entendre l’influence de The Wedding Present mais on y découvrira aussi certaines références au garage-pop américain des débuts avec ces tendance à utiliser la guitare en mode « fuzzy ». Ajoutons-y une sorte de paresse rêveuse et mélancolique héritée de Teenage Fan Club et la tableau sera complet.

Le disque s’ouvre sur un punchy « Adult Diversion » suivi par un « Archie, Marry Me » qui ouvrent tous deux le bal sur une note de noisy pop et d’harmonies vocales dont le côté accrocheur est véhiculé par un manque d’expression qui contraste avec les mélodies nerveuses.

L’interaction entre les guitares acérées et les vocaux en cascade de Molly Rankins ajoute intérêt à la chose mais Alvvays ménagera d’autres surprises.

« Party Police » est un morceau dont la mélancolie s’exprime au travers de synthétiseurs et les guitares qui s’entremêlent sur « Atop A Cake » nous remémoreront Orange Juice.

Musicalement Alvvays va se reposer invariablement sur les mêmes schémas en distorsion et en reverb qui ont obsédé toute une génération de groupes indie-pop mais la qualité de leurs compositions et leur habileté instrumentale leur permet de se hisser au-dessus.

À cet égard ce « debut album » est plus que prometteur : on y trouve des titres dont le niveau rappelera The Pain Of Being Pure At Heart ou Veronica Falls tout en y amalgamant un goût très sûr pour la bravache punk, la « dream pop » ou l’émerveillement mièvre que véhicule parfois la pop sucrée.

Alvvays ne se contente pas de compter sur les schémas établis par ses prédécesseurs ; ils parviennent à attirer notre attention aussi bien dans les attaques carrées que dans les climats les plus oniriques.

***

PS I Love You: "For Those Who Stay"

Publié: 14 août 2014 dans Quickies
Tags:

Choisir le nom de PS I Love est vecteur de sens et pour ce du canadien dont For Those Who Stay est le troisième album, le fait d’écrire tragiquement sur de fragiles chansons d’amour reflète assez bien le patronyme qu’il s’est choisi et le précédent disque du groupe, Death Dreams, était un trou noir kaléidoscopique où la mortalité et le malheur suintaient de partout.

Paul Saulnier est assez dur avec lui-même et quand il chante c’est les nerfs à fleur de peau, les soubresauts de sa voix semblable à des solos de guitares qui dérapent comme sur « In My Mind At Least » où le décharnement de ses émotions se donne libre cours.

L’album n’est pas que cela, heureusement, et il nous réserve aussi des moments de charme, de poésie et de beauté. « Advice » par exemple est un de ces titres où PS parvient à faire penser à cette tournée à la fin des années 9O ou Neil Young & Crazy Horse partageaient l’affiche avec Sonic Youth.

Il en est de même quand la vulnérabilité de « Bad Brain Day » voisine avec l’épineuse allure de « Limestone Radio » ou quand le batteur Benjamin Nelson s’empare du micro pour donner à la chanson titre un parfum « glam rock » qui se mélange à une jam post-punk.

Le sommet du disques sera sans doute un « Afraid Of The Light » qui ne peut que nous laisser sans voix, une étrange composition psyche-prog qui débute par des choeurs enfiévrés et se conclue sur une éclatante démonstration de guitares en feux d’artifice.

On le perçoit, PS I Love You n’est plus simplement un puits de cauchemars ; « Fire » est comme une échappée hors de l’obscurité, une évolution qui apportent de nouvelles couleurs à un rock qui reste néanmoins toujours orné de guitares fuzz.

L’album se terminera même sur un second degré bienvenu, « Hoarders » un bien joli déboulonnage de la power-pop ce qui prouve que, quand ils enregistrent dans un vrai studio, PS sont capables de fournir une musique dynamique qui, toute mélancolique qu’elle soit, est capable d’avoir des palettes diverses et même épiques. Le duo n’est certes pas Yes mais les riffs explosent avec la même acuité nerveuse que ceux de Tom Verlaine comme ou Bill Corgan (le feedback sur « More Of The Same »).

***1/2

Joyce Manor: "Never Hungover Again"

Publié: 13 août 2014 dans Quickies
Tags:

Les fans de pop-punk ont de quoi se réjouir, ce troisième album de Joyce Manor, combo californien, s’ouvre de manière ouverte et cool : un seul accord et le vocaliste Barry Johnson se s’empare du micro pour une pop song élancée qui semble ne vouloir jamais s’arrêter. « Christmas Card » qui débute Never Hungover Again est un de ces titres qui ne s’appesantit pas sur la dramaturgie mais se montre capable de créer une atmosphère tangible même cantonnée à deux minutes.

L’émotion est présente, mais elle cogne et galope et semble emprunter les tonalité des Smiths que leur précédente production suggérait déjà. Johnson a laissé tomber les phrasés déclamés avec passion pour une approche plus nasale. Il se fait même crooner par moments tout en balançant des compositions qui feraient honneur à la meilleure Britpop.

« Scley », « End Of The Summer » et « Heated Swiming Pool » en sont un parfait exemple mais on sent encore plus la patte de Morrissey avec un morceau comme « Falling In Love Again » (guitares en carillon, mélancolie, mélodie réduite à une simple note et élan de synthés impromptu).

Dans Never Hungover Again, et même dans les titres pop-punk les plus directs, des leçons ont été retenues : « Victoria » laisse les accords résonner aussi loin qu’ils le peuvent et ils s’entremêlent jabilement avec les accroches et les riffs alors que « Heart Tatoo » imprègne un rythme pogo de vocaux hachés et d’arpèges de guitare qui ne perdent pas de vue l’ardeur mélodique.

Voici un album pop-punk confiant et bien maîtrisé, capable de se cantonner à des compositions où trois accords suffisent mais d’y apporter cette part d’abrupt sans laquelle le disque sombrerait très vite dans l’anodin.

***