The Aquadolls: « Stoked On You »

Publié: 19 décembre 2014 dans Quickies
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Si vous preniez tous les éléments du surf-rock et les enveloppiez dans un album plein de confiance , vous obtiendriez The Aquadolls et leur Stoked On You.

Sur leur page Facebook, ils se réclament aussi du surf-punk psychédélique et le rock de Los Angeles des années 70.

D’un point de vue musical on peut très bien imaginer ce qu’il serait advenu de Brian Wilson si il avait continué à rester un garçon de la plage après 74 ; le son est, en effet, idéal pour les parties la nuit venue grâce à une instrumentation exceptionnelle et des textes qui s’imbriquent parfaitement à l’esthétique du groupe.

Ainsi « Sinus Infection » nous gratifiera d’un frondeur « You were a dream but not a good one » emblématique de l’esprit désinvolte qui a cours chez eux.

Le disque, du moins sa première partie, pourrait à merveille accompagner une virée en voiture le long de l’océan mais, au fur et à mesure où l’album progresse, les influences psychédéliques deviennent plus apparentes (« I Like Fruit »).

Si les exclamations pop et « doo wop » sont encore là, elles cèdent la place à des climats lo-fi et inspirés par un rétro où perce une certaine attirance pour l’étrange.

On notera un morceau phare, « Tweeker Kidz » qui fédérera toutes les humeurs de l’album en ce qui pourrait être une jam par excellence ou « Don’t Mean Jack », le titre d’ouverture qu’on pourrait se passer en boucle.

Pour être plus précis on pourrait même dire que c’est tout l’album qui pourrait subir le même « sort » ; indépendamment de l’environnement dans lequel on se trouve, la « vibe » californienne véhiculée par Stoked On You véhiculera le même effet et aura le même impact que si on était au bord d’un plage de sable sous un soleil chaud prédisposant à l’insouciance.

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CJ Ramone: « Last Chance To Dance »

Publié: 18 décembre 2014 dans Quickies
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Avec un groupe aussi vital que The Ramones, il est important que leur legs demeure intact que ce soit par des rééditions de leur catalogue ou par des nouvelles sorties qui leur sont associées. Avec ce nouvel album, le deuxième, de leur dernier bassiste, Last Chance To Dance, les loyalistes peuvent dormir sur leurs deux oreilles… ou plutôt les rouvrir avec ravissement.
Le disque porte la flamme des Ramones avec style et avec ce côté graveleux qui leur était propre. On a donc droit à un clin d’oeil dirigé vers le passé mais aussi à une perspective plus fraîche. Le « single » « Understand Me ? » a suffisamment de riffs appartenant à la geste de Johnny Thunders pour qu’on se retrouve en terrain familier mais il nous propose également des textes et une mélodie qui ne peuvent appartenir qu’à CJ Ramone.


« Won’t Stop Swinging » sonnera, lui, comme The Romantics ayant avalé du speed avec ses riffs musclés tempérés par un chorus pop enlevé tandis que « Carry Me Away » aura un petit climat folk humide semblable à ce qu’on pourrait entendre dans un vaisseau de pêche perdu en mer et trempant dans du whisky Wild Irish Rose.
Le ton sera plus lourd avec un « Mr. Kalashnikov » très sombre; le titre étant un hommage à l’homme qui a inventé le AK-47. Les textes y sont mordants et les retournements ironiques le rendent intéressant alors que le mode rock sera réservé à ses riffs et son chorus qui semble émaner d’un groupe de forçats.
Last Chance To Dance contient la juste dose de riffs punk, de refrains mélodiques et d’abandon rock and roll pour représenter le prochain pas dans ce qui est le canon des Ramones; il est certain que si ses « frères » l’entendaient, ils en seraient tout estourbis.
***1/2

Il est rare qu’un album composé de parties si spartiates puisse s’affranchir des frontières génériques avec un abandon aussi total. It Is Time For You To Return est le 13° album de Jozef Van Wissem compositeur d’une musique faite de rien de plus que d’un luth, de vocaux et d’autres légers éléments.

Le début de l’album est plaintif, un « If There’s Nothing Left Where Will You Go ? » simple et beau prenant le temps de vous emmener inéluctablement vers le musicien en a décidé. « Love Destroys All Evil » confirme ce à quoi on s’attend quand on considère la pochette hiératique de l’album et évoque des muses black metal conviées ici pour composer avec économie de moyens une atmosphère aussi intense que celle véhiculées par des guitares tempétueuses et des percussions endiablées.

La voix de Van Wisssem possède, en outre, un charme un peu désuet et un phrasé qui est capable de virer vers l’exhortation sans sembler y toucher.

It Is Time For You To Return est un disque minimaliste et baroque à la fois, parfois mélancolique, parfois plus vindicatif mais le tout est agencé d’une manière qui semble si fluide qu’elle permet de passer du bucolique et élégiaque «  After We Leave » au imprécations quasiment psychédéliques de «  Temple Dance of the Soul ».

Chaque titre mériterait d’ailleurs d’être abondamment commenté tant il fourmille d’innovations. Parfois, néanmoins, mieux vaut laisser courir ses oreilles et aller à la rencontre d’un véritable artiste compositeur d’une véritable œuvre. Il nous laissera contemplatif sans que nous ne versions dans le regard vers soi auto-indulgent ; il est plus que la somme de ses parties prises ensemble ou l’une après l’autre. C’est un « concept album » sans autre concept que celui de nous émouvoir et de nous transporter. Il le fait aisément, avec une fluidité qui n’en est que plus éloquente.

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Jesca Hoop vient de terminer sa campagne sur Pledge Music (une plateforme musicale directe entre artiste et fans permettant de distribuer ses projets) pour son album, Undress. Il s’agit d’une ré-interprétation « live » et acoustique de Hunting My Dress. La rencontrer va nous permettre d’en savoir plus sur sa genèse, le fait de jouer avec un nouveau groupe et les chances de voir une version acoustique de The House That Jack Built se profiler ou pas.

Vous avez jouée avec Shearwater et Iron & Wine. Que tirez-vous de cette expérience ?

En fait nous en sommes aux répétitions. On travaille à Austin, un endroit que j’adore, aussi tout va très bien. Les types de Shearwater sont géniaux et je joue un rôle inhabitruel pour moi : piano, backing vocals et autres instruments. Ça s’annonce bien après avoir été très « fun ».

Que ressentez-vous en jouant dans un groupe par rapport au fait d’être en solo ?

Je m’amuse véritablement, vous savez. C’est un exercice qui pose un enjeu : celui de jouer de manière inhabituelle. La musique de Jonathan (Melburg) est à la fois simple et complexe ce qui la rend d’autant plus étrange pour moi.

Que pouvez-vous nous dire à propos de Undress ?

C‘est mon dernier effort, celui que j’ai entrepris en tournées vers la fin 2013. Je voulais présenter les morceaux de Hunting My Dress dans un schéma « live » avec peu d’arrangements. Les enregistrements sont bruts, transparents et même parfois porteurs de haine de soi. Tout a en majorité été fait dans des pièces chez diverses personnes avec quelques invités : Guy Harvey de Elbow, Oron and Wine, Willy Mason et Erika Wennerstrom de Heartless Bastards. Ces participations ont, bien sûr, beaucoup modifié les originaux.

Voyez-vous cela comme une revisite ou un nouvel album ?

Il y a des moments où les chansons semblent nouvelles. Avec Iron and Wine par exemple où Sam Bean a changé le moprceau en l’accélérant et en y introduisant un climat plus léger. Pareil avec Willy Mason, il chante sur « Whispering Light » et j’assure les harmonies. Ça rend la composition plus neuve. Le fait d’enregister avec Guy Harvey sur « Murder of Birds » a été une expérience toute nouvelle : ici la douceur et la tendresse sont beaucoup plus audibles car nous étions dans la même pièce.

Certains titres de Hunting My Dress ont-ils changé de signification ?

Oui, en particulier en faisant chanter par d’autres des textes de « Whispering Light ». Son style narratif les rend moins cryptiques et plus directs.

« Murder of Birds » semble s’être traduit facilement. Quels sont ceux qui ont changé le plus dramatiquement selon vous ?

Le duo avec Iron and Wine, « Hunting My Dress », je pense. J’ai laissé Sam prendre la barre sur cette chanson et il l’a considérablement transformée avec des harmonies vocales. Au début je ne savais pas trop comment me glisser dedans car je suis toujours tentée de m’éloigner des styles lus plus purs et traditionnels. Dans ce cas-là, le côté folk m’a semblé naturel et je m’y suis fait.

Déconstruire vos chansons vous fait-il réfléchir à votre œuvre d’une façon différente et pensez-vous avoir appris quelque chose ?

Cela me rappelle toujours combien de mots je mets dans mes compositions, en particulier quand je dois les enseigner à d’autres artistes. Peut-être que je pourrais m’accorder un peu plus d’indulgence !

Pensez-vous que The House That Jack Built va recevoir le même traitement acoustique ?

Je le crois, oui. On est donc en train de construire un mode de fonctionnement. On a déjà une version « live » pour mes deux premiers disques vous savez.

Qu’est-ce que la Pledge Campaign vous a apportée par rapport à la façon traditionnelle de sortir des disques ? Quel en a été l’avantage pour The Complete Kismet Acoustic et Undress ?

Pledge, c’est une solution. Vous avez un moyen fiable de vous faire connaître sans passer par la bureaucratie des labels. Cela me donne beaucoup de satisfaction d’autant que ça crée des liens avec votre « fanbase ».

Pensez-vous penser l’utiliser encore ?

Possible ; ça demande beaucoup de travail mais on n’a rien sans rien.

Pour changer de sujet ; comment composez-vous ? Vous commencez par une mélodie, un texte, un progression d’accords ?

Je ne peux pas le dire réellement. C’est à chaque fois différent. Parfois quand j’ai un moment de loisir, parfois quand je dors mais la plupart du temps c’est quand j’ai mis mes mains dans le plat. Il n’y a aucune formule mais il faut de la discipline. Sans elle une chanson n’est jamais terminée. Quand j’ai la gueule de bois, j’ai souvent des inspirations mélodiques et lyriques.

The House That Jack Built contient des chansons sur à-pas mal de choses : qu’est-ce qui déclenche votre inspiration ?

C‘est une question à laquelle je ne peux pas répondre, vous savez. Qu’est-ce qui nous motive à faire une chose plutôt qu’une autre ? On fait ce qui nous fait nous sentir bien et je veux que mes chansons soient cathartiques et permettent de voyager au travers de plusieurs émotions. Qu’elle que soit l’émotion, elle a une vertu curative.

Ce disque vous avait emmenée vers d’autres territoires musicaux : pensiez-vous que vous alliez vers l’inconnu ?

J‘ai été surprise par endroits par le processus d’enregistrement. C’est un disque très différent d’un point de vue sonique ; il y a plus de grincements, plus de choses qui semblent émaner de pneus qui crissent.

Si votre prochain album était un disque concept, quelle en serait la problématique ?

Chaque chanson enregistrée sous l’influence d’une drogue différente ; onze titres, onze drogues. Il est possible qu’un tel album ne voie jamais le jour.

Si il y a une chose dans laquelle cette icône du rock alternatif qu’est Billy Corgan est demeuré constant durant une carrière de 25 ans, c’est une une détermination absolue à être maitre du chemin qu’il s’est tracé, une conviction à le faire, et ce, en dépôt des nombreuses critiques qu’il aura essuyées. La force de caractère du leader des Smashing Pumpkins ajoutée à sa personnalité ont fait de lui une présence durable et décisive au sein de le scène musicale.

Après un itinéraire tumultueux truffé de hauts incroyables et de bas difficiles à supporter, de chutes, de crises et de renaissances, ce disque est le testament d’un homme et d’un groupe ; c’est ainsi qu’on peut définir le bien nommé Monument To An Elegy, un dixième album qui est également un triomphe.

Comme avec la plupart des productions de Corgan, ce disque voit les Pumpkins arborer un line-up en reconfiguration. En fait, il est difficile de clarifier qui est véritablement membre du groupe car seuls Corgan et le guitariste Jeff Shroeder sont listés comme en faisant partie. Cependant, une addition est notable pour cet album ; la participation d’une légende metal des 80’s Tommy Lee (Motley Crue) qui occupera le siège du percussionniste. Injustement considéré comme un agitateur rock and roll ; son jeu musclé sera pourtant un adjuvant essentiel pour donner à Monument To An Elegy une direction rock bien affirmée.

Hormis l’addition de Lee, le disque se distingue par une légèreté d’approche assez prononcée qui se manifeste par des titres, rock certes, mais aux mélodies harmonieuses et aux climats mélancoliques. Le doux piano et la guitare épurée procurent ainsi un très bel accompagnement à la voix plaintive de Corgan sur « Being Beige ». On a même la sensation que Corgan a trouvé une nouvelle façon d’aborder la musique qui est encore chargée de grandeur mais qui est parvenue à mettre sous l’éteignoir certaines tendances au pompeux et à l’exagéré. Il n’est que d’écouter le désir gracile qui se fait jour sur la pop de « Run2Me » et « Drum+Fife » pour en être affecté.

Ailleurs, on trouve de nombreux moments qui nous ramènent aux gloires originales des Pumpkins. « One And All » nous présentera un crissement de guitare merveilleusement satisfaisant et le « closer », « Anti Hero » pourrait très bien être un cousin pas si éloigné de « Zero ». Ça n’est pas pour autant que le groupe est à court d’idées et qu’il doit se résoudre au pastiche. On a simplement le ressenti qu’il est de retour pour nous prodiguer quelque chose qui a à voir avec de l’excellent « songwriting », synonyme de capacité à faire fonctionner au mieux ce qui marche en se débarssant du remplissage et du superflu.

Monuments To An Elegy est certainement l’album des Pumpkins le plus facile à écouter depuis leur reformation en 2008. Soniquement, il est à mi-chemin de Siamese Dream et de Mary Star Of The Sea. Sa brèveté, à peine 32 minutes, aide en être à rendre l’écoute confortable. Les Pumpkins nous ont souvent offert des albums décevants, celui-ci n’en est pas un. C’est un disque de rock sophistiqué, un ajout bienvenu à l’histoire d’un des groupes les plus marquants de ces dernières décennies.

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Owen: « Other People’s Songs »

Publié: 17 décembre 2014 dans Quickies
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Owen est le projet solo de Mike Kinsella, multi-instrumentiste de l’Illinois qui a collaboré avec des groupes emo aussi importants que Cap’n Jazz, American Football ou Joan of Arc. Sa musique est souvent douce, acoustique et directe mais agrémentée d’une touche « math rock » qui a fait sa réputation.

Other People’s Songs est une collection de reprises d’artistes comme The Promise Ring, Against Me ! et même Depeche Mode. Toutes sont interprétées avec le style habituel de Owen, la guitare acoustique, mais elles incorporent ici basse et batterie à certains endroits ainsi que des backing vocals un violon et un violoncelle (Sarah Mitchell).

Ce seront ces duos qui s’avèreront être les morceaux les plus impressionnants de l’album tant les voix des deux chanteurs sont complémentaires, en particulier sur « Borne on the FM Waves if the Heart », « Blake Babies » ou « Girl in a Box ». Le traitement accordé à ce dernier titre est intéressant car contrastant avec la version dépouillée originale de Against Me !.

Souvent, cette tendance à se « soloiser » de manière acoustique aboutit à des choses qui finissent par sonner rebattues. Kinsella parvient à éviter ce problème grâce à des arrangements solides et un travail en collaboration qui soulage des formules toutes faites.

Le seul point négatif ici sera le choix des « covers ». Ils sont censés être parmi les préférés de Kinsella et sont assez évidents pour quelqu’un d’impliqué dans la scène musicale La plus grosse surprise résidera dans l’inclusion de Depeche Mode mais « Judas » sera, en fait, un des titres les plus aboutis de cette compilation. Le reste sera souvent trop semblable et convenu, comme si Kinsella n’avait pas voulu prendre de risques. Il aurait été intéressant de l’entendre s’engager dans une direction plus déconstruite ce qui, au total, fait de ce disque un album correct mais ni novateur ni dérangeant.

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The Buffalo Killers sont un groupe plutôt classic rock venu de Cincinnati assez prolifique puisque, quelques mois après Heavy Reverie, sort un long EP ou court album appelé Fireball Of Sulk. Ils semblent reprendre là où ils avaient laissé leur précédent opus (riffs cognant dur hétités du rock des 70’s) mais ont évolué en fait vers moins de normalité.

Les morceaux sont toujours aussi denses mais ils paraissent vouloir s’incruster plus dans l’esprit de l’audience qu’avoir un impact physique et nous emmènent ainsi dans une sorte de voyage aux bords de la psychedelia.

Le titre d’ouverture, « Blankets On The Sun » rappellera les bien aimés Posies mais tous ces emprunts aux relativement vieux styles se parent d’une touche plus moderne avec des riffs de guitares trimphaux et au cordeau, joués par des mains assurées et une recherche de la progression qui, plage après plage, nous portera vers un crescendo de puissance.

Ce changement de direction est assez fracassant et la vibe qui s’en dégage est à vous couper le souffle. Harmonies vocales se succèdent ainsi, ajourées comme les vocaux, mais aux textes crachant pessimisme et agression. « Marshmallow Mouth » est un pur rocker débitant des accords de guitare à une cadence effrénée avant qu’un solo de guitare se niche dans les contreforts de la composition créant un sentiment où urgence et créativité se chevauchent.

« Something Else » apportera un moment de réassurance bienvenu sur un changement de tonalité étonnat avant de nous renverser dans un état de maniaquerie insensée que jalonne un solo de guitare. « In A Number » sera une ballade rock puissante avec une touche arena rock prouvant ; avec ce Fireball Of Sulk, que ces tueurs de buffles ne sont pas à court de munitions en matière d’inspiration.

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The Carousels est un groupe écossais plutôt sympa qui manie une pop carillonnante teintée de country sans doute peu originale mais qui le fait mieux que beaucoup d’autres combos.

À la première écoute, on pourrait penser à Gram Parsons et aux Byrds mais leur son est, en définitif, plus ample et varié, et, surtout, très moderne. On évolue alors vers d’autres évocations qui seraient un patchwork musical où l’on trouverait, pêle-mêle, The La’s et les mythiques Long Ryders, un des groupes cultes du « Paisley Underground ».

Toute cette mouvance a tracé le chemin pour que le spectre musical de la pop s’élargisse vers quelque chose de plus vaste et filmique, à l’instar de la musique western et de ses tonalités panoramiques.

Il n’est que d’écouter « My Beating Heart » pour penser aux groupes de la West Coast d’autant que The Carousels chantent sans aucun accent et que leurs compositions sont si intemporelles qu’elles pourraient les placer plusieurs décennies en arrière s’il n’y avait pas cette production très propre et cinématographique.

Le disque, un peu trop bref, s’écoule agilement comme une brise chaude (« par exemple « Don’t Get Me Wrong »), avec parfois un zeste de Everly Nrothers dans les vocaux (« Marianne ») tout en piochant avec habileté dans ce qu’un groupe comme The Chrch nous avait fait savourer à ses débuts (« Drifting Back »).

Le meilleur sera quand le groupe nous infusera cette mélancolie inhérente au genre ‘(« My Beating Heart » et « Sound of My Own ») ; bref Love Changes Like The Seasons nous montrera si, effectivement, certaines chose changent, il en est d’autres qui n’oublieront jamais de nous rappeler The Byrds.

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Attila: « Guilty Pleasure »

Publié: 16 décembre 2014 dans Quickies
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On ne sera pas surpris d’apprendre qu’un groupe de ce nom est du genre metalcore et que, malgré ce que cela peut indiquer en matière de démarche, Guilty Pleasure est, depuis sa formation en 2005, son cinquième album.

Il cumule autant de fans que de gens qui les haïssent littéralement mais leur attitude « don’t give a fuck » leur permet de s’affranchir de tout jugement négatif ; en Anglais, le « guilty pleasure » est le genre de musique qu’on a honte d’apprécier, qu’en écoute en douce sans jamais l’avouer à personne. Nous en avons tous, y compris Attila, mais ici l’argumentaire n’est pas de nous livrer quelques secrets musicaux mais plutôt d’assumer le fait qu’ils sont, quelque part, des guilty pleasures pour beaucoup de monde.

Le disque n’en sera qu’une réaffirmation dès l’ouverture avec un « Pizza, Sex and Tolls » chaotique et rappelant un slogan que Ian Dury avait rendu célèbre mais il se distingue aussi par un solo de guitare plutôt complexe montrant qu’ils ne sont pas des manches sur leurs instruments.

Leur vocaliste Chris « Fronz » Fronzak retrouve son phrasé habituel et ses texrtes provocateurs limite cyniques comme sur « Hate Me » qui débute avec, devinez !: « I don’t give a fuck about my bad reputation ».

Attila nous offre une musique pour « headbangers » qui ne se soucient que de cela : percussions violentes, textes répétés comme vous les faire entrer dans le crâne, mais souvent avec cette petite tournure mélodique qui constitue une belle accroche.

Des interludes comme « I Am Satan » et « Don’t Be Basic » allègent un tant soit peu le disque mais ce seront des plages de type « I’ve Got Your Back », « Fake Friends » ou « Proving Grounds » qui montreront que le combo d’Atlanta peut très bien confectionner des hits en puissance.

Qu’on les apprécie alors ou pas est secondaire ; ils sont ce qu’ils sont, ce qui, au fond, est l’attitude qu’on attend d’un groupe de rock and roll.

***1/2

Ceci n’est pas véritablement un album de Parquet Courts. Content Nausea voit Andrew Savage et Austin Brown, tous deux membres du groupe, nous expédier ici un disque vigoureux et lapidaire pendant que leurs collègues sont en stand by ; soit en devenants pères, soit en poursuivant des études supérieures.

Avec des contributions de Jeff Brown (JOMF) au saxo et de Bob Jones (Eaters) au violon/fiddle, Content Nausea a la couleur d’une session lo-fi, avec ses côtés bruts, ses textures granuleuses, ses boîtes à rythmes rudimentaires et ses sunthés primitifs.

L’album est censé développer, du moins en partie, un argumentaire sur la manière dont New York, ville d’origine du combo, est devenue de plus en plus « encombrée » par le changement de ce qu el’on nomme la modernité.

Même si cela fait partie de l’essence de Manhattan, cela n’empêche pas le disque d’accumuler des émotions qui feraient les délices d’un psy. Tout y est, en effet, dominé par les peurs, les angoisses, les voitures, les frustrations face à la cadence de ces modifications, des récriminations contre les publicités envahissantes, les changements climatiques incompréhensibles, les névroses habituelles, bref tout ce que les bonnes gens de New York ont tendance à considérer comme un quotidien dont on ne cherche pas véritablement à se défaire.

Disque exutoire donc, délivré la plupart du temps avec un phrasé narratif rappelant Thurston Moore et Lee Ranaldo dans leurs périodes les plus viscérales et observatrices. Les vocaux placés au milieu des plages semblent avoir été crées par Suicide, Devo ou Cabaret Voltaire ; tout ce dont les sessions art-punk de jadis nous avait gratifiés à la fin des 70’s.

Les compositions vont donc aller du post-punk lapidaire et robotique d’un « Everyday It Starts » plein de tension à la lassitude sévère d’un folkeux de Greenwich Village (« Uncast Shadow Of A Southern Myth ») ; un panorama exemplaire du désordre dans lequel New York semble se complaire. À l’image de son titre, Content Nausea, se nourrit du chaos contre lequel il s’insurge jusqu’à une nausée. Qui atteint aussi bien la cible que ses auteurs

**1/2