Catfish & The Bottlemen: « The Balcony

Publié: 22 octobre 2014 dans Quickies
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Voici une histoire assez familière: quatre copains grattant des chansons garage rock n’excédant pas trois minutes, avec des textes où jurons et histoires d’amour déçu s’entremêlent. Une histoire mille fois racontée et une fois de plus enregistrée, bref rien qui soit susceptible de mettre la planète en feu, hormis un nom qui est une référence à un musicien de rue rencontré par le leader de Catfish & The Bottlemen lors de son enfance.

Rien à quoi on puisse s’attendre et c’est peut-être pour cela que ce « debut album » apporte une certaine joie de vivre propre à nous faire sourire pendant les quelques40 minutes que dure The Balcony.

Le disque pourrait très bien être l’équivalent d’un jus d’oranges bien pressées quand on en a trop bue et qu’on se sent un peu nauséeux après tant de bons rafraichissements. Le choix est alors d’arrêter ou d’amplifier la sensation à grands coups de guitares.

C’est cette dernière option qui a été choisie avec des influences comme les fanfaronnades à la Artic Monkeys, quelques astuces rythmiques madrées qui évoqueront The Walkmen et des textes qui, si ils se réclament des premiers, ne possèdent pas l’humour de Alex Turner. Les paroles sont, pour la plupart, ponctuées de jurons et de déclarations caustiques qui, à force de provocation nous détournent des compositions.

Le combo a passé 18 mois à peaufiner son métier de la manière la plus traditionnelle : concerts sans fin, calendrier de festivals harassant. On comprendra alors pourquoi Catfish se sent particulièrement à l’aise sur les gros chorus même si le produit fini sonne très vite monocorde. On retiendra « Pacifier » et « Homesick » qui ouvre le disque d’une manière infectieuse qui ne peut que cartonner dans les grands stades. Cela masque sans doute la faiblesse du « songwriting » dont l’acoustique « Hourglass » sera le révélateur. Mettons cela sur l’inexpérience et attendons un éventuel deuxième album.

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Co-fondateur de The Clean avec son frère David et membre du groupe new-yorkais The Mad Scene(avec sa femme Lisa), Hamish Kilgour mériterait une plus grande renommée. Il a toujours eu une carrière discrète comparée à celle d’un frère plus que prolifique ; cela pourrait bien changer avec la sortie de cet album, son premier disque en solo, coïncidant presque avec celui de son frère et de l’autre membre de The Clean, Robert Scott.

Ce percussionniste/guitariste/vocaliste est sans prétention aussi il ne vous étonnera pas en vous baladant en mille et un climats. Son folk est doux et il s’aventure parfois du côté d »un jazz légèrement expérimental et d’un soupçon de psychedelia.

Sil nous emmène donc quelque part, cela se fera avec subtilité et en un jardin secret bien dissimulé derrière un travail sur le son soigneusement mis en place. Si All of it and Nothing avait été réalisé à la fin des sixties, il se serait parfaitement inséré à la scène des ménestrels folk de l’époque.

La voix de Hamish est fragile et elle rappelle vaguement celle de son frère David et une partie de sa musique évoquera la travail des deux sur The Great Unwashed. « Rave Up » est de l’acid-jazz trippy avec marimbas et mantras, ce era le morceau le plus turbulent sur un disque qui sera par ailleurs aussi calme que l’eau d’un lac. On peut très bien s’imaginer à dériver le long d’un ruisseau, y mettre ses pieds dans l’eau et paresser au soleil sur un titre comme « Get On Up » qui ne serait pas un intrus chez Yo La Tengo. « Hullaballo » la composition la plus longue sera, elle, légèrement décalée ce qui donne un aspect détaché bienvenu à l’opus.

Il paraît que Hamish a pris son vélo chaque jour pour se rendre en studio à Bbrooklyn . Cela peut expliquer la vibration laidback qui se dégage du disque. Triangles et marimbas enrichissent une orchestration spartiate et lui apportent cette atmosphère plaisante qui va si bien avec un artiste dont la modestie est, ici, une qualité.

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Le jazz a été à l’origine de ce concept qui voyait des artistes établis se réunissaient pour un projet avant de se dissoudre. The Fauntleroys sont un des derniers exemples où un groupe ad-hoc s’en emparait dans le domaine du alt-rock. On y trouve Alejandro Escovedo (The Nuns, Rank and File et des efforts en solo substantiels), Ivan Julian (Richard Hell, Richard Barone ou The Flesthones), Linda Pitmon (Miracle 3, The Baseball Project) et Nicholas Treulis (Candy Golde).

Belox The Pink Pony est un EP de six titres dont toutes les mélodies sont directes mais comme entourées d’arrangements en fil de fer barbelé véhiculant sentiment de danger et de menace. Ce côté crasseux est délivré avec une certaine élégance grâce à un climat qui semble donner une certaine beauté à ce qui pourraient être des scènes de rue. Le travail a été collaboratif, chacun travaillant des fragments avant que tout soit assemblé dans le studio de Julian ce qui donne à l’ensemble la sensation que chaque musicien y a mis sa patte plutôt que d’être le travail d’un seul, accompagné par les trois autres.

En ce sens, ce disque est l’antithèse du White Album. Ceci dit, les vocaux puissants et volontaires de Tremulis lui donnent un rôle légèrement plus important que celui des trois autres dans le produit fini. Pitman assure quelques « backing vocals » sur « (This Can’t Be) Julie’s Song » » équilibrant un peu le tout et la guitare sinueuse de Julian lacère le travail en distorsion qui est celui de Escondido.

La production est rude et hérissée et on sent que c’est exactement comme les musiciens la voulaient. L’équation entre le poli du studio et la vitalité des premières prises est parfaite. The Fauntleroys annoncent des projets de tournée, il serait agréable que cette formation ne soit pas qu’un « one shot ».

***1/2

SO COW: « The Long Con »

Publié: 21 octobre 2014 dans Quickies
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Le groupe irlandais SO COW a changé de label et c’est peut-être pour cela qu’il a façonné un album, The Long Con, qui est une pure merveille de power pop. Il est indubitable qu’il serait capable de tourner dans nos tête autant que sur une platine et qu’il saura nous captiver par ses riffs infectieux.

Les Anglais parlent de « earworm » (vers d’oreille) pour définir une chanson qui ne cesse d’être collée à l’intérieur de votre oreille et les treize compositions de ce disque (y compris le seul morceau instrumental qui y figure) peuvent prétendre à ce titre. Elles ont cette force de rester figer dans votre inconscient de manière endémique, ce ne sont pas, en effet, des recettes régurgitées d’un fat-food musical et,ça n’est qu’une fois que vous aurez cessé de les fredonner qu’elles cesseront de se manifeste, au moment où vous tomberez dans le sommeil par exemple.

Le Monsieur Loyal de SO COW se nomme Brian Kelly et, avec son équipage d’artisans pop, il interprète des chansons qui capturent le malaise de la vie quotidienne avec une verve et une authenticité qui sont, pour une part bouleversement sonore, pour l’autre lyrisme et philosophie.

On y trouve un incroyable étalage de riffs « guitar jams » frappés d’arrache-pied qui feraient Lemmy sourire de contentement et des accroches serrées et harmoniques qui recueilleraient probablement l’approbation de Les Paul.

Au travers de textes entrecoupés de pédales fuzz on est introduit aux universelles vérités de l’existence. Ses échappatoires sont l’alcool (« Barry Richardon »), la drogue « Sugar Factory », « Science Fiction »), le travail (« Operating at a Loss ») et ses défis ; le vieillissement (« Guess Who’s Dead »), l’amour perdu (« Turning Into You ») ou le doute de soi (« To Be Confirmed »).

Aussi, quand un collègue, au travail vous entreprend avec une remarque ballade, il suffira de chantonner « Get Down Off That Thing » pour vous sentir immédiatement désaliéné.

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Anjou: « Anjou »

Publié: 21 octobre 2014 dans Quickies
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Ce début du trio expérimental Anjou est dense et marqué d’un sombre présage. Les anviens memebres de Labradford, Mark Nelson et Robert Donne, se réunissent pour la première fois depuis 2001 et leur effort dépouillé Fixed::Context. Dans les années 90 le travail de ce groupe avait révolutionnaire dans son exploration de la texture et du minimalisme mais leur climat indistinct et menaçant créaient très souvent une ambiance de « space rock » craquelé.

On en arrivait à mésestimer la profondeur de la relation qui unissait les deux hommes avec les sons, qu’ils soient charmants ou inquiétants.

Anjou va s’attacher à s’emparer de ce dernier élément présent dans un travail commencé il y a deux décennies en nous offrant un brouillage rampant lentement composé de rafales de bruits de synthétiseurs modulaires et de couches ambiantes boueuses. Le tout va souvent à la rencontre d’une instrumentation « live » aussi abîmée que le dérangement qui la croise ; bref Anjou n’est pas fait pour la transe.

Les percussions de Steven Hess accentuent encore ce climat en surajoutant rythmiquement un climat qui donne à la musique une connotation quasiment extra-terrestre. Les batteries sont ampoulées puis s’effacent partiellement (« Readings ») véhiculent un sens d’ébriété comme si on avait affaire à un vagabond apportant la disruption dans un paysage paisible en un matin brouillassé.

Le brouillard est, en l’occurrence, constitué de bruits de synthés agressifs ou de sons statiques suggérant la confrontation (« Specimen Question), une lueur crépusculaire moelleuse (« Adjustment ») ou un mélange des deux (« Sightings »).

On n’oubliera pas la façon dont les guitares sont profondément travaillées d’un point de vue sonique apportant une couche supplémentaire d’obscurit éet de confusion à des mélodies déjà difficilement discernables ; entre l’agitation, l’avant-garde et la recherche d’une ambiance mélodique, ce « debut album » apporte une facette ésotérique de plus à la démarche de Labradford.

City Wrecker est le cinquième enregistrement de Spencer Krug sous le nom de Moonface. Il s’agit d’un EP de cing titres qui continue sur la lancée établie en 2013 avec Julia With Blue Jeans On où il ne s’accompagnait que d’un piano.

Le morceau central, « City Wrecker », est sans doute un des plus bel exemple d’itératiion de sa carrière. C’est un titre qui vous fend le coeur extraordinairement car il passe de l’histoire de l’artiste à propos d’une relation qui se meurt à une association qu’il fait avec des endroits dans lesquels elle a pu avoir lieu. C’est une expérience univerrelle mais, alors que les compositions exposent souvent le mauvais côté de ces souvenirs, le teinte bleuâtre de la nostalgie, l’amertume devant l’échec et les lieux qui ont jalonné cette histoire ont rarement explorés.

« City Wrecker » est un exercice brillant qui est toutefois tempéré par « Helsinki Winter 2013″. Ce morceau, plutôt que d’être une confession dépouillée se révèle beaucoup plus stéréotypé. Ici on a droit à du pinaillage, quelque chose qu’on pourrait attendre d’un autre auteur compositeur mais certainement pas d’un Krug qui a toujours mis la barre des standards très haut.

Après l’alarme déclenchée par cette fausse note, Krug retrouve son équilibre avec un « A Daughter of Love » un titre qui termine l’album sur une composition de pr§s de dix minutes qui séduit par sa joliesse et la manière dont elle nous affecte. Ici les images sont multiformes, et elles se terminent sur cette réflexion qu’elle sont « as spiritual as the need to be », précieuse indication sur la démarche qui l’anime. Ce sera également le seul morceau qui ira au-delà du piano en ajoutant des textures soniques et, après toute cette pureté instrumentale, il est surprenant que ces petites touches aient un effet aussi profond.

Pour Krug, la sécurité est un bénédiction mais aussi un fardeau. C’est, précisément, en abandonnant cette sécurité acquise avec la musicalité de ses travaux avec Wolf Parade, Sunset Rundown et Swan Lake, que le chanteur se tourne vers des titres qui sont peut-être ses plus beaux et ses plus éloquents.

***1/2

La scène rock de Brighton s’enrichit d’un nouveau combo, Dark Horses qui pratiquenet une musique « fusion » de kraut rock, de art rock d’avant-garde, de proto-punk, de psychedelia et même d’une touche de glam rock pour couronner le tout.

Hail Lucid State (dont on peut supposer qu’il s’agit d’un jeu de mots) nous accroche du début à la fin en mêlant le poétique avec le cinématographique er en créant un maelstrom de bruit et de mélodie, de rage et de tendresse dans une esthétique particulière et érotique qui serait une rencontre entre Barbarella et The Velvet Underground.

Tout ceci est intelligemment construit, nous engageant dans un mélange de styles chez un groupe pour lequel l’aspect visuel fait de fétichisme punk, de sexualité désirante et d’arrogance situationniste a toujours été mis à contribution.

Ils ressemblent d’ailleurs parfois à des « bikers » parfois à des artistes bohèmes tqui pourraient sortir d’un fim de David Lynch. Cette mythologie existait avant même qu’ils ne s’appellent Dark Horses et leur « debut album », Black Music, avait reçu un accueil assez enthousiaste de la scène à qui le groupe s’adressait.

Celui-ci vous aguichait lentement dans leur univers, Hail Lucid State est, lui, beaucoup plus durable en termes de vibration combustible, plus charnel et plus intense avec une palpitation qui va directement au but et qui ne vous lâchera pas durant tout l’album.

« Live On Hunger » introduit le climat avec une composition art pop psychédélique et profondément sensuelle, embellie par des guitares tourbillonnantes et une électronique qui prospère, « Desire » révèlera la vulnarabilité qui se niche dans cette pulsion et le dernier « single », « Saturn Returns » verra un autre retour, celui d’un clavier façon Ray Manzarek, avant les vocaux de Lisa Elle qui, sur, « Wiseblood », nous ramènera à Siouxie Sioux.

La new wave ne sera pas absente avec une beauté claustrophobe rappelant Joy Division sur « Hail Lucid State » et « Transistor » alors que « Wake Up » combinera tous ces éléments de manière spectaculaire.

Hail Lucid State est un album triomphal parce que triomphant. Il s’améiore à chaque écoute et révèle à chaque fois une nouvelle substance à un style déjà formidable.

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GRMLN: « Soon Away »

Publié: 20 octobre 2014 dans Quickies
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Il est difficile d’associer l’intensité de Soon Away avec les mélodies de guitares rêveuses qui ont accompagné le jeune (19 ans) GRMLN en 2012. À cette époque il avait adopté le pseudo de Yoodoo Park pour mieux être en adéquation avec l’esthétique surf-rock qui le caractérisait. En 2013 son premier opus, Empire, avait déjà marqué une changement significatif vers du lo-fi pop punk plus rugueux et c’est cette complète mutation qui se manifeste dans Soon Away. nous permet d’appréhender.

Écrit entre son son Japon natal et son voyage vers les USA, c’est un disque qui aura pour toile de fond les problèmes d’identité générés par ce double héritage culturel. Il explore ici sa propre adolescence au travers d’une perspective que ses premières incursions surf n’autorisait pas.

Le thème principal en sera la frustration et le titre d’ouverture, «  Jaded  », répond parfaitement à ce sentiment avec ses riffs tapageurs précédant des vocaux qui lutteront contre un déluge de distorsion.

Le reste de l’album baignera dans la même colère rebelle, ce qui, au bout d’un moment, donne une impression que GRMLN pallie une manque d’imagination en se montrant linéaire et laborieux. Alors que, sur Empire, les compositions n’excédaient pas les trois minutes, Park semble, ici, vouloir leur donner une plus vaste étendue ce qui leur ôte un bonne partie de punch et d’efficacité.

Redondance et accents ampoulés sont alors de mise et le tout adopte des accents d’un punk qui n’ose pas dire son nom et à besoin de s’abriter derrière un délabrement qui sonne faussement tant il apparaît comme orchestré.

Faute de choisir entre pop-punk et bedroom pop, Soon Away s’avèrera bancal ce qui prouve une fois de plus que des mélodies fortes ne suffisent pas.

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Generationals: « Alix »

Publié: 19 octobre 2014 dans Quickies
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Pour qu’un groupe fonctionne avec plus d’un compositeur, chacun de ses membres doit être sur la même longueur d’ondes : alchimie, respect mutuel et amitié qui va au-delà des imites de ce qu’est un combo so,t des facteurs indispensables pour assurer la longévité d’un partenariat. Les égos doivent également être mis de côté ce qui n’est pas le moins important pour s’assurer que ce collectif soit plus que le somme de ses individualités et qu’ilest condamné si un des musiciens décide qu’il est plus important que l’autre.

Ted Joyner et Grant Wimer sont amis et partenaires musicaux depuis l’école et ils ont conservé ces idéaux tout au long de trois albums. À eux deux ils composent Generationals et ils sortent aujourd’hui leur quatrième opus, Alix.

Ce disque est résumé au mieux par son premier « single », « Gold Silver Diamond ». Il s’agit d’un morceau relâché, formé autour d’un beat de boom box et de riffs de synthétiseurs. Superficiellement, il s’agit d’un titre joyeux et enlevé mais il est segmenté par des apartés occasionnels qui font allusion à une mélancolie certaine. Comme le dit Joyner, la chanson a été écrite lors d’un des jours les plus froids à la Nouvelle Orléans et ce qui pourrait être une composition festive se révèle « ancrée dans le désespoir, un sentiment de vacuité et de futilité de ce que la vie peut signifier. »

Ces idées contradictoires résument Alix qui est pour le décrire un album pour sentiment d’isolation et de claustrophobie. De ce point de vue le disque est un opus consistant et cohérent. Il l’est musicalement grâce au renfort de Richard Swift(The Shiins, Blacks Keys) sollicité pour la production. Il n’en demeure pas moins que cette unité sonique n’incarne pas une recherche créative véritablement nouvelle quand on sait que le duo existe depuis cinq ans. La musique n’est pas qu’affaire d’idées et de concepts, et ici elle n’est étayée par rien qui puisse passer pour inspiration.

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Marco Benevento n’est peut-être pas très connu du grand public mais pour le aficionados de jazz et de rock expérimental (en particulier ceux qui fréquentent la scène d’avant garde à New York), sa réputation a été en grandissant grâce à son approche qui consiste à tordre le cou aux frontières entre le jazz traditionnel, l’electronica et la « trance ». Même si sa musique ne s’inscrit dans aucun de ces genres, la tapisserie sonore qu’il crée parvient à incorporer des éléments de tous ces styles.

L’album se nomme Swift ; double référence à son producteur, Taylor Swift, mais aussi à la manière rapide et vive (« swift ») dont le disque est construit. Ce qui contribue à ce que le disque peut avoir de fédérateur se trouve dans les grooves, une pulsation infectieuse et régulière qui balaie ceux qui l’écoutent et qui va les laisser dans cet état de transe tout au long de son déroulement.

Les mélodies demeurent simples et les mélopées chantées qui les accompagnent – soit par Benevento lui-même ou en la compagnie d’une choeur massif – apportent une tonalité d’inclusion communautaire. Cela peut se traduire sur un « If I Get To See You At All », étincelle de brillance, le funk répétitif de « At The Show » ou l’hymne boursouflé qu’est « Eye To Eye », il y a un rebond constant et énergique.

Benevento a travaillé avec AC Newman, Aaron Freeman et Rich Robinson ainsi qu’à des disques hommages (This Is The Town: A Tribute To Harry Nilsson, Volume 1 et Bob Dylan In The 80s) il a donc toujours occupé le rôle de meneur de jeu. Celui-ci donne un peu le vertige et ses compositions semblent un peu encombrées par les effets sonores dont il se repaît.

Il parvient à compenser cela par son enthousiasme mais fait de Swift un album un peu nombriliste et ampoulé, une sorte de plaisir coupable pour des titres qui passeraient aisément inaperçus si ils ne se voulaient ludiques et punchy.

**1/2