Moon Duo: LIve In Ravenna"

Publié: 22 septembre 2014 dans Quickies
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Depuis sa formation en 2009, Moon Duo a puisé sans vergogne son inspiration dans le krautrock, la musique psychédélique et l’électronique. « Puiser » n’est pas « piller » néanmoins car ce duo de San Franciso composé de Erik Johnson (Wooden Shjips) et Sanae Yamada s’emploie à construire une œuvre cohérente dont l’inspiration se situe du côté de Suicide et des Silver Apples mais aussi de Spacemen 3.

Peu à peu, ils sont parvenus à raffiner leur son, l’« ambient » se faisant tour à tour glacé et aliénant mais aussi hypnotique et intégrateur en particulier par l’emploi de drones et de mélodies expansives. Le résultat leur a valu ne certaine notoriété et, plutôt que de nous offrir une sorte de Best of, ils sont décidé de sortir une choix de leurs meilleurs morceaux sous forme de « live » album.

Leur tournée de 2013 en a été la source avec une boîte à rythmes remplacé par un véritable batteur, John Jeffey. Les percussions, toutefois, n’apportent pas plus d’énergie, chose qu’on aurait été en droit d’attendre, et le résultat est, d’une manière générale,beaucoup plus envahi par la reverb que sur les versions originales.

On peut se demander alors si le groupe tire un profit de ces enregistrements dans la mesure où ses tonalités multi-couches sont peu mises en exergue mais ces défauts permettent de révéler, par comparaison, la qualité de leur matériel enregistré en studio. Live In Ravenna capture avant tout certains moments destiné aux fans ; les titres sont bien choisis et montent comment le son de la guitare a plus prendre de l’ampleur sur la route, en particulier sur un « Free Action » de neuf minutes qui en sera la composition phare.

Moon Duo savent ce qu’ils font indéniablement ; il est dommage néanmoins que des interprétations « live » semblent marquer le pas.

**1/2

Beach Day: "Native Echoes"

Publié: 22 septembre 2014 dans Quickies
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Il est des pires « sophomore albums » que le Native Echoes que nous offrent Beach Day dans le style « sunny girl group » qui lui est propre. À Trip Trak Attack succède un opus de la même veine mais avec ne approche un peu plus rude et intellectuelle.

Le titre d’ouverture « All My Friends Were Punks » le reflète habilement, explorant la lumière et l’ombre de leurs influences sans, toutefois, abandonner une esthétique « fun » propre à la Floride dont elles sont originaires.

Le premier « single » « Don’t Call Me On The Phone » sonne comme si les Ramenes adaptaient,et leur jeu speedé à Joy Division alors que « I’m Just Messin’ Around » éviquera les Runeways qui se seraient reconverties à de la musique de plage tout en continuant à raffermir leurs goûts pour David Bowie, Keith Richards ou Kiss.

« Pretty » progressera dans la chronologie New Wave avec un section rythmique façon New Order mais dont la particularité sera d’accompagner Heart sic!) et « The Lucky One’ est un « girl group ballad » qui pourrait serveir de bande-son à un film de David Lynch.

Enfin, le meilleur titre du disque, « BFF’s », ressemblera à une composition de Courtney Love qui aurait décidé d’explmorer une relation amoureuse sous sa facette sentimentale plutôt que charnelle.

Native Echoes n’est, malgré les apparences, en aucun cas un album artificiel et forcé. L’amalgame de personnalités qu’il assemble semble parfaitement s’intégrer au moule de nos trois musiciennes. Ajouton sune interprétation sans faille (en particulier celle de la vocaliste et guitariste Kimmy Drake qui rend cette hommage aux « girls groups » digne d’éloges) et réjouissons-nous qu’une musique au départ si futile et niaise puisse monter qu’elle aussi a les moyens d’être aventureuse au même titre que la « pop music » quand elle a décidé d’être plus élaborée.

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Literature: "Chorus"

Publié: 22 septembre 2014 dans Quickies
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Même 50 ans après les 60’s ne semblent jamais mourir, c’est un peu se qu’on se dit à l’écoute de Chorus, second album de, Litterature, quartet de Philadelphie. On peut y découvrir de l’indie pop bien sûr mais n’est-ce pas une réactualisation de cette époque ? Et si le groupe y installe un climat, ce serait celui d’une power pop pleine de joie de vivre façon Beatles, Searchers e,t du côté américain, Byrds ou les tout autant merveilleux Lovin’ Spoonful.

Le disque fait montre d’une frénésie entraînante et véhicule cette sensation que tout va au mieux dans le meilleur des mondes. «  The Girl, The Gold Watch and Everything » ouvre le disque avec un titre intrigant et des vocaux étouffés, ce qui ne peut que susciter notre attention, « Tie-Dye Your Life) rappellera les Buzzcoks,aussi bien dans un phrasé languide et détaché comme si Pete Shelley assurait les voix que dans des textes réflectifs et résignés.

Hormis cela,le reste de l’album versera dans une faconde assumée ; elle sera « fun » sur « Court/Date » ou vibrant( guitare « twangy », accords et riffs en carillons à la Johnny Marr) avec « New Jacket » et fleuri répétitif mais durable des vocaux.

Le seul « hic » pourrait se trouvait dans les finales des morceaux ; ceux-ci pourraient être plus travaillés et leurs terminaisons moins abruptes, l’exemple le plus concluant étant celle qui permet à « Jimmy » de se clore sur une spirale tempêtueuse du meilleur acabit.

Certes, on ne pourra pas s’empêcher que il n’y aura rien, dans Chorus, qui n’a pas déjà été pratiqué mais il n’est sans doute pas dans la démarche de Literature de transcender ses ancêtres. C’est un album à écouter avec plaisir quand on aime les refrains sucrés sans qu’ils ne deviennent écoeurants ; chacun jugera alors du degré de satiété ou de sevrage qu’il pourvoit.

**1/2

Electric Würms est un effort collaboratif entre Wayne Coyne et Steven Drodz des Flaming Lips et Linear Downfall, un groupe expérimental psychédélique de Nashville. Coyne y joue de la basse, Drodz de la guitare et s’attelle à des choses qui ressemblent vaguement à des vocaux.

Musik, Die Schwer Zu Twerk est leur premier opus et il a une durée (29 minutes) qui le ferait être assimilé plus à un EP qu’à un véritable album. Son écoute réjouira tous les fans des Butthole Surfers et ceux qui se sont intéressés aux récents travaux électroniques schizophrènes de John Frusciante. Cette chose dite, le décollage s’impose naturellement.

Sur « I Could See The Clouds » la sensation sera celle qu’une tribu ancienne à mis la main sur une collection de vieux samples de Aphex Twin et, au milieu de cette atmosphère indéfinissable, les vocaux de Drozd apporte une couche moelleuse et lustrée assez paradoxale, un peu comme certains morceaux de Gorillaz quand ils s’échappaient du domaine du hip hop.

« The Bat » va rappeler le « Careful With That Axe, Eugene » du Floyd et « Futuristic Hallucinations » est un instrumental se révèlera encore plus langoureux avec ces accords distants au point qu’on se demande si on est encore dans la musique psychédélique ou le jazz « ambient » (le rythme inchangé de « The Second Time » rendu hypnotique par le tempo de la la percussion).

Plus d’énergie se manifestera dans « Transform ! » et sa ligne de basse ; ce sera le seul titre qu’on pourra apparenter à une chanson rock, tout halluciné qu’il puisse sonner.

Malgré son titre, on ne trouve dans Musik, Die Schwer Zu Twerk, quelque chose qui puisse voisiner avec le krautrock et s’il est une influence qui est revendiquée ce sera dans cette reprise du « Heart of the Sunrise » tirée de l’album de Yes Fragile en 1971.

On comprend que Electric Würms ont essayé l’étrangeté non pas pour le plaisir de l’être mais pour s’aventurer dans l’expérimentation. Qu’ils ys oient parvenus en termes d’inventivité est discutable ; peut-être leur manque-t-il tout simplement un peu plus de focus.

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Blonde Redhead: "Barragán"

Publié: 20 septembre 2014 dans On peut se laisser tenter

Sur ses 21 ans d’existence, Blonde Redhead a connu une série de réinvention graduelles mais drastiques. Leurs débuts étaient ceux d’un groupe art-punk abrasif basé à New York avec souvent à la production Steve Shelley de Sonic Youth ou de Guy Picciotto (Fugazi). Vers l’an 2000 ils se sont dirigés vers l’éthéré et l’acoustique (Melody Of Certain Damaged) et solidifiant cette expérience vers les tonalités plus nuancées sur le délicat Misery Is A Butterfly.

Après des expérimentations shoegaze de 23 et dream pop avec Penny Sparkle ce neuvième album, Barragán, marque une nouvelle évolution, et, en partie, le retour vers un registre où les compositions vont être faites de sous entendus, le tout suscitant parfois l’enchantement et à d’autres moments la sensation de se retrouver dans un songwriting aux dérives hasardeuses.

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Penny Sparkle bénéficiait d’une production maximaliste qui, parfois, plongeaient les compostions dans une certaine stérilité alors que Barragán voit le groupe oeuvrer dans le dépouillement que ce soit en termes de volume et de composition. La chanson titre sonne comme une lamentation hispanisante conduite à la flûte, le tango de « Lady M » est doucement syncopé, « Cat on Tin Roof » brille par ses guitares acoustiques qui s’entremêlent comme une toile d’araignée et « The One I Love » explore la chamber pop de façon merveilleuse alors que « No More Honey » sera comme un effleurement tordu d’une schizophrénie à la Deerhoof. Retenons aussi la performance vocale de Amadeo Pace sur un « Dripping » séducteur en diable ce qui donne à l’album de quoi en faire un opus engageant.

Il est, par contre, des moments où le charme opère moins : il s’agit de tentatives de donner plus de fleuri et d’excentricité à la production très stylisée de Drew Brown (Lower Dens, Radiohead ou dans des structures de compositions parfois complaisantes. « Defeatist Anthem (Harry And I) » voit sa sérénité en apesanteur perturbée par des enregistrements pris sur le vif et une jam qui se prolonge inutilement tout comme les neuf minutes de « Mind To Be Had ».

Même au milieu de toutes ces fautes de goût, reste une chose qui fédère Barragán : il s’agit de la voix de Kazu Makino qui survole l’ensemble avec grâce, y compris quand elle s’intègre à celle de Amadeao Pace sans s’y noyer. Plutôt que de faire de grandes déclarations, ce nouvel opus se contente d’instaurer une musique d’humeur, peut-être qu’à la lueur du jazzy et réussi « Cat on Tin Roof » ce travail n’aura pas été effectué en vain.

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Pallbearer: " Foundation of Burden"

Publié: 20 septembre 2014 dans Quickies
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Formé en 2008 à Little Rock, Arkansas, Pallbearer a sorti un premier disque de doom metal, Sorrow & Exctinction (un hommage émouvant à la mortalité qui est notre lot) dont le succès nous a fait attendre avec impatience la venue du second. Voici sous le nom de Foundation of Burden il y compte un sacré nombre de titres épiques et au long cours qui justifient l’espoir placé en eux.

« World’s Apart »ouvre de disque de manière grandiose : tonalités de guitares spectaculaires, tempo de deuil à l’état pur le tout ponctué par une mélodie irrésistible. et un rythme qui va progressivement se tordre et rejoindre des vocaux qui semble viser les cieux, La plage suivant, « Foundations », présente une facette plus dure et dense, mais le tempo va demeurer lent et traînant. Guitares et basse sonnent en confrontation avec une mélodie plus mélancolique que précédemment. Pour la première fois depuis le début du disque la musique va s’ouvrir à une section où règnera l’harmonie où les guitares abandonnent leur distorsion et adoptent un son plus chaleureux.

Sur « Watcher In The Dark » les lignes endeuillées dune guitare vont se marier à une autre six cordes comme pour augmenter encore l’atmosphère de désolation et le battement léthargique de la batterie va apporter sa propre contribution à un titre qui, sur plus de dix minutes, va apporter un crescendo de plus en plus massif où l’épique le dispute à l’abattement. Le solo de guitare, bien que discret dans le mix apporte une diversité et joue avec la sensation que le morceau va se clore en « fade out » alors que la cascade sonique continue son avancée.

Il ne faudra pas chercher la subtilité ici, en particulier sur « The Ghost I Used To Be » qui promène un sentiment presque rétro avec son fracas de guitares et de percussions mais Pallbearer saura terminer en beauté avec un « Ashes » plein de grâce juste avant que l’album ne se termine sur un « Vanised » qui reprend le flambeau de l’énergie.

Foundation of Burden marche dans les pas de Deafheaven en rendant le doom metal radicalement plus riche et mélodique. C’est aussi un disque clé dans la mesure où il parvient à se balancer facilement entre le douloureux et le cathartique, montrant que l’un est souvent le chemin vers l’autre.

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The Fence Collective est, à l’origine, un collectif de musiciens écossais se réunissant dans un peu à Fife et ayant donné à la scène écossaise un nombre considérable de talents (King Creosote, The Beta Band) anisi que d’autres, pourvoyeurs d’une musique élégante et excentrique.

Parmi eux on retrouve James Yorkston, un des artistes les plus cohérents et développés de ce qui est devenu un label de disques. Il a produit un livre en 2011 ( It’s Lovely to be Here: The Touring Diaries of a Scottish Gent) mais assez musicien pour que son goût des mots n’ait jamais supplanté se musique et, sur ce dixième album, il continue de nous enchanter avec ses textures instrumentales rêveuses.

À ce stade d’une carrière on a atteint un âge où on se penche sur sa jeunesse, c’est, sur The Cellardyke Recording and Wassailing Society, ce qu’entreprend de faire Yorston avec Chip Taylior à la production et sa compatriote KT Turnstall qui l’épaule tout au long des seize titre.

Ce chiffre indique que l’artiste a atteint un degré d’assurance et d’inspiration certain et que, s’il explore son passé, il le fait sans nostalgie mais avec grâce et dignité. Les morceaux sont indubitablement des exercice folk; ils sont chaleureux dans les réflexions qu’ils font de la vie familiale ans une petite ville côtière de l’Écosse.

Disque rassurant, baignant dans une lueur élégiaque et confortable même dans des compositions qui peuvent sonner comme des complaintes (« King of the Moles », « Broken Wave ») alors que le mi-récité « Guy Fawkes’ Signature » va être porteur d’une subtile rythmique calypso complémentant les intonations apaisantes du chanteur.

Rien ne va sembler ici s’égarer tant Yorkston est convaincant dans son credo qui est de prendre son temps. Que les titres soient tristes ou édifiants, ils ne sont jamais nombrilistes et l’élégance qui les habite est un exemple pour ceux qui s’adonnent aux regards rétrospectifs sans tomber dans la mélancolie.

***1/2

DZ Deathrays: "Black Rat"

Publié: 20 septembre 2014 dans Quickies
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Ce duo de Brisbane bat la campagne australienne depuis près de cinq ans, comme si il avait pour mission d’y répandre la bonne parole thrash pop. Leur nouvel album, Black Rat, voit DZ Deathrays les voit toujours adopter le même registre avec une petite variante dans les vocaux (un falsetto perçant qui s’intègre parfois à des chorus répétés sans lassitude) , le tout servat de toile de fond à près de 40 minutes d’une atmosphère lente et lascive, pleine d’une sueur véhiculée par une guitare séductrice et larmoyante.

La chanson titre se fraie un chemin atomisant dans nos oreilles, morceaux sexy et patient mais doté d’un volume sonore qu’on a rarement entendu en Australie depuis The Minogues. On doit ceci au producteur Burke Reid en pleine phase avec l’attitude que Simon Riley et Shane Persons ont envers leurs instruments et qu’on pourrait résumer ainsi : « Ne prenez aucun prisonnier ! »

Début propice et prophétique puisque le « zingle » « Gina Works At Heat » est comme un cou de poing en direction de votre cœur alors que « Less Out Of Sync » « Respective Skills » nous plongent dans un dialogue nous embrigadant encore plus dans la « névrose » du groupe.

Le disque a un cohérence stylistique, mais c’est celle de l’au mélangée à l’huile pourtant. « Northen Lights », « Night Walking » et « Tonight Alright » sont des attaques à nos sens plus retenues, abvec des nuances dans les couleurs qui n’ont rien à voir avec les grands coups de pinceaux précédents.

L’accalmie sera de courte durée avec un « Ocean Exploder » dont l’épithète exemplifie la sensation qu’il procure : punchy comme du Tyson, servi par un riff monstrueux et rempli de cris minimalistes il semble vous rappeler que vous n’écoutez pas du Franz Ferdinand.

Le disque se terminera sur un « Nightslave » assaut electro disco ; comme les autres titres, et quelque soit le sens vers où ils penchent musicalement, cette composition de vous empêchera pas de vous faire ruer dans tous les sens, c’est un encouragement dionysiaque dont on aurait tort de se priver.

***1/2

Bishop Allen: "Lights Out"

Publié: 19 septembre 2014 dans Quickies
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Bishop Allen est un duo de résidents éduqués à Harvard ce qui implique que leur approche du rock indie et de leur projet qui persiste à se présenter comme de la pop enlevée n ‘est qu’une de leurs nombreuses activités.

Depuis dix ans, ils ont en effet joué dans plusieurs films et une série présente sur le web, co-dirigé un documentaire sur Bob Dylan (Justin Rice) ou même co-fondé un site de rencontres (Christian Rudder). À eux deux ils ont composé la bande-son de Bully et trouvé le temps de sortir quatre albums et 12 EPs. Leur dernier disque, Grrr…, date de 2009 il était donc normal d’être en attente de Lights Out.

Cet album ne se différencie pas pourtant du précédent. « Star Again » est estival à souhait et va ouvrir la voie à d’autre titres du même genre, riffs addictifs et harmonies garçon/fille éthérées avec, ici et là, un « Why I Had To Go » chaud et mélancolique qui ralentit un peu la cadence mais pas la sensation de bien-être.

Quelque part, dix ans après, Lights Out est une tentative de nous faire croire que les années vingt ne se sont jamais terminées avec un son très « old school » plutôt surprenant aujourd’hui mais qui nous procure un émoi où la nostalgie a la part belle.

Certains morceaux néanmoins parviennent à dépasser le sentimentalisme et le regret de choses qui, pour beaucoup, n’ont jamais été vécues. « Hammer And Nail » est une de ces plages où le groove prédominera et « Shadow » terminera Lights Out sur une note joliment acoustique.

Le succès de cet album résidera, au bout du compte, de capturer un sentiment et nous le rendre accessible. Ça n’est sans doute pas prodigieux, surtout après un hiatus de cinq ans, mais leur talent à confectionner des chansons pop ne devrait pas être boudé.

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Celebration: "Albumin"

Publié: 19 septembre 2014 dans On peut se laisser tenter
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Albumin est le quatrième album de Celebration ce trio de Baltimore mené par la vocaliste Katrina Ford. Jusqu’à présent sa musique était facile à définir de l’indie rock psychédélique), ce disque est beaucoup plus malaisé à appréhender. Il n’a, en effet, rien à voir avec un effort rock et d’électronique mais il va évoluer de façon permanente entre différents genres.

On y trouve bien sûr ce qui fait partie de leur registre mais Celebration aborde aussi la soul, des accompagnements au piano dignes de Frank Sinatra (« Only The Wicked » ) et quelques plages (« Razor’s Edge » ou « Chariot ») on même une tonalité industrielle et gothique menaçante enfouie sous les vocaux.

D’autres titres seront implacablement menés alors que d’autres ont pris l’option de ne pas se soucier de structures hormis des vocaux qui errent de manière morcelée (« I Got Sol »).

Cette caractéristique est d’ailleurs celle qui fédère tout l’album, Ford aménageant les morceaux de la façon qui conviendra le mieux à sa voix : le résultat est un disque où elle ne se répète que rarement et où elle n’essaie pas de nous offrir de mélodies auxquelles on pourrait s’accrocher.

La meilleure définition qu’on pourrait donner à Albumin est que c’est une sorte dee jam free-form ou post-moderne ; poste-électronique, post-soul, post-jazz mais aussi post-rock. La plupart des groupes composent de façon standardisée : musique, textes et chorus. Cela leur permet de se raccrocher à quelque chose quand une chanson véhicule un sentiment d’égarement ou d’expérimentation. Les vocaux ramènent le groupe et l’audience aux basiques mais, avec Celebration, cette formule est complètement réinventée. La structure musicale est bien chevillée et verrouillée et c’est la voix de Ford qui, débridée, procure cette sensation d’improvisation. Il est d’ailleurs difficile de savoir si ses textes sont improvisés ou pas et c’est ce qui rend Albumin intéressant.

En combinant un phrasé à la Grace Slick et une précision à la Fiona Apple, Ford aide à faire de ce disque un album post-moderne sans qu’on s’en rende compte. Il conserve en effet une instantanéité toute rock qui lui donne énergie et excitation. C’est en ce sens que, tout difficile à écouter qu’il soit, c’est un merveilleux opus à cheval entre rock et expérimentalisme. Albumin nous intrigue et nous fait réfléchir à ce qui se passe tout au long de ses dix plages, n’est-ce pas de cela que lout fan musique a besoin ?

***1/2